L'Émergence des Monarchies Nationales au Moyen Âge

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L'émergence des nations et le déclin du féodalisme

Le féodalisme ne répondait plus aux besoins des nations en croissance. Au Moyen Âge, les gouvernements nationaux forts étaient inconnus. Une nation est un groupe de personnes occupant un même pays, sous le même gouvernement, et parlant généralement la même langue. Elle possède un gouvernement central capable de se défendre contre les ennemis et de maintenir l'ordre. Les peuples se différencient de ceux des autres pays par la langue, la religion, les traditions et les modes de vie. Les individus au sein d'une nation sont loyaux et fiers de leur groupe : ce sentiment est appelé le nationalisme.

Le commerce et le besoin de stabilité

Dès les années 1100, les villes commencent à croître rapidement. L'expansion du commerce et de la population en Europe progresse. La classe moyenne n'appréciait pas le manque de loi et d'ordre, car cela nuisait aux affaires et menaçait la propriété. Ils devenaient mécontents des obligations féodales, telles que l'impôt foncier et les services militaires, ainsi que de la multiplicité des systèmes juridiques entre la monarchie et l'Église. Les nobles percevaient souvent des péages pour l'utilisation d'une route ou d'une rivière traversant leurs terres. À cette époque, les gens ne disposaient pas d'une force de police fiable.

L'extension du pouvoir royal

Le modèle suivi par les nations qui ont établi un gouvernement central durant cette période est le suivant :

Tout d'abord, le roi a repris le pouvoir à l'Église et aux nobles. Ensuite, il a commencé à percevoir des taxes auprès des marchands. De cette façon, le roi est devenu plus indépendant de la noblesse. Avec plus de revenus, le roi pouvait payer des mercenaires pour se battre pour lui. À mesure que les rois prenaient du pouvoir, ils renforçaient leurs gouvernements. Ils ont embauché des fonctionnaires pour gérer les finances, les affaires militaires et les problèmes juridiques. Les rois ont commencé à développer un système de tribunaux royaux jugeant toutes les classes sociales. Ces tribunaux appliquaient les mêmes lois pour tous. Progressivement, les rois ont construit des unités plus fortes appelées nations.

L'unification de l'Angleterre

L'Angleterre a commencé à construire un gouvernement fort et centralisé au XIe siècle. Quand le roi mourut en 1066, Guillaume revendiqua son droit au trône. Bien que le trône fût donné à Harold, Guillaume traversa la Manche et défit Harold à la bataille d'Hastings. Guillaume « le Conquérant » devint alors roi d'Angleterre.

Guillaume le Conquérant et la monarchie forte

Il introduisit le féodalisme centralisé en Angleterre. Il exigea que tous les nobles deviennent ses vassaux. Il divisa également les grandes exploitations féodales de la noblesse pour les distribuer à ses propres vassaux. Il ordonna un recensement de toute la richesse imposable dans son royaume. Bien que Guillaume n'ait pas fait de l'Angleterre une nation totalement unifiée, il a posé une base solide pour une monarchie forte.

Henri II et le système juridique

Les rois normands furent Guillaume et les trois rois qui lui succédèrent. Après eux, Henri II, fondateur de la dynastie des Plantagenêt, devint roi. Il était le fils de la petite-fille de Guillaume. Son règne fut l'un des plus importants de l'histoire anglaise. Pour unir toute l'Angleterre, il instaura trois grandes réformes juridiques :

  • La Common Law (Droit commun) : Il fit de la loi royale la loi de tous. Elle s'appliquait également à tout le pays, basée sur les coutumes et les décisions des tribunaux.
  • Les cours d'appel : Des juges étaient envoyés en visites régulières dans tout le pays. Étant étrangers aux districts, ils n'étaient pas influencés par les pots-de-vin ou les amitiés locales.
  • Le système de jury : Des jurys d'hommes venaient devant un juge royal pour accuser quelqu'un d'avoir enfreint la loi. De là est né le grand jury moderne, qui décide si les preuves sont suffisantes pour accuser quelqu'un.

La Magna Carta

Le plus jeune fils d'Henri, Jean, devint roi en 1199. Ce fut un dirigeant cruel et déraisonnable. En 1215, ses nobles se rébellèrent et le forcèrent à accepter la Magna Carta (Grande Charte), qui limitait son pouvoir et protégeait les droits de la noblesse féodale. Ce document posait trois principes essentiels : la loi est au-dessus du roi, le roi doit obéir à la loi, et il existe une justice égale pour tous. Le roi ne pouvait plus lever de nouvelles taxes sans l'accord des représentants du peuple.

