L'économie et la société sous le Second Empire

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L'essor économique et le traité Cobden-Chevalier

L’État favorise également le commerce international avec la mise en place du traité de libre-échange Cobden-Chevalier en 1860 entre la France et la Grande-Bretagne. Ce traité est vu par l’Empereur comme un moyen d’accélérer la modernisation de l’économie. Mais le traité n’a pas les effets attendus sur l’économie et la faillite en 1867 du Crédit Mobilier des Frères Pereire annonce une période de récession.

B. Un monde ouvrier en recomposition

Durant l’industrialisation, les conditions de vie du monde ouvrier sont de plus en plus difficiles. Les conditions de travail ainsi que la précarité de la vie quotidienne leur font prendre conscience de la nécessité d’une organisation solidaire. Les ouvriers mettent en place :

  • Des associations mutualistes ;
  • Des coopératives pour les protéger en cas d’accidents.

Ils organisent progressivement des grèves, qui sont illégales, et s’organisent politiquement dans le socialisme qui se développe au milieu du XIXe siècle. En 1864, est fondée l’Association internationale des travailleurs qui exige de meilleurs salaires, la fin du travail des enfants et la réduction du temps de travail.

L’attitude de l’État reste, à l’image de Napoléon III, ambivalente. En 1844, il publie un ouvrage sur L’Extinction du paupérisme dans lequel il s’intéresse au monde ouvrier. Napoléon III met en place des mesures sociales :

  • La limitation du temps de travail à 10 heures ;
  • L’interdiction du travail pour les enfants de moins de 14 ans en 1851 ;
  • La loi Ollivier qui autorise le droit de grève en 1864.

Il favorise aussi la mise en place d’associations mutualistes. Mais dans le même temps, les grèves sont encore largement réprimées avec violence, comme au Creusot en 1870, où Schneider fait appel à 3 000 soldats pour restaurer l’ordre et mettre fin à 23 jours de grève.

C. L’âge d’or du monde rural

Les campagnes occupent encore une place primordiale dans l’économie et la société du Second Empire. En 1866, un recensement indique que 70 % des Français sont des ruraux. L’État favorise le désenclavement du monde rural (chemins de fer, routes, canaux) et l’aménagement d’espaces ruraux comme la Sologne ou encore le vignoble bordelais. La croissance économique reste importante dans les campagnes (hausse des salaires agricoles de 30 % entre 1848 et 1870) qui voient la production agricole multipliée par deux sous le Second Empire.

Dans ces espaces, le poids des Églises catholiques et protestantes reste important. Elles y organisent la vie rurale (calendrier religieux) et mettent en place les écoles.

Conclusion

Cette période est donc marquée par une industrialisation importante de l’économie française, encouragée par l’État, qui permet le développement de grandes régions industrielles et l’urbanisation naissante de la France, incarnée par les travaux d’Haussmann et les Expositions universelles de 1855 et 1867, qui sont censées incarner l’entrée de la France dans la modernité. Cette industrialisation engendre de profondes transformations sociales et politiques, autour de l’émergence de la classe ouvrière dont le poids économique est faible, alors que le poids politique est croissant. Malgré tout, la France de 1870 reste encore profondément marquée par la ruralité. Cependant, une scission marque de plus en plus les deux espaces qui composent cette France : un monde rural conservateur et un monde urbain progressiste.

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