Descartes : Existence du monde et dualisme de l'âme
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1. L'existence du monde physique
Pour résoudre le problème de l'existence du monde physique, Descartes doit considérer les idées, et plus particulièrement les idées des choses sensibles. Dieu a donné à l'homme une forte propension à croire que les idées des choses sensibles proviennent de réalités corporelles. Puisque Dieu est vérace et ne saurait nous tromper, il faut conclure que cette inclination n'est pas une illusion, mais une vérité. Ainsi, les choses sensibles existent réellement.
Dieu, par sa véracité, devient la garantie qu'une réalité extramentale correspond à nos idées. Cependant, que garantit exactement cette véracité ? Selon Descartes, seul ce que nous percevons clairement et distinctement est absolument vrai. Cela inclut :
- L'étendue ;
- Le mouvement ;
- La forme.
Ces éléments constituent les qualités premières (ou mathématisables). À l'inverse, les sons, les couleurs, la lumière ou les saveurs sont des qualités secondaires : elles sont subjectives et n'existent que dans le sujet percevant, non dans les corps eux-mêmes. Descartes reprend ici la distinction faite par Galilée.
2. Le dualisme anthropologique
Dans l'œuvre de Descartes, et dans le rationalisme en général, l'homme est préoccupé par la gestion de sa conduite afin de mener une vie rationnelle : « J'ai ressenti le besoin de continuellement apprendre à distinguer le vrai du faux, afin d'y voir clair en mes actions et de marcher en toute sécurité dans cette vie. »
L'objectif est d'établir la liberté afin de rendre possible le bonheur et la perfection de l'homme. Pour Descartes, l'homme est un composé de deux substances :
- La substance pensante (res cogitans) ;
- La substance étendue (res extensa).
Puisque l'entendement possède une idée claire et distincte de chacune, il est évident qu'il s'agit de deux substances indépendantes et autonomes. Cette séparation a des conséquences majeures : l'affirmation de l'immortalité de l'âme et celle de la liberté humaine. En effet, l'âme, en tant que substance pensante, échappe au mécanisme et à la nécessité physique propres aux corps.
3. Les passions et l'interaction corps-âme
Malgré la séparation de l'âme et du corps, Descartes est conscient de leur interaction réelle chez l'être humain. Par exemple, face à une blessure, l'âme ne se contente pas de percevoir la plaie par l'entendement, elle ressent la douleur. Pour concilier cette interaction avec l'autonomie des substances, Descartes propose une solution physiologique : l'âme siégerait dans la glande pinéale, point de jonction par lequel s'effectuent les échanges entre l'âme et le corps.