Développement de l'écriture à l'école primaire

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Introduction à l'apprentissage de l'écrit

La lecture et l'écriture constituent encore aujourd'hui les apprentissages scolaires fondamentaux. Pourtant, au sein de cet apprentissage instrumental, nous constatons l'échec d'un nombre important d'enfants.

Yetta M. Goodman explique que les enfants, dès leur plus jeune âge, sont en interaction constante avec des textes écrits : étiquettes de produits, jouets, plaques de rue, enseignes de restaurants et de magasins, etc. Dans cet environnement riche en documents imprimés, les enfants commencent à comprendre le rôle particulier que la lecture et l'écriture jouent dans leur groupe social. Le rôle de l'école est de développer ces acquis dès l'entrée de l'enfant en enseignement préprimaire.

Ainsi, selon les cadres réglementaires, le rôle de l'enseignement primaire (EP) sera d'étendre cette compétence linguistique et communicative afin que les élèves soient capables d'interagir dans les divers domaines sociaux dans lesquels ils seront immergés.

Basée sur cette approche, cette unité tente de clarifier le processus de développement de l'écriture au cours de l'école primaire, ce qui exige de déterminer l'intervention éducative appropriée et d'introduire des techniques d'examen et d'évaluation.

Le développement de l'écriture au primaire

L'acte d'écrire

Pour faire référence à l'acte d'écrire, nous utilisons différents termes tels que l'écriture, l'expression écrite ou la composition écrite, conformément aux programmes officiels.

Ajuriaguerra (1980) reconnaît que « l'écriture n'est pas seulement un ensemble de fixations indélébiles de nos idées et de nos souvenirs ; elle est, dans notre société, une sorte de transmission, un moyen de communication entre nous et nos semblables ».

Bien que l'oralité soit considérée comme le sommet de la communication humaine, renforcée par les médias, l'écriture reste l'un des signes déterminants de notre civilisation dans la plupart des activités humaines. Loin de disparaître, elle a évolué vers d'autres formes beaucoup plus diversifiées en ligne avec les besoins de notre temps (SMS, e-mails, réseaux sociaux) ; son acquisition est donc toujours jugée essentielle pour un accès complet au monde de la culture.

Ainsi, l'école accorde une importance majeure à ce phénomène en y consacrant des plages horaires importantes. Mais la réalité montre qu'il n'y a pas toujours de corrélation entre le temps passé et la qualité des résultats. Les enseignants constatent que de nombreux étudiants ne parviennent pas à une maîtrise acceptable de l'écrit à la fin de cette étape, car l'écriture est un processus complexe impliquant un grand nombre de compétences et de connaissances linguistiques, culturelles et textuelles.

Évolution de l'expression écrite

Connaître l'évolution de la production écrite à ce stade nous permet d'évaluer les réalisations des enfants et nous aide à planifier notre intervention pédagogique pour l'adapter au rythme de chaque étudiant.

Pour comprendre comment se développe le processus d'écriture à l'école primaire, il est nécessaire de donner un aperçu des phases (ou hypothèses) définies par Ferreiro et Teberosky, par lesquelles passent les enfants :

  • a) L'enfant fait la distinction entre le dessin et l'écriture, comprenant la différence entre le système symbolique conventionnel et le dessin.
  • b) La production de symboles graphiques utilisés par les enfants présente une continuité indifférenciée par rapport à l'intention de l'enfant au moment de l'écriture.
  • c) L'enfant cherche des marques graphiques qui doivent être différentes selon ce qu'il veut représenter pour répondre à diverses intentions communicatives.
  • d) Au stade syllabique, il prend conscience que les lettres dans les noms des objets et des personnes ne sont pas arbitraires. Il choisit des lettres basées sur le nombre de syllabes du mot.
  • e) Durant la phase syllabico-alphabétique, il peut identifier quelques lettres formant une syllabe (généralement la voyelle) et écrit une lettre conventionnelle pour chaque syllabe.
  • f) L'enfant passe ensuite à la phase alphabétique, où il identifie et écrit toutes les lettres des syllabes, bien qu'il commette encore des fautes d'orthographe.
  • g) Le processus continue par l'amélioration des productions, tant dans la dimension formelle (orthographe, syntaxe, vocabulaire) que dans les dimensions expressive et communicative.

L'enfant, au cours des deux premiers cycles, utilise des règles d'orthographe de base. À la fin du primaire, il doit avoir automatisé ces règles et savoir résoudre des doutes orthographiques en utilisant des supports appropriés (dictionnaires, notes, etc.).

L'acquisition de la ponctuation est plus tardive car les signes remplissent diverses fonctions. Elle débute au premier cycle avec le point final et la majuscule, la virgule dans les énumérations, ainsi que les points d'exclamation et d'interrogation.

Pendant les deuxième et troisième cycles, la virgule sera utilisée pour d'autres fonctions (coordination, opposition), ainsi que d'autres signes comme le point-virgule, les guillemets ou les parenthèses. Tout au long de la scolarité, l'élève dominera les structures syntaxiques et élargira son vocabulaire.

L'écriture dans le curriculum

L'écriture est un processus long et complexe qui ne s'acquiert pas du jour au lendemain. Considérant que l'enfant doit connaître le code et accéder à la langue écrite via divers genres textuels, deux approches pédagogiques coexistent :

  • La ligne traditionnelle : considère que la connaissance du code est un préalable indispensable avant d'enseigner la rédaction de récits ou de descriptions.
  • La ligne intégrée : considère que la connaissance de la langue écrite et celle du code sont deux apprentissages distincts avec leurs propres développements.

