Fondamentaux de la Macroéconomie : Modèles et Concepts
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Les variables et les comptes nationaux
Les variables exogènes : ce sont celles qui alimentent le modèle macroéconomique.
Variables endogènes : ce sont celles qui résolvent le modèle macroéconomique.
Variables d'ajustement : ce sont celles qui permettent d'ajuster le modèle macroéconomique.
Comptes nationaux : les comptes nationaux constituent un système de comptabilité à l'échelle d'un pays. Ils servent à calculer des agrégats globaux qui sont l'objet d'étude de la macroéconomie.
Le modèle classique de l'équilibre de plein emploi
Dans ce modèle, le marché du travail est toujours au plein emploi. Il n'y a pas de chômage involontaire ; il peut toutefois exister un chômage de friction (dû au temps nécessaire pour trouver un emploi correspondant à sa formation) ou un chômage volontaire (personnes refusant le salaire offert par le marché). Le chômage classique considère le marché du travail comme un lieu d'échange entre vendeurs (travailleurs) et acheteurs (entreprises).
Concurrence et flexibilité des prix
La concurrence parfaite règne sur tous les marchés. La flexibilité des prix, qu'elle soit à la hausse ou à la baisse (y compris pour les salaires), permet à tous les marchés (biens et services, monnaie, travail, etc.) d'être toujours en équilibre. Si une demande est insatisfaite ou si l'offre est excédentaire, l'ajustement des prix veillera au rétablissement de l'équilibre.
Neutralité de la politique économique
La politique monétaire est inefficace (neutralité de la monnaie) : les variations de la masse monétaire n'affectent que le niveau des prix, sans effet sur les variables réelles (quantité demandée, production d'équilibre, salaires réels, etc.).
La politique budgétaire est également inefficace car l'économie est toujours en situation de plein emploi ; ces mesures n'entraînent finalement que des hausses de prix. En bref, l'État ne devrait pas intervenir. Ce modèle est particulièrement adapté pour expliquer le long terme.
Le modèle de plein emploi de Keynes
La propension marginale à consommer (PMC)
La propension marginale à consommer mesure l'augmentation de la consommation d'une personne lorsque son revenu augmente.
Formulation mathématique
La propension marginale à consommer est définie comme le rapport entre la croissance de la consommation et celle du revenu disponible. Elle peut être exprimée mathématiquement comme suit :
Elle explique comment les changements de revenu influencent la consommation. Dans l'analyse keynésienne, nous formulons l'expression suivante :
Cette formule est considérée comme valable pour des plages de variation de revenu où la PMC reste constante :
- C = Consommation
- Co = Consommation autonome ou fixe
- c = Propension marginale à consommer
- Yd = Revenu disponible
- (1-c) = b = Propension marginale à épargner
Variation de la PMC
Pour Keynes, la propension marginale à consommer était constante. Cela signifie qu'un pourcentage fixe de tout nouveau revenu est dépensé et le reste épargné. Cependant, cela n'est pas toujours vrai : le comportement du consommateur révèle souvent une fonction convexe du revenu disponible, ce qui signifie que :
L'emploi selon Keynes
Dans le modèle keynésien, la cause principale du chômage réside dans une demande globale insuffisante. Un simple changement négatif dans les attentes des entreprises peut entraîner une baisse de l'investissement, provoquant des réactions en chaîne et des pertes d'emplois. Le déclin du pouvoir d'achat peut alors aggraver ce cercle vicieux.
Le multiplicateur keynésien (k)
Le revenu national dépend du volume de production. Pour produire davantage, les entrepreneurs ont besoin de plus de salariés (à technologie constante). L'investissement dépend des attentes ou prévisions des employeurs quant aux rendements futurs, face à l'incertitude. Si l'entreprise investit de l'argent emprunté, les bénéfices futurs doivent être suffisants pour couvrir les intérêts.
La loi de Say et l'analyse de l'emploi
La loi de Say
La loi de Say est la réponse classique à l'argument de la demande globale insuffisante. Elle stipule que l'offre crée sa propre demande : le simple fait d'offrir des biens ou services sur le marché génère automatiquement une demande équivalente.
