L'économie mondiale et la crise de l'entre-deux-guerres
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Difficultés économiques et instabilité monétaire
La production s'est articulée autour de deux étapes majeures.
1. La reconstruction (1921-1925)
En Europe, après la Première Guerre mondiale et jusqu'en 1927, le niveau du PIB de 1913 a été atteint. Cependant, la récupération a été lente en raison de :
- Conflits politiques et sociaux : conflits socioprofessionnels car le plein emploi n'est pas atteint et le pouvoir d'achat reste faible.
- Conflits frontaliers : liés à la nouvelle division de l'Europe.
- Instabilité politique : de nombreux pays peinent à établir des gouvernements stables.
- Problèmes financiers.
- Différences régionales : l'Europe occidentale a subi moins de dégâts, facilitant sa récupération, tandis que l'Europe de l'Est a dû faire face à des dommages plus élevés et des déséquilibres économiques majeurs.
Dans le reste du monde, la croissance continue avec une demande accrue pour les matières premières et les denrées alimentaires. À partir de 1925, une croissance nette se généralise. Toutefois, certains pays de la périphérie commencent à éprouver des difficultés à exporter en raison de la récupération des pays européens.
2. Une croissance atypique (1925-1929)
Pendant les années vingt, les facteurs de production ont été optimisés, mais en 1929, le chômage persistait ; la croissance n'a pas été en mesure de l'absorber.
Le système monétaire et l'étalon-or
À la fin de la guerre, seuls les États-Unis et le Japon n'avaient pas subi de revers financiers majeurs, préservant ainsi la valeur de leurs monnaies. Les pays européens, en revanche, sont sortis du conflit avec une inflation élevée, impactant la valeur de leurs devises. Chaque pays a dévalué sa monnaie de manière indiscriminée, et certains ont créé de nouvelles pièces. La plupart des nouvelles valeurs ont été décidées de façon autonome pour des raisons de prestige politique. La Grande-Bretagne fut la plus endommagée en tentant de maintenir artificiellement la valeur de sa monnaie.
Le système de l'étalon-or cesse de fonctionner par manque de réserves. On établit alors l'étalon de change-or, prenant le dollar comme référence, ce qui accentue la dépendance de l'Europe envers les États-Unis.
Les réponses nationales à la crise
La Grande-Bretagne : dévaluation et protectionnisme
- La dévaluation de la livre : Bien que tardive, la diminution de la valeur de la livre par rapport à l'or a permis de reconnaître la suprématie des États-Unis et d'adopter un change flexible pour promouvoir les exportations.
- Le protectionnisme : C'est le changement le plus notable pour ce pays historiquement lié au libre-échange. Des tarifs douaniers ont été appliqués aux produits étrangers, sauf pour les produits primaires et les matières premières. Un lien douanier privilégié a été établi avec les anciennes colonies (Canada, Afrique du Sud, Australie), réduisant ainsi l'économie internationale globale.
Grâce à ces mesures, l'économie britannique s'est redressée progressivement.
Les États-Unis et le New Deal
La solution est venue en 1932 avec le New Deal, une politique d'intervention massive du gouvernement fédéral dans l'économie nationale.
- Finances : Dévaluation du dollar pour favoriser les exportations et mise en place de mécanismes de contrôle boursier et d'inspection des fonds de dépôt.
- Agriculture : Face à l'offre excédentaire, le gouvernement a instauré des aides pour les pertes de récoltes, une compensation de revenu minimum garanti et une indemnisation face à la baisse des prix.
- Industrie : Promotion de la consommation via la hausse des salaires, l'instauration d'un salaire minimum et la réduction du temps de travail pour diminuer le chômage. Les fusions d'entreprises ont été encouragées pour réaliser des économies d'échelle.
- Chômage : Mise en œuvre d'une politique de grands travaux publics et de protection sociale.
La réponse à la crise et l'échec du libéralisme
Les premières solutions, basées sur la théorie classique (austérité, réduction du crédit et des salaires), furent un échec. La réduction des dépenses publiques a favorisé la baisse des prix, tandis que la baisse des salaires a entraîné une chute de la consommation et de la demande globale. Face à ce constat, les pays ont cherché des solutions alternatives, souvent inspirées par la pensée économique de Keynes.