L'Espagne sous le régime franquiste (1939-1975)

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1. La première période du régime

Imposition du franquisme

Le principal instrument utilisé pour imposer le régime de Franco était sans aucun doute la répression. Le franquisme reposait sur un pilier social solide, soutenant l'oligarchie des propriétaires terriens et des affaires. Autour de l'autorité incontestable de Franco gravitaient des familles et des lobbyistes qui soutenaient le régime : l'armée, la Phalange, les monarchistes et l'Église.

Fondations idéologiques

Le régime se caractérisait par la concentration du pouvoir entre les mains de Franco. Il s'agissait d'un mélange idéologique composé de la doctrine de la Phalange, des symboles du fascisme européen, du traditionalisme et du national-catholicisme.

Lois fondamentales

Le régime était une dictature sans constitution. Son absence était compensée par les « lois fondamentales » qui structuraient l'État : création de tribunaux spéciaux, interdiction des syndicats libres au profit de syndicats verticaux, et maintien de Franco à la tête de l'État à vie.

Relations internationales

Après la Seconde Guerre mondiale, l'Espagne, épuisée par la guerre civile, n'a pas participé activement au conflit malgré l'entrevue d'Hendaye avec Hitler. La défaite de l'Axe en 1945 a isolé le pays, l'excluant de l'ONU et du plan Marshall.

2. Autarcie et ouverture

Autarcie et conséquences

Isolé internationalement, le régime s'est réfugié dans l'autarcie, suivant le modèle économique du fascisme européen. L'État a lancé une politique d'interventionnisme via l'INI pour contrôler le développement industriel. Les conséquences furent une forte inflation, le marché noir et l'appauvrissement du pays.

Fin de l'isolement

Dans les années 1950, la Guerre froide a changé la donne. En 1953, des accords avec les États-Unis ont marqué la reconnaissance internationale du régime, facilitant l'entrée de l'Espagne à l'ONU.

Plan de stabilisation

L'aide américaine a mis fin au rationnement. L'arrivée de technocrates de l'Opus Dei, comme Laureano López Rodó, a permis la mise en place du plan de stabilisation de 1959. Malgré une austérité difficile pour les classes laborieuses, la visite du président Eisenhower a scellé la légitimité de la dictature.

3. Développement et années 1960-70

Plans de développement

À partir de 1964, les plans de développement ont stimulé la croissance : mécanisation agricole, promotion de la consommation, grands travaux hydrauliques et essor du tourisme ont amélioré le niveau de vie.

Effets négatifs

Cette croissance a engendré des disparités régionales, des inégalités sociales et une émigration massive des campagnes vers les villes et l'étranger.

Adaptation du système

Le régime a tenté de se moderniser avec la création de la Cour de l'ordre public, la loi sur la presse et la loi organique de l'État.

4. L'opposition au régime

Répression et exil

La répression d'après-guerre a écrasé toute opposition. Le terme « rouge » servait à poursuivre tout suspect. L'opposition en exil, affaiblie, espérait en vain une intervention des Alliés.

Les années 1950 et 1960

Si les années 1950 furent marquées par la démoralisation, les années 1960 ont vu une nouvelle opposition émerger : grèves ouvrières, contestation étudiante et prise de distance de l'Église catholique.

5. La crise du franquisme

Les dernières années

En 1973, Franco nomme Carrero Blanco président du gouvernement pour assurer la continuité. Après l'assassinat de ce dernier, Arias Navarro lui succède.

Facteurs de crise

La crise économique de 1973, la Révolution des Œillets au Portugal et la division interne entre « radicaux » et « ouverturistes » ont fragilisé le régime.

Renforcement de l'opposition

L'opposition s'est structurée autour de plateformes comme la Convergence démocratique. Malgré la violence d'État et l'escalade du terrorisme, le régime s'est effondré à la mort de Franco, le 20 novembre 1975.

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