L'État : Légitimité, Fonctions et Limites du Pouvoir
Classé dans D'autres sujets
Écrit le en
avec une taille de 6,33 KB
Définition de l'État
L'État est une forme historique déterminée du pouvoir, sur un territoire déterminé, qui déploie des institutions autonomes et unifiées (gouvernement, institutions législatives, armée…).
Dans son traité De l’esprit des lois, Montesquieu montre que l’État doit s’adapter aux caractéristiques particulières de chaque société, qu’il soit républicain, monarchique ou despotique. Les révolutions numériques et la montée des mouvements sociaux démontrent que l’État, autrefois considéré comme l’autorité suprême, semble aujourd'hui de plus en plus contesté dans son rôle de garant de l'ordre public.
I. Qu’est-ce qui fonde la légitimité de l’État ?
A. La légitimité rationnelle selon Max Weber
- L'État est « l'institution qui revendique avec succès le monopole de la violence physique légitime ».
- Légitimité de l'État : seul à pouvoir utiliser la force (police, armée) en vue d’assurer la sécurité de tous.
- Dans nos sociétés, l’État est légitime s’il fonctionne selon des lois acceptées et rationnelles.
B. Légitimité fondée sur un contrat social
- Pour Hobbes, Locke, Spinoza et Rousseau, l’État est né d’un contrat social.
- L'état de nature est instable et dangereux (violence, insécurité).
- Les hommes acceptent de s’unir et de créer un pouvoir commun pour organiser la vie en société.
- Rousseau insiste sur la liberté : l’État est légitime si chaque individu reste libre.
- Dans l’état civil, ce n’est pas la possession du plus grand nombre de biens qui fait le bonheur des hommes, mais la tranquillité d’une vie réglée par des lois.
- Pour éviter de se nuire, les hommes délèguent leur droit naturel et leur puissance d’agir à une autorité supérieure.
- L’État est légitime s’il garantit les droits et libertés définis dans le contrat social.
C. La légitimité fondée sur la croyance : Machiavel
- Machiavel (Le Prince) : le pouvoir repose souvent sur la manipulation de l’opinion. « Il faut qu’il ait l’esprit disposé à se tourner dans le sens que commandent les vents de la fortune... »
- Légitimité basée sur l’apparence, non sur la morale ou la loi.
- Quand il défend des intérêts particuliers et non le bien du peuple, l’État devient un obstacle au bonheur.
II. Quelles sont les fonctions de l’État ?
A. L’État garantit-il la sécurité ?
- Hobbes (Le Léviathan) : sans État, la vie est « solitaire, pauvre, méchante, brutale et courte ». Objectif : assurer l’ordre et la sécurité.
- Il peut priver de pleine liberté au nom de la sécurité.
- American Nightmare : un jour sans lois montre que le but n'est pas de vivre, mais de survivre à la criminalité.
B. L’État doit-il garantir la liberté ?
- Pour Rousseau, la vraie liberté est l’autonomie, l’usage de la raison : « Il est institué pour que les citoyens usent d’une raison libre ».
- L’État doit éduquer les citoyens et leur permettre d’être libres par la loi.
- Loin d’opprimer, l’État rend possible la liberté réfléchie et commune.
- Lorsqu’on vote des lois, les citoyens se placent en vue de l'ensemble du corps social : c’est la volonté générale.
- La démocratie permet l’expression de la liberté de chaque citoyen, leur permettant de participer à la vie politique et de débattre des règles qui régissent la société.
III. Comment limiter le pouvoir de l’État ?
A. Séparation des pouvoirs : Montesquieu
- Montesquieu (De l’esprit des lois) : il faut séparer trois pouvoirs :
- Législatif : faire les lois.
- Exécutif : appliquer les lois.
- Judiciaire : juger selon les lois.
- « Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. »
- Empêcher la concentration du pouvoir permet d’éviter la tyrannie.
B. La démocratie peut-elle dériver vers un despotisme ? (Tocqueville)
- Tocqueville observe que la démocratie moderne peut produire un despotisme doux : l’État veut le bonheur des citoyens, mais pense à leur place. Il régule tout (éducation, économie), créant une dépendance. Les citoyens deviennent passifs et perdent leur liberté de penser.
L’État est-il nécessaire pour la liberté des individus ?
- I. L’État est nécessaire pour garantir la liberté : il est le garant de l’ordre et de la justice. Selon Hegel, l’État est la concrétisation de la liberté humaine.
- II. L’État est une menace pour la liberté : il impose des règles qui restreignent l’autonomie. Selon les anarchistes, c’est un instrument de domination.
- III. L’État est nécessaire pour une liberté encadrée : il doit créer un cadre de sécurité tout en étant limité pour préserver les droits individuels.
L'État nous doit-il quelque chose ?
- I. L’État a des devoirs envers les citoyens : garantir sécurité, justice et libertés. Selon John Rawls, il doit corriger les inégalités sociales.
- II. Les citoyens ont des devoirs envers l’État : respect des lois et paiement des impôts. Nietzsche évoque une « dette » morale des citoyens.
- III. Une relation réciproque : l’État doit protéger, les citoyens doivent soutenir. Cette réciprocité est essentielle pour une société équilibrée.
Revient-il à l'État de décider de ce qui est juste ?
- I. L’État est l’arbitre de la justice : il établit les lois et incarne l’autorité souveraine.
- II. La justice dépasse les décisions de l’État : certaines lois peuvent être injustes. La justice est une valeur morale universelle.
- III. L’État doit rechercher la justice : il a la responsabilité de promouvoir la justice tout en restant ouvert à la critique. La participation citoyenne est essentielle pour guider l’État vers une justice authentique.