La critique marxienne de l'économie politique classique

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L'économie politique classique est une science positive, intéressée par l'étude du fonctionnement des marchés dans la production du capital, mais elle a critiqué la situation du travail aliéné du prolétariat. Elle étudie les lois économiques comme s'il s'agissait de lois naturelles. En réalité, les lois économiques sont historiques : le mode de production capitaliste a une origine et prendra fin. Il place l'homme par rapport à la production du capital. Les crises périodiques du système capitaliste sont la preuve de la contradiction entre la logique de production et les rapports de production, ce qui mènera à la fin du système.

La valeur et le travail

La première chose à noter est que le travail est la base de la valeur. Toutes les marchandises produites par la valeur sociale des biens prennent des formes pour le marché des échanges : la valeur d'échange et la valeur d'usage. Les marchandises sont échangées contre de l'argent. Ce qui donne une valeur à un produit est le coût de production du travail nécessaire pour le développer, ajusté par le marché. On prend également en compte la valeur d'usage. L'échange de marchandises est un échange de la main-d'œuvre nécessaire pour les produire, ce qui est réglementé par les prix.

Le travail est mesuré par le temps nécessaire pour produire une marchandise. On distingue plusieurs types de travaux :

  • Travail abstrait : l'énergie humaine dépensée pour produire un bien.
  • Travail concret : la façon spécifique de dépenser cette énergie.
  • Travail simple : qui ne nécessite pas de préparation (ex: couper une pierre).
  • Travail complexe : qui nécessite une préparation ou une qualification.
  • Travail socialement nécessaire : le temps moyen nécessaire pour produire une marchandise dans une société donnée, dépendant de la technologie, des coutumes et des qualifications des travailleurs. Il est calculé en divisant le temps total passé par les différents producteurs par le nombre d'unités produites.

Forme de valeur et argent

La nature même des marchandises a conduit à la nécessité d'une forme générale de la valeur. Marx distingue trois formes de valeur :

  • La forme simple : un bien mesure sa valeur par rapport à un autre bien.
  • La forme totale ou développée : un bien mesure sa valeur par rapport à une multitude d'autres marchandises.
  • La forme générale de la valeur : toutes les marchandises s'expriment dans une forme équivalente unique. Dans le capitalisme, ce rôle est rempli par l'argent (la monnaie).

Le fétichisme

Le fétichisme est le pouvoir exercé par les biens ou l'argent sur les hommes, tandis que le fétichisme de l'argent est l'idée que le but de l'argent est de faire plus d'argent. Ce fétichisme disparaît lors de la correction des rapports de production et de la fin du travail aliéné. Marx n'est pas contre l'argent, mais le problème survient quand l'argent devient capital : il devient une fin en soi au lieu d'être une valeur d'usage.

La production de plus-value

Pour le capitaliste, l'échange commence avec un investissement d'argent pour acheter des biens, dans le but d'obtenir un gain appelé plus-value. La force de travail est la seule qui puisse produire de la richesse.

  • Origine de la plus-value : la marchandise « main-d'œuvre », déterminée par les moyens de production, la formation, l'entretien de la famille et le niveau culturel.
  • Temps de travail nécessaire : le temps pendant lequel l'ouvrier produit la valeur de sa propre main-d'œuvre.
  • Sur-travail : temps pendant lequel l'ouvrier crée une valeur ajoutée pour le capitaliste.

Taux de plus-value et exploitation

Le degré d'exploitation de l'ouvrier se mesure par le taux de plus-value (ratio entre le sur-travail et le temps de travail nécessaire). Le gain peut être augmenté par :

  • Plus-value absolue : par l'extension de la journée de travail.
  • Plus-value relative : par l'accroissement du rythme de travail, réduisant le temps de travail nécessaire.

Le salaire est le prix de la force de travail, déterminé par sa valeur et l'oscillation de l'offre et de la demande. Pour Marx, l'émancipation de la classe ouvrière ne peut être atteinte qu'avec la destruction du système capitaliste.

Le taux de profit et les lois du capitalisme

Le taux de profit dépend du rapport entre le capital constant (machines, matières premières) et le capital variable (travail). Marx identifie deux lois menant à la fin du capitalisme :

  • Baisse tendancielle du taux de profit : la concurrence force les capitalistes à investir massivement dans les moyens de production, ce qui finit par réduire la capacité à générer des profits.
  • Loi de la prolétarisation croissante : le progrès technologique mécanise la production, augmentant le chômage et concentrant le capital entre les mains de quelques entreprises puissantes.

Marx prévoit la fin du capitalisme par une crise finale, menant à une période transitoire : la dictature du prolétariat, qui s'empare de l'État et des moyens de production.

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