Les fondements de l'action morale

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L'action morale

Aucun peuple n'est amoral
Les gens sont moraux parce qu'agir implique inévitablement de choisir entre différentes possibilités et de continuer à justifier notre choix. Par conséquent, nul ne peut être amoral, même si l'on peut se comporter moralement ou immoralement.

Forger des caractères

Nous sommes nés avec un tempérament, un ensemble de sentiments et de passions, ainsi qu'un esprit et un caractère qui nous sont donnés naturellement et socialement. Mais on peut acquérir un caractère nouveau en choisissant pour nous-mêmes les meilleures propriétés que nous façonnons.

Les êtres humains, par leur nature et leurs propriétés, ont nécessairement la propriété. Pour s'approprier une nouvelle propriété, il est nécessaire de répéter les actes dans la même direction, obtenant ainsi un comportement. Si de bons résultats sont obtenus, ils sont appelés vertus ; si nous agissons mal, ils sont appelés vices.

La conscience

Elle permet de saisir les principes par lesquels on distingue le bien moral et le mal. La conscience formule aussi des jugements pratiques.

La meilleure façon de comprendre ce qui est requis est d'appliquer un principe moral.

La conscience a une troisième fonction : l'autocritique (la culpabilité).

Nous ne pouvons parler de responsabilité que si nous nous référons à des êtres libres et conscients, qui ont la capacité d'être maîtres de leurs actions.

La liberté et le déterminisme

Liberté externe et interne

  • Externe : Personne ne nous empêche de bouger et d'agir comme bon nous semble, dans la mesure permise par les lois et les coutumes du pays.
  • Interne : Consiste à être en mesure de décider pour soi-même de ce qui nous concerne ; c'est la liberté d'aimer une chose ou une autre. On l'appelle aussi le libre arbitre.

Priver une personne de sa liberté intérieure nécessite de passer outre sa volonté à travers les stupéfiants, l'hypnose, les techniques de contrôle de l'esprit...

Liberté interne et déterminisme

Si la liberté intérieure est le pouvoir de la volonté d'agir d'une manière ou d'une autre sans y être contraint, elle doit être en mesure d'entreprendre une série d'actions sans que l'acte qui commence la série n'ait une cause, car alors l'acte ne serait pas libre. Deux attitudes existent :

  • Déterministe : Elle est convaincue que rien ne se passe sans motif.
  • Indéterministe : Nous agissons spontanément, bien que nous soyons conditionnés à agir d'une façon ou d'une autre.

Conditionnement et détermination

  • Être conditionné : L'homme n'a pas une liberté absolue et totale, mais il conserve suffisamment de liberté pour lui permettre d'être responsable de ses propres actions.
  • Être déterminé : Nie absolument la possibilité d'agir librement.

La liberté humaine est conditionnée par le tempérament avec lequel nous sommes nés, par l'environnement social et l'éducation... Donc nous ne sommes pas tout à fait libres. Mais ces facteurs ne nous empêchent pas de prendre l'initiative d'agir, c'est-à-dire d'agir librement, sauf dans des cas exceptionnels.

Le déterminisme cosmologique : le destin

Les stoïciens ont constaté que tout a une raison, et cela commence par une action appelée loi qui régit l'univers, laquelle est liée au destin.

Ils créent l'idéal du sage, pour qui tout le bonheur est entre les mains du destin, visant à assurer la tranquillité d'esprit. La nonchalance est la seule source de bonheur.

Cela commence par faire une distinction entre deux mondes :

  • La liberté intérieure (elle est entre nos mains)
  • La liberté extérieure (le destin ne dépend pas de nous)

Le déterminisme théologique : la prédestination

La Réforme protestante et la Contre-Réforme catholique disent que si Dieu sait tout, c'est parce qu'il a disposé toutes choses à sa discrétion. Mais alors, pourquoi les gens assumeraient-ils la responsabilité de leurs actions et parleraient-ils de péché, de repentance, de pardon et de salut ?

Le déterminisme scientifique

Il consiste à rendre compte du comportement humain d'après les explications que peut offrir une science donnée. Cette façon de penser est construite sur le réductionnisme.

  • L'hérédité : Les courants sociobiologiques situent dans le patrimoine génétique de chacun de nous les causes de toutes nos actions.
  • Le déterminisme psychologique : Notre comportement est régi par le motif qui exerce la plus grande attraction sur notre volonté, ainsi notre comportement est rationnel et non arbitraire.

Critique du déterminisme

Kant a proposé une distinction entre deux façons d'utiliser l'idée de cause dans la recherche scientifique :

  • L'usage régulateur : Enquêter sur tous les phénomènes comme s'ils étaient toujours produits par une cause.
  • L'usage constitutif : Croire que la structure même de la réalité est causale.

La liberté de l'homme

Notre liberté est conditionnée par de nombreux facteurs et possède une base biologique en vertu de laquelle l'homme saisit, au milieu des possibilités, celles qu'il doit choisir et justifier.

La liberté humaine est véritablement atteinte grâce à des projets d'humanisation, toujours ouverts, à la fois personnels et partagés.

La liberté comme autonomie

La liberté de choix

La liberté est la capacité de la volonté de choisir entre différentes possibilités, après une délibération dans laquelle on pèse les avantages et les inconvénients des actions possibles. Les conditions nécessaires sont :

  • Que notre volonté ne soit pas déjà déterminée à agir.
  • Qu'elle ne soit pas arbitraire. La simple indifférence face à deux biens qui nous attirent ne suffit pas, car le choix serait alors irrationnel et arbitraire.
  • Que nous ayons de bonnes raisons de choisir après délibération.

