La Deuxième République : Histoire, Réformes et Chute

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La Deuxième République

La monarchie de Juillet, mise en place après les Trois Glorieuses (1830) et dirigée par le roi Louis-Philippe, s’effondre, victime d’une crise politique, économique et sociale.

D’un côté, les mauvaises récoltes, la disette, la misère ouvrière et le chômage des années 1846-1847, et de l’autre, le suffrage censitaire, la répression et la limitation du droit d’association et de la liberté de presse provoquent une forte opposition face à la monarchie.

Les 22, 23 et 24 février 1848, une révolution éclate à Paris, renverse le pouvoir et proclame la République. Un gouvernement provisoire est installé. Le personnage politique le plus influent est alors l’homme de lettres Alphonse de Lamartine.

La Deuxième République est le régime qui applique pour la première fois le suffrage universel masculin en France et abolit définitivement l’esclavage dans les colonies françaises. C’est aussi le régime qui aura un président pour la première fois : Louis-Napoléon Bonaparte, qui orchestrera le coup d’État du 2 décembre 1851, mettant fin à l’éphémère République.

A. L'instauration de la République

La monarchie de Juillet s'effondre en trois jours, entre le 23 et le 25 février 1848. Les barricades sont dressées par les ouvriers, soutenus par les étudiants et la petite bourgeoisie. Après quelques échauffourées, l'armée se rallie à l'annonce de la démission de Guizot (23 février) puis de l'abdication de Louis-Philippe (24 février). Les députés proclament alors la République.

Un gouvernement provisoire de 11 membres est désigné :

  • Des modérés (Arago)
  • Des représentants des émeutiers (Louis Blanc, l'ouvrier Albert)
  • Des figures républicaines (Lamartine, Ledru-Rollin)

Le 25 février, Lamartine refuse le drapeau rouge et conserve le drapeau tricolore.

B. L'œuvre de 1848

L'unanimité est avant tout politique : les libertés de presse et de réunion sont rétablies, et l'esclavage est aboli par Victor Schoelcher. Une assemblée constituante est élue au suffrage universel masculin.

Sur le plan économique et social :

  • Proclamation du droit au travail.
  • Création des ateliers nationaux pour les chômeurs.
  • Réduction de la journée de travail (11h en province, 10h à Paris).
  • Projet de scolarisation obligatoire jusqu'à 14 ans et abolition de la peine de mort.

C. L'écrasement de la révolution sociale

Dès le printemps 1848, les tensions s'amplifient. Les élections d'avril donnent l'avantage aux notables conservateurs. La fermeture des ateliers nationaux en juin provoque le soulèvement des quartiers populaires parisiens, brutalement réprimé par le général Cavaignac (1 500 fusillés, 11 000 déportés). La république conservatrice l'emporte sur la république sociale.

2. Comment fonctionne la Deuxième République ?

A. Un rigoureux équilibre des pouvoirs

La Constitution du 4 novembre 1848 crée une République démocratique (« Liberté, Égalité, Fraternité ») :

  • Pouvoir législatif : Assemblée unique élue pour 3 ans.
  • Pouvoir exécutif : Président élu pour 4 ans, non rééligible, avec de vastes attributions.

La séparation des pouvoirs est stricte : le Président ne peut dissoudre l'Assemblée.

B. Louis-Napoléon Bonaparte

En décembre 1848, Louis-Napoléon Bonaparte est élu Président avec 74 % des suffrages, soutenu par les ouvriers, les paysans et les conservateurs. En mai 1849, le « Parti de l'ordre » (monarchistes et conservateurs) remporte les législatives. Le gouvernement limite alors les libertés : loi Falloux sur l'instruction et restriction du droit de vote (3 millions d'exclus).

C. Le coup d'État

En juillet 1851, l'Assemblée refuse la révision constitutionnelle permettant la réélection de Bonaparte. Le 2 décembre 1851, il lance un coup d'État, dissout l'Assemblée et rétablit le suffrage universel. Malgré les résistances, le plébiscite du 21 décembre confirme ses pouvoirs. La Deuxième République est définitivement écrasée.

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