Doctrine constitutionnelle sur le principe d'égalité
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Doctrine de la Cour constitutionnelle sur l'égalité
Principe d'égalité dans l'application de la loi
En vertu de la doctrine de la Cour constitutionnelle, le principe de l'égalité dans l'application des lois, protégé par l'art. 14 CE, et en rapport avec le principe de l'interdiction de l'arbitraire des pouvoirs publics consacré à l'art. 9.3 CE, signifie qu'un juge ou un tribunal ne peut pas changer le sens de ses décisions antérieures dans des cas essentiellement identiques, à moins qu'il ne s'en écarte consciemment, en fournissant une base suffisante et raisonnable pour motiver le changement de position, ou, à défaut, qu'il justifie la différence de traitement par un changement de position explicite.
Égalité matérielle vs Égalité formelle
Le principe de l'égalité est un principe matériel car il vise à assurer l'égalité de traitement par le législateur. Le principe de l'application égale de la loi est un principe formel : lorsque l'égalité est lésée, sa restauration est formelle, se limitant à accorder l'ordonnance de protection et à émettre une nouvelle décision conforme à la jurisprudence antérieure ou justifiant le changement de position.
L'art. 14 CE et les catégories de discrimination
L'art. 14 CE ne contient pas une liste fermée, mais représente une interdiction explicite de maintenir certaines distinctions historiquement enracinées qui ont placé des secteurs de la population dans des positions contraires à la dignité reconnue par l'art. 10 CE.
Action positive et Loi organique 3/2007
Les mesures d'action positive (art. 11 de la Loi organique 3/2007) sont des mesures temporaires visant à accélérer la réalisation de l'égalité réelle pour les femmes et à corriger des situations d'inégalité de fait.
Charge de la preuve et discrimination
Conformément à l'art. 13 de la Loi organique 3/2007, dans une procédure où le demandeur allègue des motifs discriminatoires fondés sur le sexe, il incombe à la partie défenderesse de prouver l'absence de discrimination.
Discrimination directe et indirecte
- Discrimination directe : Situation où une personne est traitée de manière moins favorable qu'une autre dans des circonstances comparables en raison de son sexe (art. 6.1 Loi 3/2007).
- Discrimination indirecte : Disposition, critère ou pratique apparemment neutre désavantageant particulièrement des personnes d'un sexe par rapport à l'autre, sauf justification objective par un but légitime (art. 6.2 Loi 3/2007).
Nécessité du "tertium comparationis"
Il n'est pas nécessaire de fournir un tertium comparationis individuel pour justifier l'existence d'un traitement discriminatoire lorsque celui-ci concerne des groupes sociaux statistiquement pondérés.
Différences entre les arts. 1.1, 9.2 et 14 CE
La principale différence réside dans leur portée :
- Art. 1.1 : Reconnaît l'égalité comme une valeur constitutionnelle.
- Art. 9.2 : Définit les moyens pour sa réalisation.
- Art. 14 : Définit les titulaires du droit à l'égalité.
Inégalité et discrimination
Toute inégalité n'est pas discriminatoire si elle repose sur un objectif et une justification raisonnable, respectant la proportionnalité entre les moyens employés et le but poursuivi. L'égalité n'est violée que par une discrimination subjective et arbitraire.
Égalité dans la loi vs Application inégale
- Inégalité « dans » la loi : Se produit lorsque la norme traite différemment des situations égales sans base factuelle suffisante.
- Application inégale de la loi : Se produit lorsqu'un organe (gouvernemental ou judiciaire) interprète les règles dans un cas particulier différemment de sa pratique antérieure dans des cas similaires.