Diagnostic et Rénovation de Toiture : Guide Technique

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Diagnostic d'une toiture existante

Le diagnostic d'une toiture existante requiert une grande capacité d'observation et met en avant l'importance d'utiliser tous ses sens ainsi que son expérience :

  • La vue
  • L'ouïe
  • Le toucher
  • L'odorat
  • Le goût
  • L'intuition

Sources d'humidité en construction

Source extérieure :

  • Intempéries et précipitations : pluie, neige, vent, bruine, vapeur.

Source intérieure :

  • Sanitaire (arrivée d'eau froide et eau chaude) : salle de bain (SDB), douche, lavabo, évier, réfrigérateur, chasse d'eau WC, lave-linge, etc.
  • Sanitaire (évacuation) : salle de bain (SDB), douche, lavabo, évier, réfrigérateur, chasse d'eau WC, lave-linge, sèche-linge, etc.
  • Chauffage central.
  • Chaudière à gaz ou au mazout (conduit de cheminée, condensation).

Phénomènes physiques, chimiques et biologiques

Ces différents phénomènes doivent être maîtrisés pour analyser correctement les pathologies :

  • L'apesanteur, la capillarité, la condensation, la dilatation et le retrait, l'électrolyse.
  • Le pH d'un matériau, la corrosion, l'isolation (convection, conduction, isolation thermique, isolation acoustique).
  • Le rayonnement solaire, les UV, etc.
  • La climatologie, la pression, la dépression, le vent, l'orientation, etc.
  • Les insectes dans la construction.
  • Les rongeurs dans la construction.
  • Les oiseaux et leur interaction avec la couverture.
  • La végétation (mousse, lichen, champignon, arbre, etc.).

Méthodologie de diagnostic

Descriptif de la toiture :

  • Charpente : forme, matériaux, conception, etc.
  • Couverture : type, matériaux, rives, pénétrations, accessoires de sécurité, maçonnerie, etc.
  • Bâtiment : orientation, situation géographique (climat), utilisation (classe de climat), ventilation, etc.
  • Complexe de toiture : finition, espace technique, frein-vapeur, isolation, sous-toiture, contre-lattage, liteaux, couverture.

Symptômes à observer

Dialogues et enquête :

  • Maître d'ouvrage (propriétaire, locataire, administrations, société, etc.).
  • Questions-réponses : Où ? Dans quelles circonstances climatiques ?
  • Ligne du temps et chronologie des événements (historique des travaux).
  • Quelles sont les habitudes de vie ? (à aborder avec discrétion).
  • Quel est le système de chauffage ?

Constatation des dégâts :

  • Taches (types et configuration).
  • Écoulements.
  • Déformations.
  • Présence d'insectes.
  • Présence de champignons.

Causes des pathologies de toiture

Origines possibles d'une infiltration, d'un dégât des eaux ou d'une pathologie :

  • Attaque biologique.
  • Manque d'entretien.
  • Mauvaise mise en œuvre.
  • Vétusté.
  • Événement climatique de forte intensité.
  • Modification d'un élément de la construction.
  • Modification de la fonction du bâtiment.
  • Qualité du matériau mis en œuvre.
  • Modification de l'environnement du bâtiment.

Solutions et interventions

Proposition de différentes solutions en fonction de :

  • L'origine du problème.
  • L'état général de la couverture.
  • L'urgence (délais de réalisation).
  • Des projets du maître d'ouvrage (à court ou long terme).
  • La destination future du bâtiment.
  • Du budget disponible.