Le modèle proposé par la LOE s'inscrit dans cette dernière approche, où l'apprentissage s'effectue dans le cadre de la compétence communicative et des compétences discursives.

L'enseignement considère le texte écrit comme une unité de sens dans un contexte particulier. L'apprentissage de la planification et de la structuration du texte gagne en complexité de manière progressive. À la fin de chaque cycle, les élèves doivent être capables de :

  • Premier cycle : Écrire et réécrire des textes simples liés à leur expérience selon des modèles clairs, en utilisant la planification et la révision.
  • Deuxième cycle : Écrire, réécrire et résumer des textes quotidiens et scolaires de manière ordonnée, sur support papier et numérique.
  • Troisième cycle : Raconter, expliquer, décrire, résumer et exposer des opinions de manière structurée, en utilisant les procédures habituelles de révision sur tous supports.

Méthodes et stratégies d'apprentissage

Processus cognitifs impliqués

Pour établir des stratégies efficaces, il faut connaître les activités réflexives menées par l'enfant. Le modèle de Flower et Hayes (1981) distingue trois processus cognitifs :

  • La planification : L'enfant se demande quoi dire, comment le dire et quand l'introduire.
  • La traduction (mise en texte) : Transformation des idées en langage écrit, impliquant la maîtrise des conventions (formation des lettres, syntaxe).
  • La révision : Implique la relecture et l'édition pour améliorer la qualité du texte.

Ces processus ne sont pas linéaires ; l'enfant peut planifier ou réviser à tout moment de la composition.

Stratégies d'apprentissage spécifiques

Il est crucial de guider la réponse éducative selon les styles cognitifs des élèves :

  • Stratégies d'élaboration : Créer des liens entre le nouveau et le familier (paraphraser, résumer).
  • Stratégies organisationnelles : Structurer le contenu en hiérarchisant les informations.
  • Contrôle de la compréhension (métacognition) :
    • Planification : Décomposer la tâche, fixer un calendrier.
    • Supervision : Vérifier l'efficacité du plan en cours d'exécution.
    • Évaluation : Vérifier la qualité du produit final et du processus.
  • Stratégies de soutien affectif : Gérer la motivation, l'attention et l'anxiété.

Composition de différents textes écrits

L'objectif n'est pas seulement de maîtriser le système d'écriture, mais d'utiliser des compositions avec une intention communicative claire. Les activités doivent être fonctionnelles, contextualisées et proches des intérêts des enfants.

Situations quotidiennes et sociales

  • Correspondance (lettres et cartes postales) : Comprend le lieu, la date, les salutations, le corps du texte, la formule de politesse et la signature. On commence par des lettres simples (ex: lettre aux Rois Mages) avant de complexifier.
  • Notes et avis : Structure simple (salut, information, signature). Les élèves s'exercent d'abord par imitation de modèles.

Médias sociaux et opinion

  • Nouvelles : Utilisation de la « pyramide inversée » (l'essentiel au début). Phrases courtes et actives. Les élèves peuvent imiter le travail de journalistes professionnels.
  • Lettres à l'éditeur : Permettent d'acquérir un rôle social et de participer à l'espace public.

Textes scolaires et organisation de l'information

  • Définitions et descriptions : Textes précis et réalistes. Une excellente activité consiste à créer un dictionnaire de classe dès les premières années.
  • Explications : Visent à exposer des faits et des preuves. Nécessitent des connecteurs logiques (parce que, cependant) et un lexique précis.
  • Résumés : Synthèse de l'essentiel après une lecture attentive et un travail de soulignement.

L'utilisation des TIC en classe

L'impact des TIC ouvre de nouvelles perspectives éducatives :

  • Intérêt et motivation : Moteur essentiel de l'apprentissage.
  • Interactions : Maintiennent un haut degré d'implication.
  • Autonomie : Favorisent l'initiative personnelle.
  • Droit à l'erreur : Le feedback immédiat permet d'apprendre de ses fautes.
  • Travail collaboratif : Facilite l'échange d'idées et la coopération.
  • Compétences informationnelles : Apprendre à chercher, sélectionner et évaluer l'information sur Internet.

En écriture, les TIC servent au traitement de l'information (transformer les données en connaissances) et à la production via le traitement de texte, qui facilite la correction et la mise en forme sans les contraintes de la rature manuelle.

Stratégies d'intervention éducative

Pour planifier l'intervention, l'enseignant doit considérer le cycle, le style des élèves et les ressources disponibles. Les stratégies générales incluent :

  • Offrir des situations de communication réelles et variées.
  • Utiliser des textes authentiques et des modèles de cadre.
  • Favoriser la collaboration entre pairs.
  • Focaliser l'évaluation sur le processus et non seulement sur le produit.
  • Enseigner l'autocorrection et comparer les travaux actuels avec les précédents pour visualiser les progrès.

Conclusion et perspectives

L'écriture s'impose comme une manifestation linguistique exigeant des modèles rigoureux. Elle est bien plus que la simple production de messages ; elle est un outil de communication fonctionnel dans diverses situations sociales. Pour atteindre ces objectifs, l'activité de l'étudiant doit être guidée par l'enseignant de manière adaptée à chaque étape du développement.

Bibliographie de référence

  • CASSANY, D., LUNA, M. et SANZ, G. (1994) : Enseigner la langue. Barcelone, Grao.
  • BAKHTINE, M. (1986)
  • AJURIAGUERRA, J. (1980)
  • GOODMAN, Y. M.
  • FLOWER, L. et HAYES, J. R. (1981)

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