Évolution morphosyntaxique de l'espagnol médiéval

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Alternance entre HABER et TENER

Le phénomène observé ici concerne l'alternance entre HABER et TENER. Il s’agit d’un phénomène de sémantique et morphosyntaxe en espagnol médiéval. Contrairement à l’espagnol actuel, où TENER exprime principalement la possession et HABER fonctionne comme auxiliaire ou verbe existentiel, en espagnol médiéval, HABER et TENER pouvaient tous les deux exprimer une relation possessive. Ce phénomène trouve son origine dans l'origine latine des verbes HABERE et TENERE et la coexistence de deux verbes de possession. Plusieurs théories expliquent son évolution :

  • Molho : HABER exprime une possession inhérente, stable et permanente ; TENER exprime une possession circonstancielle.
  • Chevalier : HABER présente une relation sans début ni fin visibles ; TENER implique une relation ayant un commencement.
  • Delport : HABER implique un possesseur passif ; TENER implique un possesseur actif.

Dans l’exemple « auemos ondra », on observe l'emploi de HABER. Cette théorie semble rendre compte de cet exemple car l’honneur peut être considéré comme une caractéristique permanente. Si l’exemple ne correspond pas totalement, la théorie paraît insuffisante car elle ne permet pas de rendre compte de tous les aspects.

L'enclise et la proclise des pronoms personnels atones

Le phénomène concerne l'enclise et la proclise des PPA. Il s’agit d’un phénomène de syntaxe et morphosyntaxe. Alors qu'actuellement les PPA sont généralement proclitiques (sauf avec l'infinitif, le gérondif et l'impératif), en espagnol médiéval, l'enclise était beaucoup plus fréquente. Ce phénomène trouve son origine dans la restructuration du système syntaxique espagnol.

  • Restriction phonique : Les pronoms atones ne pouvaient apparaître au début d'un groupe phonique.
  • Chevalier : Le choix dépend de la conception du verbe (support et apport ou simple apport).

Dans l’exemple « escondióse », on observe un emploi enclitique. Cette théorie semble rendre compte de cet exemple car le sujet est omis et le verbe constitue le support et l'apport.

Les démonstratifs

Le phénomène concerne les démonstratifs. Il s’agit d’un phénomène de morphologie et sémantique. L'espagnol médiéval présentait des variantes comme aqueste ou aquesses, issues des formes latines HIC, ISTE et ILLE. Les théories de Pottier ou Menéndez Pidal expliquent la différenciation entre masculin et neutre par l'évolution du signifiant ou des racines latines. Dans l’exemple « con aqueste consseio », on observe l'emploi d'un démonstratif médiéval, représentant une étape intermédiaire dans l'évolution de la langue.

Traitement des allocutaires : TÚ / VOS / VOSOTROS

Le phénomène concerne le traitement des allocutaires. Il s’agit d’un phénomène de morphologie nominale, pragmatique et sociolinguistique. Le pronom vos pouvait exprimer la proximité, la déférence ou le pluriel. Selon Fontanella de Weinberg, vos présente une « discontinuité du spectre sémantique ». Dans l’exemple « Et vós, señor conde... », l'usage reflète une hiérarchie sociale, bien que cette explication soit parfois insuffisante car une même forme peut exprimer des relations sociales différentes selon le contexte.

Le possessif articulé

Le phénomène concerne le possessif articulé. Il s’agit d’un phénomène de morphologie nominale et syntaxe. Contrairement à l'espagnol actuel, l'article pouvait coapparaître avec le possessif antéposé (ex: los sus vecinos). Delport indique que l'article marque une relation connue, tandis que Darbord et Pottier y voient une valeur emphatique. Cette structure met en valeur le lien entre le possesseur et le possédé.

Le futur médiéval

Le phénomène concerne le futur médiéval. Il s’agit d’un phénomène de morphologie et morphosyntaxe. Le futur pouvait être analytique (leer he) ou présenter une tmèse (sacarlas hemos). Ce processus de grammaticalisation de la périphrase latine infinitif + HABERE explique pourquoi l'auxiliaire perd progressivement son autonomie. Dans l’exemple « leuarlas hemos », la présence du pronom montre que les éléments peuvent encore être séparés.

La forme en -RA

Le phénomène concerne la forme en -RA. Il s’agit d’un phénomène de morphologie verbale et sémantique. Issue du plus-que-parfait de l'indicatif latin (AMAVERAM), cette forme a évolué vers une valeur de subjonctif. L'évolution sémantique et l'attraction modale dans les phrases conditionnelles expliquent ce glissement vers l'irréel.

L'évolution de l'imparfait : -ÍA / -ÍE / -IÉ

Le phénomène concerne l'évolution de l'imparfait. Il s’agit d’un phénomène de morphologie verbale et phonétique historique. Plusieurs formes alternaient (-ía, -íe, -ié). Des théories comme celles de Hanssen ou Alvar et Pottier suggèrent des influences analogiques avec le prétérit ou des besoins de distinction entre personnes verbales.

Évolution de GELO → SELO → SE LO

Le phénomène concerne l'évolution de GELO à SE LO. Il s’agit d’un phénomène de morphologie, phonétique historique et morphosyntaxe. Le passage de gelo à selo résulte d'un assourdissement et d'une analogie avec le système pronominal. La langue tend à régulariser le paradigme des pronoms personnels au profit d'une structure plus régulière.

Évolution de DO / ONDE / DONDE

Le phénomène concerne l'évolution des adverbes de lieu. Il s’agit d’un phénomène de sémantique et morphologie. La coexistence de o, onde, do, donde reflète une étape intermédiaire de l'évolution vers la fixation de la forme moderne donde, marquée par une désémantisation et une grammaticalisation des structures analytiques.

Futur du subjonctif : évolution des formes en -RE

Le phénomène concerne le futur du subjonctif. Il s’agit d’un phénomène de morphologie verbale et sémantique. Très fréquent en espagnol médiéval, il a pratiquement disparu au profit d'autres formes. Le principe d'économie linguistique et la complexité morphosémantique expliquent son remplacement progressif.

Les parfaits forts

Le phénomène concerne les parfaits forts. Il s’agit d’un phénomène de morphologie verbale et phonétique historique. L'espagnol médiéval opposait parfaits forts (fizo, dixo) et faibles. La tendance à la régularisation des paradigmes verbaux par analogie explique la disparition progressive de certaines formes irrégulières au profit de modèles plus fréquents.

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