Travaux sur toiture existante

  • Sécurité : Détection des causes d'infiltration.
  • Entretien et réparation d'une toiture à versants.
  • Entretien et réparation d'une toiture plate.
  • Nettoyage d'une toiture :
    • Enlèvement mécanique de la mousse (pas de jet à haute pression qui peut endommager la couverture ; utiliser de préférence une brosse).
    • Traitement chimique des mousses (attention, déconnecter les évacuations d'eau pluviale).
    • Vérification de l'utilisation des eaux de pluie pour un usage domestique !
  • Remaniage de la couverture :
    • Tuiles : nettoyage des emboîtements, remplacement des éléments endommagés.
    • Ardoises : remplacement des crochets.
    • Vérification des liteaux et réparation si nécessaire.
    • Vérification de la sous-toiture et réparation si nécessaire.
  • Intégration ou remplacement :
    • D'un châssis de toiture, schéma de montage, etc.
    • D'un crochet de service.
    • Renforcement de la charpente.
  • Charpente :
    • Réparation de la charpente existante suite à une infiltration d'eau.
    • Démontage d'une pièce de charpente sans endommager la structure.
    • Traitement des pièces existantes.
    • Détermination de la section des pièces de bois.
  • Phasage des travaux :
    • Climat.
    • Accessibilité du chantier et poste de travail.
    • Notion de rendement de temps.
  • Traitement des décombres :
    • Évacuation des déchets.
    • Classification des déchets (tri).
    • Symboles et pictogrammes.

Matériel et équipement requis

  • Sécurité : Analyse de risques, port des EPI (baudrier, ligne de vie, casque, chaussures, gants). Échafaudage, nacelle, échelles, etc. (matériel d'accès).
  • Secrétariat : Farde rigide, feuilles, crayon, stylo bille, latte, ordinateur portable, tablette, GSM...
  • Mesurage : Niveau, double mètre, mètre ruban (5 m), éclimètre, lampe torche, calculatrice, appareil photo, applications GSM, etc.
  • High-Tech : Drone, caméra thermique, testeur d'humidité, hygromètre, mètre et niveau laser, infiltrométrie (blowerdoor), etc.
  • Intervention et sondage : Petit matériel adapté au type de couverture à contrôler (marteau de couvreur, tire-clous, pince, tenaille, langue de chat, grattoir, petit pied-de-biche, marteau de charpentier, etc.). Attention de vérifier que le matériel soit opérationnel (batterie, sécurité, etc.).

Méthode de recherche et d'analyse

  • Toujours réaliser son analyse de risques afin de travailler en sécurité.
  • Élaborer les différents scénarios et travailler par élimination.
  • Faire preuve de logique, d'observation, et comprendre le comportement de l'eau ainsi que ses phénomènes physiques (de l'amont vers l'aval, la capillarité, la condensation).
  • Effectuer un sondage de la couverture et un démontage partiel afin de confirmer la source du problème.
  • Vérifier les bois de charpente : changement de couleur, bruit (son creux !), odeur, dureté de la structure.
  • Utiliser l'outillage adéquat.

Indices d'une attaque de champignons

On suspecte une attaque par champignons si l'on observe :

  • Des changements de teinte et des taches sur les éléments de construction (en bois ou non).
  • Un bruit sourd du bois lorsqu'on l'ausculte.
  • La présence de zones fragiles et tendres dans le bois (décelées à l'aide d'un poinçon ou d'un tournevis).
  • Une déformation des éléments en bois (faces extérieures concaves ou convexes) (figure 60).
  • Une déformation des éléments de construction (ondulations du faîte ou des pans de toiture).
  • Une odeur de moisi.
  • Un décollement de la peinture.
  • Des filaments et des fructifications.
  • La présence de poudre brune (spores).
  • Des fissures divisant la surface du bois en petits rectangles.
  • Une structure pulvérulente ou fibreuse du bois.

Indices d'une attaque d'insectes

On suspecte une attaque d'insectes si l'on observe :

  • Un bruit sourd du bois lorsqu'on l'ausculte.
  • La présence de zones fragiles et tendres dans le bois (décelées à l'aide d'un poinçon ou d'un tournevis).
  • Une déformation locale des éléments révélant la présence de galeries sous la surface du bois (figure 61).
  • Une déformation des éléments de construction (ondulations du faîte ou des pans de toiture).
  • Des trous d'envol.
  • Des galeries.
  • De la vermoulure.
  • Des bruits (perceptibles en ambiance calme) : grignotement de l'insecte, appels mâles/femelles.

Structure d'un tronc d'arbre

Figure 6 : Configuration d'un tronc d'arbre

A : Coupe transversale
B : Coupe longitudinale

  1. Phloème primaire
  2. Liber
  3. Écorce
  4. Cambium
  5. Aubier
  6. Duramen
  7. Moelle
  8. Sève brute montant dans l'aubier
  9. Sève élaborée descendant dans le liber

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