La critique de la causalité chez David Hume
Classé dans Philosophie et éthique
Écrit le en
français avec une taille de 2,36 KB
Hume a cessé de critiquer cette idée car, pour comprendre l'importance de sa critique sur la causalité, il faut d'abord distinguer deux types de propositions : les relations d'idées et les questions de fait.
Relations d'idées et questions de fait
- Relations d'idées : Indépendantes des faits, elles concernent la logique et les mathématiques. Elles sont analytiques et leur négation implique une contradiction.
- Questions de fait : Propositions justifiées par l'expérience. Elles nous renseignent sur le monde, contrairement aux relations d'idées qui ne font aucune référence aux faits.
L'inférence causale et ses limites
Tout cela se rapporte à la question de la causalité. Selon Hume, tout raisonnement portant sur des faits implique une inférence causale. Bien que le lien de causalité permette de tirer des conclusions valables au-delà de nos sens, il ne faut pas oublier que les sciences empiriques (comme la physique) en dépendent.
Hume observe que notre certitude concernant l'avenir repose sur cette relation, alors que nous n'avons aucune impression directe du futur. L'idée de cause est donc le fondement de toutes nos inférences sur des faits dont nous n'avons pas d'impression immédiate.
Critique de la métaphysique
Grâce à ces principes méthodologiques, Hume critique la métaphysique. Il soutient que les idées abstraites, dépourvues d'impressions, doivent être rejetées comme étant de la superstition.
Dieu et la réalité extérieure
Hume rejette l'idée de Dieu : contrairement à Berkeley, pour qui Dieu est la cause de nos idées, Hume estime que cette inférence est invalide car il n'existe aucune impression de Dieu.
Concernant la réalité extérieure, la position de Hume est agnostique :
- Pour Locke, la réalité extérieure est justifiée par la causalité.
- Pour Hume, cette conclusion est invalide car nous n'avons pas d'impression d'une réalité distincte de nos propres perceptions.
Hume ne nie pas l'existence d'un monde extérieur, mais il affirme qu'il est impossible de la prouver. L'empirisme de Hume atteint ici sa limite : nous ne pouvons pas aller au-delà de nos impressions pour expliquer l'origine de nos connaissances.