L'Évolution de l'Élevage et de la Production en Espagne

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L'évolution de l'élevage traditionnel et extensif

L'agriculture traditionnelle, fondée sur la coexistence de différentes espèces de bétail dans la même zone, se composait de races indigènes avec un haut degré de rusticité. Elle utilisait des techniques et des systèmes anciens qui entraînaient de faibles rendements. L'élevage extensif à faible intensité connaît désormais des changements majeurs dans sa structure et sa production, ce qui a conduit à une augmentation des rendements.

Densité de la structure et évolution récente

a) La production tend à se spécialiser dans la production de viande ou de lait. Cela a impliqué le remplacement des races nationales par des races étrangères et la quasi-disparition des races à double usage (lait et viande). Cependant, nous constatons une certaine reprise des races indigènes grâce à des subventions spécifiques.

b) La technologie progresse progressivement avec l'utilisation de modèles mécaniques et l'étude scientifique de l'alimentation animale. Ce fait, conjugué à l'augmentation de la taille des exploitations et du nombre d'animaux par exploitation, a accru les rendements, bien que la taille de nombreuses exploitations soit encore insuffisante.

c) Comparaison des gains de poids du bétail intensif par rapport à l'extensif :

  • 1) L'élevage extensif : Il dépend largement de l'environnement physique. Les animaux sont nourris à la dent dans les prairies humides naturelles (régions du nord de la péninsule et zones de montagne) ou dans les pâturages de la pénéplaine et les pailles sèches d'Espagne. En règle générale, il est associé à des races indigènes et à des techniques traditionnelles de travail. Tout en maintenant son importance dans certains domaines, il s'oriente vers une agriculture mixte ou intensive.
  • 2) La production animale intensive : Elle est liée à la stabulation et les animaux sont nourris avec des aliments composés, en tout ou en partie. Elle est située à proximité des centres urbains de consommation dans le nord et sur la côte méditerranéenne, concernant en particulier les porcs et la volaille. Ce type d'élevage est associé à certaines races étrangères, utilise des techniques modernes et présente une forte dépendance envers les fourrages importés, dont les prix ont fortement augmenté.

La production de bétail et ses évolutions récentes

La production animale a augmenté sa participation dans la production agricole espagnole depuis les années 1960, atteignant environ 35 %. Toutefois, dans certaines communautés, ce pourcentage est beaucoup plus élevé, comme en Galice, dans les Asturies, en Cantabrie et en Catalogne.

Les causes de l'augmentation du bétail ont été :

  • La mécanisation du terrain, qui libère du temps pour d'autres activités ;
  • La conservation des sols par la culture de fourrages ;
  • L'augmentation du niveau de vie, qui nécessite l'amélioration de l'apport en protéines (viande, lait et œufs).

Les changements vécus par les différents types d'élevage sont dus à la nécessité de soutenir la concurrence sur le marché et aux exigences de la PAC (Politique Agricole Commune). Celle-ci impose des quotas sur certaines productions, découple les subventions de la production dans certains secteurs et les subordonne au respect de la sécurité alimentaire, du bien-être animal et de la protection de l'environnement, ce qui augmente les coûts de production.

Analyse par secteurs de production

a) Les bovins : Ils sont destinés à la production de viande et de lait. L'emplacement dépend de la capacité et du système d'élevage. Les bovins de boucherie prédominent dans le nord de l'Espagne, les régions montagneuses de l'Ouest, et en régime intensif près des centres urbains et des zones de production de fourrage (Aragon, Castille-et-León, Catalogne). Les bovins de type laitier se trouvent en régime extensif ou mixte dans le nord de l'Espagne (herbes naturelles) et dans les grandes exploitations en Andalousie (fourrages irrigués). En régime intensif, ils se situent près des grandes villes, où la proximité du marché compense les coûts de production plus élevés. La production de viande bovine fait face à la concurrence du porc et de la volaille, moins chers. La production de lait souffre de la concurrence d'autres pays européens. La PAC soutient à 100 % l'aide liée à la production des vaches allaitantes et des veaux d'abattage, mais elle est dissociée à 60 % pour l'abattage des animaux adultes. En revanche, les excédents de lait ont conduit à imposer des quotas et à encourager la cessation d'activité. En conséquence, l'industrie s'est transformée vers les bovins de boucherie et la production laitière a diminué.

b) Le mouton : Il est destiné principalement à la production de viande et de lait (la laine est très secondaire). Son emplacement privilégié est l'intérieur de la péninsule sèche. Le régime extensif, prédominant, inclut la transhumance entre les pâturages d'hiver et d'été ; il est en déclin en raison de la rareté des bergers. Le système intensif d'engraissement et de traite est en augmentation, même s'il a encore peu de signification. La production de viande est basée sur des races indigènes rustiques. En revanche, la production de lait introduit beaucoup plus de races étrangères, favorisée par la forte demande pour la fabrication de fromage. La PAC a accordé des subventions substantielles à l'ovin extensif pour éviter l'abandon de l'activité. Après la dernière réforme, 50 % de l'aide est liée à la production.

c) L'élevage porcin : Il est consacré en partie à la consommation de viande fraîche et en partie à la charcuterie. Le cochon extensif, basé sur des races de qualité (porc ibérique), se trouve dans les prairies d'Estrémadure, de Zamora, de Salamanque et d'Andalousie. L'élevage intensif prédomine en Catalogne et Murcie, utilisant souvent le système d'intégration (une entreprise fournit les porcs et les aliments, tandis que l'éleveur fournit le travail et les installations). La production a augmenté grâce à la demande, mais se heurte aux surplus mondiaux. La PAC ne prévoit pas de prix minimum ni de paiements directs, seulement des subventions à l'exportation si nécessaire.

d) L'élevage de volailles : Destiné à produire de la viande et des œufs. Son emplacement en régime intensif et en système d'intégration se concentre en Catalogne, Castille-et-León et Aragon. Le système extensif (accès à l'air frais) est encore très réduit. La production de viande de poulet est inférieure à la consommation, mais la production d'œufs permet l'exportation. La PAC offre un soutien seulement pour l'exportation et peut retirer des produits du marché pour éviter la baisse des prix.

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