Le Désamortissement en Espagne : Analyse et Conséquences
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L'importance de la terre sous l'Ancien Régime
Sous l'Ancien Régime, la terre revêtait une importance capitale. Le changement de propriétaire foncier fut un élément clé du passage à la Nouvelle Régime, notamment à travers les confiscations. Les structures de propriété foncière furent profondément modifiées, impactant les aspects techniques et les types de cultures.
Le processus de désamortissement
Le but du désamortissement était d'exproprier les terres pour favoriser la propriété privée et l'économie de marché. Les terres, autrefois détenues par l'Église, la noblesse (via les majorats), les conseils municipaux et l'État, étaient souvent considérées comme des « mains mortes ». Le désamortissement est un ensemble de lois visant à transformer ces propriétés en biens marchands, marquant la fin de la structure féodale.
Phases et objectifs du désamortissement
Ce processus s'est déroulé en deux phases principales :
- Nationalisation : Découplage des terres de la noblesse et vente des biens ecclésiastiques et municipaux.
- Vente : Cession de ces terres à des mains privées, permettant à l'État de récolter des fonds (en espèces ou via la dette publique).
Les objectifs étaient multiples : résoudre les problèmes du Trésor public, créer une classe de propriétaires libéraux, transformer l'agriculture et favoriser la bourgeoisie. Toutefois, l'objectif d'aider la paysannerie a échoué, seuls les plus fortunés ayant pu acquérir ces terres.
Les grandes étapes : Mendizábal et Madoz
Le désamortissement s'est étendu sur tout le XIXe siècle, coïncidant avec les gouvernements progressistes. Avant les grandes réformes, des tentatives avaient été amorcées sous Godoy et lors des Cortes de Cadix (1811).
Le désamortissement de Mendizábal (1836)
Ce fut une réforme rapide et irréversible. Elle a touché les biens du clergé régulier, puis séculier, dans le but d'éliminer les dettes de l'État.
Le désamortissement de Madoz (1855)
La « loi de confiscation générale » a visé les terres des municipalités et d'autres institutions. Les fonds récoltés ont principalement financé les investissements dans les chemins de fer.
Conséquences et bilan
Le désamortissement a entraîné une consolidation de la propriété privée et une concentration accrue des terres, aggravant le problème agraire. Si la noblesse et la bourgeoisie en ont bénéficié, l'Église, les municipalités et les petits agriculteurs ont été les grands perdants, favorisant l'émergence du prolétariat rural.
Impacts politiques et sociaux
- Politique : Renforcement du libéralisme et séparation progressive entre l'Église et l'État.
- Social : Émergence d'une nouvelle classe bourgeoise et du prolétariat.
- Culturel : Détérioration du patrimoine artistique suite à la disparition des ordres religieux.
Conclusion
Bien que cette période ait permis de financer les guerres carlistes, de payer les dettes publiques et de développer le chemin de fer, elle ne peut être considérée comme un succès total. La croissance de la production agricole n'a pas été au rendez-vous, la corruption a entravé les résultats financiers et l'industrialisation espérée n'a pas été pleinement réalisée.