L'Esthétique Transcendantale de Kant : Espace et Temps

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L'Esthétique Transcendantale chez Emmanuel Kant

Dans l'esthétique transcendantale, si l'on suppose que l'espace est une réalité objective, nous devons nous demander si l'espace est différent ou non des objets. Si quelque chose d'autre que le corps était à la fois corps et espace, mais que ce quelque chose dans les corps ne différait pas d'eux, comme dans la pensée de Leibniz, on ne parlerait pas de l'espace. Ces deux positions conduisent à deux paradoxes insolubles, car elles laissent toujours entendre que l'espace et le temps sont deux réalités plus ou moins objectives.

Pour Kant, l'espace est une forme a priori de la sensibilité, quelque chose que nous produisons lorsque nous percevons des objets.

L'Espace : Une Intuition Pure

L'espace n'est pas un concept empirique issu de l'expérience, ni un concept purement relationnel, car il n'y a pas des espaces ou des temps, mais un espace et un temps. L'espace est une intuition pure, ce qui signifie qu'elle est une forme pure excluant toute expérience, tout en étant la condition même de l'expérience. C'est par cette condition que nous saisissons les déterminations de l'espace et les formes géométriques.

Qu'est-ce que l'espace ?

L'espace est une grandeur (quantité) infinie, car on suppose que nous pouvons toujours imaginer une quantité infinie. C'est une grandeur qui peut être interprétée comme continue et qui fournit la base pour la perception de n'importe quel objet. Il s'agit d'une représentation nécessaire a priori qui sert de base aux représentations empiriques. La fonctionnalité de l'espace est surtout l'extension. En vertu de cette capacité d'expansion pour représenter le monde, nous pouvons concevoir des représentations spatiales et des figures géométriques.

Le Temps : Forme de la Sensibilité Interne

Le temps est également une manière de sentir, quelque chose que nous faisons lorsque nous percevons des objets. Cette représentation est nécessaire pour ce que nous percevons et elle est a priori. Tout ce que nous percevons est donné dans le temps. Le temps est donc un moyen de capturer des objets ; il est l'ordre des sensations et l'état de forme de l'intuition pure, et non empirique.

Une intuition pure est quelque chose que je pose pour saisir une chose, toujours dans un ordre spécifique de succession des perceptions : c'est le temps. Le temps n'est pas dans les objets, mais dans ce que je reçois. C'est quelque chose que nous apportons au monde ; ce n'est pas un concept empirique (car il est une synthèse d'intuitions) ni un concept relationnel, mais une forme a priori de la sensibilité grâce à laquelle nous captons les objets. Le temps est placé dans l'intuition.

L'Essence du Temps

Le temps se compose d'une grandeur (quantité) infinie par laquelle on établit un ordre dans les intuitions, se référant aux dimensions du temps (passé, présent et futur). Ces deux intuitions pures, formes de la sensibilité, permettent deux façons de percevoir : l'espace pour les objets externes et le temps comme sens interne. Cela signifie que tout ce qui se passe en dehors de nous est saisi dans le temps. L'espace est temporel, mais l'inverse n'est pas nécessairement vrai, car notre sens interne capte nos états d'âme intérieurs, qui ne sont pas spatiaux.

Fondements des Mathématiques

L'originalité de Kant réside dans le fait que l'espace et le temps sont le fondement même des mathématiques. Plusieurs problèmes se posent : comment les jugements mathématiques sont-ils des jugements synthétiques a priori ? C'est le fondement de la géométrie et de l'arithmétique, de la constitution des figures et des nombres.

Dans toute intuition, on distingue :

  • La matière : qui est la sensation même.
  • La forme : qui correspond aux conditions a priori de la sensibilité (l'espace et le temps).

L'intuition pure serait, par exemple, la forme de la table. La base de la géométrie est l'espace ; la base de l'arithmétique est le temps. Le fondement de la géométrie réside dans les intuitions pures que nous avons de l'espace, qui sont infinies. Le fondement de l'arithmétique réside dans les déterminations du temps, qui apparaissent toujours comme des unités distinctes et non continues, alors que dans l'espace, elles apparaissent comme des quantités continues. Les deux sont des grandeurs pour Kant : totalité et ensemble de lots continus.

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