C'est la façon de comprendre la liberté de ceux qui croient que la rationalité humaine suit une logique économique, choisissant toujours de maximiser les avantages et de minimiser les coûts.

Toutefois, dans ces cas, le seul choix s'exerce sur les moyens d'atteindre une fin.

Le concept d'autonomie

Kant propose que les gens puissent choisir à la fois les moyens et les fins, c'est-à-dire que nous soyons autonomes. Kant appelle loi de la liberté ou loi morale celle par laquelle nous nous donnons nos propres lois, ce qui nous rend libres.

Il y a au moins deux points de vue sur la liberté :

  • Les événements extérieurs à la volonté de l'individu. De là, on peut parler de lois naturelles auxquelles nous sommes soumis en tant qu'êtres physiques.
  • La volonté humaine, capable d'initier une série d'effets, et qui est donc libre. On peut parler de lois de la liberté, données par les êtres rationnels, qui nous permettent d'organiser notre vie et d'humaniser les moyens de coexistence.

La maturité morale : de l'hétéronomie à l'autonomie

Certains psychologues ont interprété la conscience morale comme la capacité de porter des jugements sur le bien et le mal, et ont étudié la façon dont cette capacité évolue et se développe. La maturité morale est un processus qui commence par l'hétéronomie morale et se termine par l'autonomie morale. Elle comporte trois niveaux exprimant trois scénarios possibles dans l'acquisition de l'autonomie morale :

Niveau préconventionnel : L'individu ne considère que ce qui convient à ses propres intérêts. Les normes ne sont respectées qu'en raison des conséquences qu'elles pourraient entraîner (évitement des punitions ou obtention de récompenses). Ce niveau est le plus immature, car les individus sont mus par leurs pulsions égoïstes et ne sont donc pas autonomes, mais hétéronomes. Ils ne comprennent que ce qui est bon pour eux.

Niveau conventionnel : Il désigne une personne considérée comme juste, qui se conforme aux lois de sa propre société. La personne se considère comme membre d'une communauté et soutient ses politiques, ses règles et ses principes. Ces individus sont tout à fait hétéronomes car, même s'ils contrôlent leurs pulsions égoïstes, ils le font pour s'adapter aux normes de leur société. Est bon tout ce qui est considéré comme normal dans leur société.

Niveau postconventionnel : Les personnes font la distinction entre les règles de leur société et les principes moraux universels. Elles sont autonomes et leur comportement est régi par des principes que leur propre conscience reconnaît universellement comme obligatoires. Ces personnes se considèrent comme membres d'une communauté humaine, de sorte que la justice particulière est inséparable de la solidarité mondiale. L'autonomie représente alors le plus haut degré de maturité morale.

La personne en voie de maturité morale doit aussi évoluer dans les valeurs du soin. Au-delà de la réalisation de l'équité, nous devons développer un sentiment de compassion et de responsabilité envers ceux qui ont besoin d'aide, en commençant par les plus proches.

La responsabilité

Qu'est-ce que la responsabilité ?

Le mot responsabilité signifie justifier une action qui a été mise en doute, ou réparer les dommages causés.

Nous pouvons aussi parler de la responsabilité du sujet moral, qui est un phénomène subjectif de la conscience morale.

Cela signifie que c'est l'auteur qui se sent responsable de ses actes, sans l'intervention de tribunaux extérieurs, face à sa seule conscience ; la peine est infligée par la personne elle-même, sous la forme d'un sentiment de désapprobation que nous appelons le remords.

Être moralement responsable d'une action signifie :

  • Que celui qui a agi l'a fait librement et doit admettre qu'il aurait pu ne pas réaliser l'action ou l'avoir faite autrement.
  • Que celui qui agit soit en mesure de répondre des mesures prises, en précisant les raisons ou les motifs qui l'ont poussé à agir de cette façon.
  • Qu'il accepte les conséquences (bonnes ou mauvaises) résultant de l'action.

Conviction et responsabilité

L'éthique de la conviction est celle d'une personne qui essaie d'agir en conformité avec les principes et les valeurs morales, sans tenir compte des conséquences possibles de ses actions.

En revanche, l'éthique de responsabilité met l'accent sur les conséquences probables d'une action, indépendamment des principes de base ou des valeurs dont elle s'inspire.

Ces deux formes d'action morale sont opposées mais complémentaires.

La responsabilité dans le monde d'aujourd'hui

Tout au long du XXe siècle s'est développée une conscience planétaire. À la suite des progrès scientifiques et technologiques, nous affrontons des problèmes qui ne peuvent être résolus par un petit nombre de pays, mais qui exigent la coopération et la responsabilité de tous.

  • Le principe de responsabilité : Nous devons changer notre idée du progrès afin d'assumer de façon responsable les conséquences de nos actions, dans le but de laisser aux générations futures un monde au moins aussi habitable que celui que nous avons trouvé.
  • Des citoyens responsables : Le vrai citoyen ne se limite pas à revendiquer ses droits, mais participe aussi activement et de façon responsable aux questions qui nous touchent tous. L'idéal auquel il aspire est celui du citoyen cosmopolite.
  • La responsabilité des professionnels : Des déontologies professionnelles ont été élaborées pour étudier les besoins et les valeurs morales propres à chaque profession. C'est savoir ce que sont les biens internes.

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