L'Espagne de 1808 à 1833 : Entre Absolutisme et Libéralisme

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La guerre d'Indépendance espagnole (1808-1814)

Ces événements ont conduit à la révolte populaire et, le 2 mai 1808, un soulèvement a éclaté à Madrid contre les troupes françaises ; son exemple fut suivi dans de nombreux autres lieux. Des conseils ont été créés pour mener la résistance, coordonnée par un Conseil suprême central, tandis que les groupes patriotiques se sont organisés en guérilla pour lutter contre les Français.

Les Cortes de Cadix

Les abdications de Bayonne ont laissé un vide du pouvoir, car le roi Joseph Ier n'a jamais profité de l'acceptation des Espagnols. Ainsi, en 1810, le Conseil central a convoqué une réunion du parlement dans la ville de Cadix, le seul territoire non occupé par les Français. La première décision prise par le Parlement était révolutionnaire : toutes les personnes présentes, quelle que soit leur origine, se sont réunies dans une seule chambre et leur vote avait le même poids. Cette nouvelle chambre fut constituée au nom de la nation espagnole et a rédigé une constitution, adoptée en 1812, reflétant les principes de base du libéralisme politique : la souveraineté nationale, la séparation des pouvoirs, le suffrage universel masculin et un exposé des droits fondamentaux.

La restauration de l'absolutisme

Ferdinand VII, surnommé « le Désiré », retourne en Espagne en 1814. Les libéraux souhaitaient que le monarque jure immédiatement fidélité à la Constitution de 1812, mais la poussée des absolutistes restaura l'absolutisme et abrogea toutes les lois des Cortes de Cadix. Le roi, convaincu de la faiblesse des libéraux, a mené un coup d'État par lequel le Parlement a été fermé et la constitution annulée. Les mois suivants ont vu la restauration de toutes les anciennes institutions et du système seigneurial. C'était un retour à l'Ancien Régime. Beaucoup de libéraux ont été arrêtés et d'autres ont été exilés ou sont entrés dans la clandestinité.

Le Triennat libéral (1820-1823)

En 1820, le soulèvement du colonel Riego à Cabezas de San Juan (Séville) connut un succès et ouvrit la période du Triennat libéral (1820-1823). Le roi fut forcé de se conformer à la Constitution de 1812, de déclarer une amnistie et d'organiser des élections. Le nouveau parlement, composé en majorité de députés libéraux, restaura la plupart des réformes de Cadix (abolition du régime féodal, libéralisation du commerce et de l'industrie, etc.). Il a également créé la milice nationale, un corps d'armée de bénévoles qui défendait l'ordre libéral. Cependant, ce processus de réforme n'a pas reçu la sympathie du roi Ferdinand VII, qui a demandé l'aide des puissances européennes pour rétablir l'absolutisme. La Sainte-Alliance a commandé une intervention militaire de la France en Espagne et, en 1823, les troupes appelées les Cent Mille Fils de Saint-Louis, sous le commandement du duc d'Angoulême, sont entrées en Espagne. Elles ont renversé les libéraux et ont rétabli Ferdinand VII en tant que monarque absolu.

L'échec de l'absolutisme

Le retour à l'absolutisme (1823-1833) a été suivi par une vague de répression contre les libéraux et la destruction de tout le travail législatif du Triennat. Mais les gouvernements de Ferdinand VII ont été incapables de fournir une solution aux graves problèmes auxquels le pays faisait face. En premier lieu, la situation économique était difficile. La guerre avait considérablement affaibli l'économie et les finances étaient en faillite. L'indépendance des colonies en Amérique a privé les coffres de l'État de recettes importantes. Par conséquent, des réformes économiques étaient nécessaires et Ferdinand VII commença timidement à se rapprocher des secteurs de la bourgeoisie modérée, financière et industrielle de Madrid et de Barcelone ; il a même accordé un tarif protectionniste pour la manufacture catalane.

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