Éthique, Inclusion Sociale et État-Providence
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Inclusion sociale et éthique : l'État-providence
La coopération altruiste, base de l'éthique du travail social (TS), permet aux groupes d'établir une conclusion fondamentale : la dignité de chaque personne, qui est une fin en soi. L'espèce humaine se distingue par sa nature rationnelle, sa capacité à créer un monde propre et à transformer son environnement. L'État-providence (EP) constitue le contexte actuel où s'opèrent les processus d'exclusion et d'inclusion sociale. C'est un projet de société fondé sur la dignité humaine, laquelle exige des conditions matérielles et relationnelles pour être pleinement exercée.
Le projet humain et la création de valeurs
Pour Ortega y Gasset, l'être humain est un « projet ouvert » immergé dans une circonstance donnée. Nous inventons notre destin en adaptant nos actions à notre culture et à nos traditions, tout en étant capables de générer de nouvelles idées. De nos jours, le bien-être se définit comme la mise en œuvre de la citoyenneté sociale, permettant à chacun de répondre à ses besoins fondamentaux.
La vie, selon Ortega, n'est pas seulement une lutte pour la survie, mais une quête de plénitude. Contrairement à l'animal, l'humain doit conquérir sa propre existence. Notre « moi » est un projet de vie, une personnalité construite. Les caractéristiques fondamentales de la vie sont :
- La dimension historique : Chaque individu est un drame, une lutte pour devenir ce qu'il doit être.
- La coexistence : La définition du bien-être dépend du projet collectif que nous inventons.
- La tâche permanente : Notre identité se construit à travers nos désirs et nos aspirations.
L'intégration sociale et l'État-providence
L'État-providence est la réponse institutionnelle permettant l'exercice pratique des droits de l'homme. Il repose sur deux piliers majeurs :
- Les propositions économiques de Beveridge (revenu minimum) et Keynes (intervention publique pour stimuler l'économie).
- La citoyenneté sociale de Marshall, articulée autour de trois dimensions : civile (libertés), politique (participation) et sociale (bien-être démocratique).
L'évolution de l'EP s'est structurée en trois périodes :
- Période expérimentale (1870-1920) : Débats théoriques sur le rôle de l'État.
- Entre-deux-guerres (1919-1945) : Consolidation de la politique sociale et de la sécurité sociale.
- 1950-1970 : Expansion rapide des services publics et politiques keynésiennes.
Coopération altruiste et universalisme
L'EP est un projet éthique visant à modifier les forces du marché pour :
- Garantir un revenu minimum aux familles.
- Limiter l'incertitude face aux risques (maladie, chômage, vieillesse).
- Offrir des services sociaux universels de qualité.
Ses fonctions essentielles incluent la croissance économique, la légitimité de l'intervention étatique et l'universalisme des services sociaux, garantissant une participation citoyenne sans discrimination.
Code de déontologie du travail social
La conscience éthique est au cœur de la pratique des travailleurs sociaux (TS), conformément au code de la Fédération internationale des travailleurs sociaux (FITS). Les défis incluent la gestion des intérêts divergents, le rôle de soutien et de contrôle, et la rareté des ressources.
Principes éthiques fondamentaux
- Droits de l'homme et dignité : Respect de l'autodétermination, promotion de la participation, vision globale de la personne et développement des forces individuelles.
- Justice sociale : Lutte contre la discrimination, respect de la diversité, distribution équitable des ressources et opposition aux pratiques injustes.
La conduite professionnelle exige intégrité, empathie, confidentialité et responsabilité. Le travailleur social doit agir non seulement auprès des individus, mais aussi en lien avec les familles et les institutions pour favoriser une société inclusive et cohésive.