Les enjeux géopolitiques et économiques des espaces maritimes
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Les espaces maritimes : enjeux et tensions
Le golfe Arabo-Persique voit transiter 30 % des flux pétroliers mondiaux. Les rivalités entre les États riverains et la présence de puissances étrangères en font un espace maritime sous tensions. Le port de Djebel Ali, situé à 35 km de Dubaï, est capable d’accueillir les plus grands porte-conteneurs du monde.
1.1. La maritimisation des économies
Dans la seconde moitié du XXe siècle, avec l’intensification du commerce international, le transport maritime a connu une véritable révolution, caractérisée par le gigantisme et la conteneurisation. 90 % des marchandises sont exportées par bateau. Pour continuer à capter les flux de la mondialisation, les ports s’agrandissent. En Chine, le port en eaux profondes de Yangshan (Shanghai) est le 1er port de conteneurs du monde. Les ports asiatiques dominent la maritimisation.
1.2. La concentration des flux maritimes
Les routes maritimes relient les principales façades maritimes. Elles empruntent des points de passage obligés comme les caps, les détroits ou les canaux interocéaniques. Ces derniers, points de passage incontournables, s’adaptent au gigantisme des navires :
- Le nouveau canal de Suez (2015) a doublé sa capacité et voit désormais transiter jusqu’à 100 navires par jour (30 % du trafic mondial quotidien de conteneurs).
- Le nouveau canal de Panama a été inauguré en 2016.
- Le détroit de Malacca est le premier passage du trafic international.
1.3. Une grande variété de ressources marines
Dans le contexte du réchauffement climatique, la présence de ressources énergétiques et la possibilité d'une nouvelle route maritime relancent les convoitises autour de l'océan Arctique. Les espaces maritimes recèlent de nombreuses ressources énergétiques : le pétrole off-shore assure environ un tiers de la production mondiale de brut.
2.1. L’affirmation du droit maritime international
Les ressources halieutiques, exploitées de façon industrielle, sont de plus en plus disputées. La Convention de Montego Bay définit 3 types d’espaces maritimes :
- Les eaux territoriales, où l’État riverain est complètement souverain ;
- La zone contiguë, où l’État exerce les activités de douane et de police ;
- La zone économique exclusive (ZEE) dans laquelle l’État riverain dispose de l'exclusivité d’exploitation des ressources.
La délimitation des ZEE est parfois source de conflits : engagés dans la course aux ressources, certains États s’opposent pour fixer leurs frontières maritimes. Les îles et archipels sont souvent causes de litiges, comme la Chine et le Japon qui se disputent les îles Senkaku. Plus généralement, la mer de Chine orientale est une mer disputée : les deux pays sont en désaccord concernant la délimitation de leurs ZEE respectives.
2.2. Des tensions qui entravent la liberté de circulation
La liberté de circulation est garantie par le droit de la mer mais se heurte à la volonté d’appropriation des États. La marine américaine conduit régulièrement des opérations dites de « liberté de navigation » dans le détroit séparant la Chine continentale de Taïwan. La piraterie est également une menace : en 2018, 201 attaques ont été recensées, surtout dans le détroit de Malacca, au large de la Somalie, dans le golfe de Guinée et dans les Caraïbes.
3.1. Les fondements de la puissance française
Avec 5 000 km de littoral, la France métropolitaine est le seul pays européen à posséder 3 façades maritimes (Atlantique, Méditerranée et Manche). Les principaux ports français (Marseille, Le Havre, Dunkerque et Calais) sont en perte de compétitivité par rapport à leurs concurrents. La CMA CGM, premier armateur français, occupe le 3ème rang mondial. Ce sont les territoires ultramarins qui confèrent à la France sa présence maritime sur tous les océans, lui permettant de posséder la 2ème ZEE au monde (10,7 millions de km²).
3.2. Les enjeux de la présence maritime française
Comme les États-Unis, la France a fait le choix de l’outil aéronaval et dispose d’un porte-avions à propulsion nucléaire (le Charles de Gaulle) et de 4 sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE). La marine nationale participe à des missions de surveillance pour lutter contre la piraterie, les trafics illégaux ou le terrorisme. Les îles Éparses, revendiquées par Madagascar, offrent à la France une ZEE de plus de 700 000 km². La France plaide pour une gouvernance mondiale des océans et utilise l’argument écologique pour renforcer sa souveraineté, notamment en créant des aires marines protégées.