Éthique, Politique et Droits de l'Homme : Une Analyse
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Trois perspectives sur la relation entre éthique et politique
Il existe une séparation radicale entre l'éthique et la politique depuis la Renaissance. Dans Le Prince, on tente d'établir une science politique laïque qui place les questions d'éthique dans le domaine de l'individualité, les laissant en dehors des affaires d'État. Cela reviendrait à faire de la politique une science extérieure à la morale.
Concernant l'éthique privée et l'éthique publique, John Stuart Mill a soulevé cette séparation dans son ouvrage sur les libertés civiles. La société ne peut intervenir ou contrôler la vie privée des citoyens. Puisqu'aucune morale ou religion ne pourrait exercer de pression sur les individus, chacun est responsable de lui-même. Toutefois, le fait qu'une personne soit vertueuse dans sa vie privée et noble avec les autres n'est pas une garantie suffisante que son action politique soit efficace ou de qualité.
L'éthique de la conviction et de la responsabilité
Max Weber souligne le lien entre éthique et politique et définit la différence entre deux concepts :
- L'éthique de la conviction : une éthique de principes qui force les politiciens à agir avec une haute considération morale.
- L'éthique de la responsabilité : elle évalue les conséquences des décisions prises, ce qui laisse de la marge face aux principes opposés à ces décisions.
Il semble évident de combiner les deux éthiques, mais cette tâche est très difficile, car elle nécessite de mélanger les principes et les valeurs au sein de diverses personnalités politiques, buts et objectifs.
Égaux en dignité et en droits
Dans le monde d'aujourd'hui, il existe d'énormes différences économiques et sociales entre les pays. Tandis qu'une partie de la planète vit dans des sociétés riches, ailleurs, survivre est un drame quotidien. La réalité est que la production mondiale suffirait pour tout le monde ; dès lors, personne ne peut parler de dignité humaine quand des millions de personnes vivent avec moins d'un euro par jour.
Un être humain n'est tel que si sa dignité est reconnue dans la vie quotidienne, et s'il est traité comme une personne et non comme une marchandise. Le premier article de la Déclaration universelle des droits de l'homme énonce les principes qui sous-tendent l'égalité en dignité et en droits : les êtres humains sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. La reconnaissance de la dignité, peu importe les droits et devoirs, est un impératif absolu.
La liberté, l'égalité, la raison et la conscience sont les quatre caractéristiques qui définissent l'homme en tant que personne. La conscience fait partie de l'intériorité de chacun : tout ce que nous pouvons faire ou tout ce que nous nous commandons de faire repose sur des principes qui distinguent le vrai du faux.