Loi de Say et plein emploi
Les économistes classiques se sont concentrés sur la formation des prix et la croissance, mais peu sur le plein emploi. Seul Malthus a accepté la thèse de la sous-consommation, sans toutefois élaborer une position totalement cohérente sur le caractère automatique de l'emploi.
L'inflation : Définition et mesure
L'inflation est la croissance continue et généralisée des prix des biens et services. Certains auteurs lient ce problème au comportement des coûts (notamment les salaires), tandis que d'autres l'attribuent à l'excès de dépenses.
Mesure de l'inflation
L'Indice des Prix à la Consommation (IPC)
L'IPC est la mesure la plus utilisée pour représenter le niveau général des prix à un moment donné. Il se base sur un panier de produits et services représentatifs.
Le déflateur du PIB
Il faut distinguer les quantités nominales des quantités réelles. Le PIB nominal n'élimine pas l'effet des prix, contrairement au PIB réel.
Le déflateur est un indice de prix qui convertit un montant nominal en montant réel. Comme le PIB couvre toute l'activité économique, son déflateur est l'indice le plus complet pour indiquer l'évolution des prix.
Causes et explication de l'inflation
On distingue deux théories principales : l'inflation par la demande et l'inflation par les coûts. Dans l'approche keynésienne, si la demande globale dépasse la production totale, le niveau des prix augmente.
Le chômage : Types et causes
Les différents types de chômage
- Le chômage saisonnier : causé par les variations de la demande de travail à certains moments de l'année.
- Le chômage conjoncturel (ou cyclique) : lié aux fluctuations du rythme de l'activité économique.
- Le chômage frictionnel : concerne les personnes cherchant un meilleur emploi ou déménageant vers une région plus prospère.
Causes et effets du chômage
L'apparition du chômage s'explique par la performance du marché du travail ou le niveau de la demande globale. C'est un problème majeur impactant les chômeurs eux-mêmes, le monde du travail et l'économie globale.
La courbe de Phillips
Elle suggère une intervention de l'État pour promouvoir l'emploi lors des ralentissements économiques.
Demande globale et d'intervention de l'État
L'entrée du secteur public dans le flux circulaire des revenus introduit des entrées et des sorties. Les sorties sont l'épargne et les impôts nets (T). Les entrées sont les dépenses publiques (G) et l'investissement (I). À l'équilibre :
A + T = G + I
L'approche keynésienne préconise une utilisation active de l'intervention gouvernementale pour modérer les cycles économiques. La demande globale (DA) s'exprime alors ainsi :
DA = C + I + G
L'inclusion des dépenses publiques déplace la courbe DA verticalement vers le haut.
Si les impôts nets sont proportionnels au revenu et les dépenses publiques fixes, plus le revenu augmente, plus le déficit diminue (ou l'excédent augmente).
La monnaie et le modèle IS-LM
La masse monétaire est le montant total d'argent circulant dans l'économie. La demande de monnaie répond à deux fonctions : moyen de paiement et réserve de valeur.
Keynésianisme vs Monétarisme
Pour les keynésiens, trois motifs justifient la demande de monnaie :
- Les transactions courantes des particuliers et entreprises.
- La prudence face aux imprévus.
- La spéculation, lorsque le rendement des autres actifs (obligations) est insuffisant.
Le modèle IS-LM
Ce modèle montre l'interaction entre le marché des biens (courbe IS) et le marché monétaire (courbe LM). Le premier détermine le revenu réel et le second le taux d'intérêt.
- I : Excès d'offre de biens et excès de demande de monnaie.
- II : Excès de demande de biens et excès de demande de monnaie.
- III : Excès de demande de biens et excès d'offre de monnaie.
- IV : Excès d'offre de biens et excès d'offre de monnaie.
La courbe IS montre l'équilibre entre investissement et épargne. Elle est décroissante car une baisse du taux d'intérêt stimule l'investissement et la production. La courbe LM montre l'équilibre monétaire ; elle est croissante car un revenu plus élevé augmente la demande de monnaie et donc le taux d'intérêt. Le point E représente l'équilibre simultané sur les deux marchés.