L'Espagne au XIXe siècle : Guerres et Libéralisme
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La succession de Ferdinand VII et le conflit dynastique
À la mort de Ferdinand VII en 1833, le trône est disputé entre sa fille Isabelle (âgée de 3 ans) et son frère, Charles-Marie Isidore de Bourbon.
- Les Carlistes : Partisans de la loi salique (qui exclut les femmes du trône). Leur devise est "Dieu, Patrie, Fueros et Roi". Ils prônent la guerre et sont soutenus par le bas clergé, la petite noblesse, les paysans, ainsi que par la Russie, la Prusse et l'Autriche.
- Les Isabellistes (Cristinos) : Soutiennent Marie-Christine et la fin de l'absolutisme. Ils regroupent la haute noblesse, le haut clergé et les travailleurs urbains (les villes étant libérales). Ils reçoivent l'appui de la Grande-Bretagne, de la France et du Portugal.
La Première Guerre carliste (1833-1840)
Le conflit se déroule en trois étapes clés :
- Première étape : Localisée dans le nord de l'Espagne. Le chef carliste Zumalacárregui meurt après avoir remporté des victoires à Vergara et Tolosa. Les forces carlistes restent décentralisées.
- Deuxième étape : Ramón Cabrera organise les carlistes et mène des expéditions (comme celle de Gómez en 1836). Ils ne parviennent cependant pas à atteindre Madrid. Le général isabelliste Espartero gagne la bataille de Luchana en 1836.
- Troisième étape : Division interne chez les carlistes sur la poursuite de la guerre. Cela mène à l'accord de Vergara en 1839 (signé par Maroto), marquant la fin du conflit. Les officiers carlistes rejoignent les rangs isabellistes et Charles V s'exile en France.
La Révolution libérale (1833-1843)
Marie-Christine nomme d'abord Cea Bermúdez (chef du conseil, créateur des 49 provinces), puis Martínez de la Rosa qui instaure le Statut royal de 1834, accordant plus de pouvoir au roi. Deux révoltes (dont celle de La Granja) éclatent, marquées par des incendies de couvents et la destruction de symboles absolutistes.
Marie-Christine nomme ensuite Mendizábal, qui lance des réformes agraires libérales (fin de la Mesta) et le désamortissement des biens de l'Église. Le paysage politique se divise :
- Les Modérés : Moins de suffrages, plus de pouvoir au roi.
- Les Progressistes : Plus de suffrages, plus de pouvoir à l'Assemblée.
Mendizábal, devenu impopulaire, est remplacé par Calatrava. La Constitution de 1837 est instaurée : séparation des trois pouvoirs, souveraineté nationale, droits accrus, religion catholique et création d'un Sénat (bicamérisme). En 1837, les modérés gagnent les élections, réduisent les libertés et rétablissent la dîme. En 1840, la loi municipale provoque le soulèvement d'Espartero, qui devient chef de l'État. Marie-Christine refuse, fait face à des juntes urbaines et s'exile en France. Isabelle II devient reine à l'âge de 10 ans.
La régence d'Espartero (1840-1843)
Espartero, de tendance progressiste, devient régent. Il favorise les libertés, poursuit le désamortissement, abolit les dîmes et instaure une loi des douanes. Il fait face à une double opposition : les modérés (qui veulent le retour de Marie-Christine) et les progressistes (qui dénoncent sa dérive autoritaire et l'influence des ayacuchos).
Espartero finit par gouverner sans l'Assemblée. En 1842, suite à l'insurrection de Barcelone, il bombarde la ville. Sa chute est précipitée par une coalition et des pronunciamientos militaires (O'Donnell, Narváez, Prim et Serrano). Il s'exile en 1843.
La Décennie modérée (1844-1854)
Les modérés reviennent au pouvoir avec Narváez. Cette période est marquée par le recours à la force, l'oligarchie et la fraude électorale légale. La Constitution de 1845 réduit le droit de vote et les libertés, renforce le pouvoir royal, supprime la milice nationale et instaure un système bicaméral.
Les réformes majeures incluent le Code pénal (1848), la création de la Garde civile (1844) et le Concordat de 1851 (Rome reconnaît Isabelle II, le désamortissement est gelé). Cependant, l'instabilité politique demeure. Marie-Christine est impliquée dans des affaires de corruption liées aux chemins de fer. En 1848, lors du Printemps des peuples, Bravo Murillo tente d'instaurer une dictature technocratique. Les modérés se divisent en trois courants : Conservateurs, Centristes et Puritains. Ces derniers créent le Parti de l'Union Libérale en 1856.
Deuxième Guerre carliste et révolte de 1854
Après la Deuxième Guerre carliste, la révolte de 1854 éclate. O'Donnell mène le pronunciamiento de Vicálvaro. Malgré un échec initial, ce mouvement débouche sur le Manifeste de Manzanares.