David Hume : L'Empirisme Radical et la Connaissance
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David Hume et l'empirisme radical
La philosophie de David Hume est la traduction la plus radicale des approches empiristes, tant en ce qui concerne la théorie de la connaissance que dans son application à d'autres domaines tels que l'éthique philosophique ou la critique de la religion. Hume a été inspiré à la fois par les travaux de Locke et de Berkeley, mais il va bien au-delà dans sa critique de la métaphysique (à tel point qu'Emmanuel Kant lui-même a reconnu sa dette envers lui).
Dans notre discussion, nous allons essayer de montrer que la philosophie de Hume repose sur un principe philosophique unique, le principe sémantique (ou du sens), pour ensuite en déduire les conséquences. Ce principe n'est autre que la matérialisation des positions empiristes que nous avons vues depuis le début de cette rubrique.
Ensuite, nous avons le premier principe à partir duquel nous allons développer toute la philosophie empiriste de Hume. Il est nécessaire de clarifier ce concept : ce sont les impressions. Pour l'auteur, toutes nos idées ne sont que des copies de nos impressions issues des données immédiates de notre expérience (qu'elle soit externe ou interne). Par conséquent, tout part de l'expérience sensorielle et se réfère au monde des sens, comme chez Berkeley. Cependant, il faut maintenant faire la différence entre :
- Les perceptions premières : plus intenses car directes.
- Les idées : qui sont des perceptions de « second grade », c'est-à-dire moins actives ou intenses.
Hume part du principe que toutes nos perceptions initiales, sensations et sentiments, arrivent avant la réflexion. Par conséquent, en cas de doute sur le sens d'un mot (ce qui arrive parfois avec les termes philosophiques), ce que je dois faire est de trouver l'impression sensible dont le terme dérive. Si je ne trouve pas d'impression à la base de ce terme, c'est que j'utilise un vain mot sans signification.
La théorie de la connaissance chez Hume
À partir de la théorie sémantique, Hume développe un autre principe que l'on pourrait appeler syntaxique : le classement de nos idées, selon qu'elles proviennent de l'expérience directe ou indirecte.
La conclusion est claire : la physique ne repose pas sur les relations entre les idées, mais sur des questions de fait. Cela signifie que ses propositions ne sont pas toujours vraies de manière nécessaire, contrairement aux mathématiques. Le cas le plus clair illustrant le caractère radical de la position de Hume est l'exemple célèbre des boules de billard.
Avec l'« hypothèse d'Adam », Hume nous dit qu'un être humain n'ayant aucune expérience antérieure ne peut déduire que, lorsqu'une boule de billard en frappe une autre, la seconde se déplacera. C'est parce que l'expérience fixe des limites à notre connaissance que nous ne pouvons pas surmonter. En outre, rien dans notre expérience ne nous permet de déduire que quelque chose est la cause et l'autre l'effet : tout ce que je peux percevoir, c'est qu'une chose se produit, puis une autre. Cette succession dans le temps ne signifie pas une connexion nécessaire. Je n'ai aucune sensation directe de la notion de cause.
En appliquant le principe sémantique, Hume critique l'usage abusif de la métaphysique concernant le principe de causalité : il n'y a rien dans mon expérience qui valide l'idée d'un pouvoir ou d'une connexion nécessaire.
Cette critique de la métaphysique ne s'étend pas seulement à l'utilisation de termes vides comme la substance, mais s'élargit au monde extérieur via la critique du principe de causalité. Rappelons que grâce à ce principe, Descartes ou Locke n'avaient pas douté de la vérité du monde extérieur. Mais Hume a quelque chose de plus à dire :
Nous ne pouvons jamais affirmer avec certitude l'existence du monde extérieur, bien que cela ne nous empêche pas de vivre. Hume veut montrer la confiance excessive des rationalistes et des empiristes dans certaines capacités humaines. La croyance en l'existence indépendante du monde extérieur est si ancrée dans notre esprit qu'il est impossible de la déraciner. Mais cela ne signifie pas que nous pouvons la prouver, pas plus que notre propre existence.
Ainsi, le concept de soi ou de l'âme, si fondamental dans l'histoire de la philosophie, apparaît comme le dernier refuge métaphysique. Si nous appliquons la même critique que pour les boules de billard, nous ne trouvons que des perceptions, des sentiments ou des souvenirs. Alors, où réside ce « Moi » dont parlent les autres philosophes ? Le « Moi » n'est qu'un « faisceau de perceptions », semblable au fleuve d'Héraclite, en constante évolution.