Le Franquisme : Histoire, Politique et Culture
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Chronologie du franquisme (1938-1953)
9 mars 1938 (influence ultérieure) : promulgation du Fuero del Trabajo, première loi fondamentale qui a structuré le régime syndical.
1er avril 1939 : fin de la guerre civile espagnole ; Franco annonce la victoire définitive.
9 août 1939 : promulgation de la première loi sur la réorganisation de l'administration centrale de l'État.
23 octobre 1940 : rencontre de Hendaye entre Franco et Hitler, définissant la position neutre de l'Espagne pendant la Seconde Guerre mondiale.
17 juillet 1942 : promulgation de la loi constitutive des Cortes, instaurant une démocratie organique.
17 juillet 1945 : promulgation du Code des Espagnols, une tentative de donner l'apparence d'un régime libéral après la défaite fasciste.
12 décembre 1946 : l'ONU recommande l'isolement diplomatique de l'Espagne et le retrait des ambassadeurs.
26 juillet 1947 : loi sur la succession à la tête de l'État ; l'Espagne se définit comme un royaume et Franco est consacré à vie.
27 août 1953 : signature du Concordat avec le Saint-Siège, mettant fin à l'isolement international.
26 septembre 1953 : signature des Accords de Madrid avec les États-Unis, alliance militaire et économique.
Concepts clés du régime franquiste
Technocratie (technocrates) : à partir de 1957, Franco confie les postes économiques à des membres de l'Opus Dei (technocrates), remplaçant les phalangistes « purs ». Leur objectif est de moderniser l'économie espagnole, mettant fin à l'autarcie.
Plan de stabilisation (1959) : concept économique majeur qui marque la fin de l'autarcie. Il libéralise l'économie, ouvre le pays aux investissements étrangers et relance la croissance.
« Desarrollo » (développementalisme) : le franquisme fonde sa légitimité non plus uniquement sur la victoire militaire de 1939, mais sur la croissance économique rapide et l'élévation du niveau de vie au cours des années 1960.
Société de consommation : l'Espagne se transforme : industrialisation, essor du tourisme, urbanisation et émergence d'une classe moyenne. La société évolue plus vite que la politique.
Ouverture / Aperturismo (limité) : le régime tente de se donner une image plus moderne pour s'intégrer en Europe, notamment via la Loi organique de l'État (1967), bien que la dictature reste autoritaire.
Syndicat Vertical (Organisation Syndicale Espagnole) : le seul syndicat autorisé, regroupant patrons et ouvriers sous le contrôle de l'État, qui tente de gérer les relations sociales, bien que des mouvements ouvriers clandestins (commissions ouvrières) se développent.
Néo-franquisme / « Bunker » : un mouvement conservateur qui, vers la fin du régime, s’opposait à toute forme d’ouverture et prônait un retour aux principes originels de la Phalange (1937), en réaction aux réformes économiques et sociales.
Transition (à ses débuts) : malgré la volonté du régime de se perpétuer, il a institutionnalisé sa succession (la loi de 1969 désignant Juan Carlos comme futur roi), ce qui a conduit à la fin de la dictature.
Politique extérieure du franquisme
La politique extérieure du franquisme entre 1939 et 1955 a traversé trois étapes fondamentales : pendant la Seconde Guerre mondiale, elle est passée d'une neutralité initiale à la non-belligérance et à l'envoi de la Division Bleue en soutien à l'Axe, avant de revenir à la neutralité en 1943 face à l'avancée des Alliés.
Après la défaite de l'Axe en 1945, le régime a subi un fort isolement international qui a pris fin en 1953 grâce au contexte de la Guerre froide, lorsque l'Espagne est devenue un allié anticommuniste stratégique pour les États-Unis, signant des accords qui incluaient le Concordat avec le Saint-Siège et la cession de souveraineté territoriale pour des bases militaires et des armes.
Cette étape a culminé avec son entrée à l'ONU en 1955, réalisant une normalisation diplomatique partielle, bien que le pays soit resté en marge du processus de construction européenne et de l'OTAN, se maintenant comme une exception dictatoriale au sein du bloc occidental.
Évolution artistique et architecturale
Années 50 : modernité et fonctionnalisme
Style : abandon de l'historicisme au profit d'un design rationnel, adapté au climat et à la lumière.
Œuvres et auteurs clés :
Casa Ugalde (Coderch)
Casa Sert (José Luis Sert)
Années 60 : abstraction et figuration
Style : liberté formelle et ouverture sur le panorama international.
Œuvres et auteurs clés :
Vista de la Gran Vía (Antonio López)
Artistes remarquables : Antonio Saura, Rafael Canogar, Juana Francés
Retrato imaginario de Felipe II
Années 70 : brutalisme et audace
Style : architecture marquée par le béton apparent, des géométries fortes et l'influence postmoderne (reflétant le changement sociopolitique).
Œuvres et auteurs clés :
La Muralla Roja (Ricardo Bofill)
Torre de Valencia (Javier Carvajal)
Torre del Banco de Bilbao (Sáenz de Oiza)
Chronologie récapitulative (1938-1953)
9 mars 1938 (influence ultérieure) : promulgation du Fuero del Trabajo, première loi fondamentale qui a structuré le régime syndical.
1er avril 1939 : fin de la guerre civile espagnole ; Franco annonce la victoire définitive.
9 août 1939 : promulgation de la première loi sur la réorganisation de l'administration centrale de l'État.
23 octobre 1940 : rencontre de Hendaye entre Franco et Hitler, définissant la position neutre de l'Espagne pendant la Seconde Guerre mondiale.
17 juillet 1942 : promulgation de la loi constitutive des Cortes, instaurant une démocratie organique.
17 juillet 1945 : promulgation du Code des Espagnols, une tentative de donner l'apparence d'un régime libéral après la défaite fasciste.
12 décembre 1946 : l'ONU recommande l'isolement diplomatique de l'Espagne et le retrait des ambassadeurs.
26 juillet 1947 : loi sur la succession à la tête de l'État ; l'Espagne se définit comme un royaume et Franco est consacré à vie.
27 août 1953 : signature du Concordat avec le Saint-Siège, mettant fin à l'isolement international.
26 septembre 1953 : signature des Accords de Madrid avec les États-Unis, alliance militaire et économique.