La Deuxième République et le Second Empire (1848-1870)

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Une révolution éphémère ?

La monarchie de Juillet, mise en place après les Trois Glorieuses et dirigée par le roi Louis-Philippe, traverse une crise politique, économique et sociale. Les 22, 23 et 24 février 1848, une révolution éclate à Paris, renverse le pouvoir et proclame la République après l’abdication du roi.

Un gouvernement provisoire est installé. Lamartine, l'homme de lettres qui refuse le drapeau rouge de la révolution sociale et conserve le drapeau tricolore de la République, devient le personnage politique le plus influent.

Les idéaux démocratiques de 1848

  • Liberté de presse et de réunion
  • Instauration du suffrage universel masculin
  • Abolition de l'esclavage dans les colonies françaises
  • Droit au travail et création des ateliers nationaux
  • Abolition de la peine de mort et scolarisation obligatoire

L'échec de la révolution sociale

  • Une majorité modérée et royaliste est élue aux élections par peur d'une dictature (les tensions entre modérés et socialistes s'amplifient).
  • Le régime se coupe de la base ouvrière et devient une république conservatrice pour rétablir l'ordre (les soulèvements causés par la fermeture des ateliers nationaux sont réprimés).

Comment fonctionne la Deuxième République ?

Après l'écrasement de la révolution sociale, la France essaie d'équilibrer les pouvoirs. La Constitution est adoptée le 4 novembre 1848 et crée une République démocratique fondée sur la liberté, l'égalité et la fraternité. Elle proclame les libertés d'enseignement, du travail et l'inviolabilité de la propriété.

Le pouvoir législatif est confié à une assemblée unique et le pouvoir exécutif à un Président. Ce dernier dispose de larges pouvoirs, mais ne peut dissoudre l'Assemblée.

Louis-Napoléon Bonaparte est élu président de la République au suffrage universel en 1848, soutenu par les ouvriers, les paysans et les conservateurs. L'Assemblée devient conservatrice après les élections de 1849, défendant la religion, la famille et la propriété (la loi Falloux libéralise l'instruction religieuse et le gouvernement limite le droit de vote).

Le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte

Louis-Napoléon Bonaparte met fin à la Deuxième République par un coup d'État. Sa demande de révision constitutionnelle pour briguer un second mandat étant rejetée, il proclame la dissolution de l'Assemblée le 2 décembre 1851 avec le soutien de l'armée. Il rétablit le suffrage universel et l'état de siège. Les résistances sont écrasées et le plébiscite du 21 décembre 1851 légitime son mandat.

L'Empire autoritaire

Pouvoirs du chef d'État

Le chef d'État détient la totalité du pouvoir exécutif : il nomme les ministres et les préfets, déclare la guerre, signe les traités de paix et dispose du droit d'initiative des lois.

Un pouvoir législatif limité

Le pouvoir est confié à deux assemblées :

  • Le Corps législatif : élu au suffrage universel masculin, il vote les lois mais n'a pas le droit d'interpellation des ministres. Son président est nommé par le chef d'État.
  • Le Sénat : possède un rôle consultatif et peut annuler une loi contraire aux idées impériales.

Contrôle de l'opinion et de la population

Les conservateurs catholiques soutiennent le régime. La presse est surveillée (autorisation préalable obligatoire) et les fonctionnaires assurent une propagande bonapartiste tout en surveillant la population.

L'Empire libéral

L'Empire perd ses appuis à cause de sa politique extérieure et économique, du mécontentement des catholiques et de la signature d'un traité de libre-échange avec le Royaume-Uni. Il tente de gagner de nouveaux soutiens en autorisant l'envoi d'une délégation d'ouvriers à l'Exposition universelle de Londres, mais ces derniers boudent l'Empire.

La chute du Second Empire

Causes de la chute

De nombreux échecs extérieurs et une crise économique (mauvaises récoltes) fragilisent le régime. Les Français critiquent le manque de liberté et l'armée permanente, réclamant des transformations sociales.

Nouvelles concessions politiques

L'Empire accorde le droit d'interpellation au Corps législatif, supprime l'autorisation préalable des journaux et rétablit la liberté de presse et de réunion. L'Empire semble devenir une monarchie parlementaire. Toutefois, Napoléon III déclare la guerre à la Prusse, est battu et fait prisonnier à Sedan. Le 4 septembre 1870, la République est proclamée : le Second Empire prend fin.

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