Le Parlement sous Édouard Ier

Édouard Ier tenta d'unir la Grande-Bretagne (Angleterre, Écosse et Pays de Galles). En 1284, il reprit le Pays de Galles. En 1295, il ordonna des élections : chaque comté choisit deux chevaliers pour siéger au Conseil national appelé le Parlement. Avec le temps, l'Église se retira du Parlement. Les seigneurs formèrent la Chambre des Lords, tandis que les chevaliers et citadins élus formèrent la Chambre des Communes. Le Parlement devint progressivement un organe législatif, refusant d'accorder de l'argent au roi tant que ses demandes (appelées bills ou factures) n'étaient pas satisfaites.

La Guerre des Deux-Roses

En 1454, les familles de Lancastre et d'York entrèrent en guerre pour le trône. Cette lutte est connue sous le nom de Guerre des Deux-Roses (rose rouge pour Lancastre, rose blanche pour York). Après une période de chaos et d'assassinats, Henri Tudor (Lancastre) battit Richard III. Il épousa Élisabeth d'York, unissant les deux familles. Sous les Tudor, le pouvoir des nobles fut soumis et l'Angleterre devint une nation établie au XVIIe siècle.

La construction de l'État français

Après l'effondrement de l'empire de Charlemagne, les nobles français élurent Hugues Capet en 987. La dynastie capétienne régna jusqu'en 1328. Louis VI reprit le contrôle des terres royales en soumettant les barons. Les rois capétiens agrandirent leur domaine année après année, offrant un meilleur gouvernement que les seigneurs féodaux.

Louis IX (Saint Louis) mit en place des tribunaux royaux et fit du bien-être de son peuple une priorité. Bien que la France n'ait pas développé un parlement aussi fort qu'en Angleterre, Louis IX apporta la paix et la justice avant d'être canonisé par l'Église.

La Guerre de Cent Ans et Jeanne d'Arc

En 1328, le dernier roi capétien mourut sans héritier mâle. Édouard III d'Angleterre revendiqua le trône de France, ce qui déclencha la Guerre de Cent Ans. Les combats eurent lieu en France. Vers 1425, l'Angleterre semblait victorieuse. C'est alors que Jeanne d'Arc, une simple paysanne guidée par des visions, convainquit Charles VII de lui confier une armée. Elle libéra Orléans et redonna confiance aux Français. Bien que capturée et brûlée vive par les Anglais, son courage forgea l'esprit national français. En 1453, les Anglais ne possédaient plus que Calais. La guerre encouragea le patriotisme et introduisit de nouvelles méthodes de combat.

L'unification de l'Espagne et du Portugal

Après la conquête maure en 711, les chrétiens du nord entamèrent la Reconquista. Alphonse Ier déclara le Portugal royaume indépendant. À la fin des années 1200, seule Grenade restait musulmane. Le mariage de Ferdinand et Isabelle unit les deux principaux royaumes chrétiens. Ils achevèrent la Reconquista et unirent l'Espagne. Pour assurer l'unité nationale, ils imposèrent la conformité religieuse via l'Inquisition, punissant sévèrement les hérétiques.

Autres nations et échecs d'unification

Au Nord, la reine Marguerite Ière unit le Danemark, la Norvège et la Suède, bien que cet empire ne durât qu'un siècle. En Europe de l'Est, les Magyars formèrent la Hongrie vers 900, tandis que les tribus polonaises et tchèques s'unissaient également sous des rois.

L'Allemagne et l'Italie : une unification tardive

En Allemagne, Henri l'Oiseleur puis Otton le Grand tentèrent de centraliser le pouvoir. Cependant, Otton se tourna vers l'Italie et se fit couronner empereur, créant le Saint Empire romain germanique. Les souverains allemands gaspillèrent leurs ressources à tenter de conquérir l'Italie au lieu de s'unifier chez eux. Frédéric Barberousse tenta également d'unir l'Allemagne et l'Italie, mais échoua face aux cités italiennes soutenues par le pape. L'Italie resta divisée en cités-États et États pontificaux en guerre constante. L'Allemagne et l'Italie ne connurent l'unification qu'au XIXe siècle.

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