Le Front Populaire et la France de 1936 à 1946
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Le Front Populaire (1936-1938)
Le Front Populaire était une coalition politique en France dirigée par le socialiste Léon Blum. Après avoir remporté les élections de mai 1936, le gouvernement a mis en œuvre une série de réformes majeures :
- Des augmentations de salaire ;
- La signature d'accords de travail ;
- L'introduction de deux semaines de congés payés ;
- La limitation de la journée de travail à 40 heures par semaine.
Des nationalisations ont également eu lieu dans des secteurs clés de l'économie, tels que l'industrie de l'armement et les chemins de fer. Des programmes de travaux publics ont été annoncés et une politique culturelle a été promue, comprenant l'expansion de l'éducation obligatoire et l'accès des travailleurs à la culture.
La désintégration de la gauche
La désintégration de la gauche pendant la période du Front Populaire en France a été causée par des divergences concernant la Guerre Civile Espagnole et la politique de non-intervention adoptée en août 1936. Malgré le danger hitlérien, le gouvernement du Front Populaire a décidé en septembre 1936 de mettre en œuvre des programmes ambitieux de Défense Nationale, ce qui a entraîné une augmentation du déficit budgétaire. Cependant, des mesures telles que l'augmentation des salaires et la réduction de la durée du travail ont provoqué plus d'inflation que de relance économique. Face au refus du Sénat d'accorder des pleins pouvoirs financiers en juin 1937, le gouvernement de Léon Blum a été contraint de démissionner, reportant ainsi d'importantes réformes et projets.
L'espoir des travailleurs et les accords de Matignon
L'arrivée du Front Populaire au pouvoir représentait un espoir pour les travailleurs qui avaient souffert des effets de la crise depuis plusieurs années. Pour être entendus et obtenir les réformes sociales promises, ils ont organisé des grèves et des occupations d'usines et de magasins sans violence, alors que près de deux millions de travailleurs étaient au chômage. Dans la nuit du 7 au 8 juin, les accords de Matignon ont été signés avec les représentants patronaux et syndicaux. Ces accords prévoient des augmentations de salaires et l'élection de délégués syndicaux dans les usines. Dans les jours qui ont suivi les accords de Matignon, des décisions encore plus importantes ont été prises pour les travailleurs.
La France sous Daladier (1938-1940)
Un gouvernement d'union nationale
Après la chute de Léon Blum en juin 1937, le déclin du Front Populaire commence. Léon Blum redevient président du Conseil en mars 1938, mais son second ministère est de courte durée en raison du refus du Sénat d'approuver son projet de contrôle des changes. Édouard Daladier, chef du Parti radical, forme alors un gouvernement d'union nationale.
Munich ou le choc politique de 1938
La menace hitlérienne prend désormais le pas sur les préoccupations intérieures. Hitler exige l'annexion du Sudètenland (les Sudètes), région peuplée d'Allemands en Tchécoslovaquie. Face à la fermeté initiale du gouvernement Daladier, les Britanniques préconisent une politique d'apaisement. À la conférence de Munich en septembre 1938, le Sudètenland est cédé à Hitler en échange de la promesse de ce dernier de ne plus revendiquer de territoires. Cette capitulation diplomatique divise profondément les Français entre les partisans et les détracteurs de l'accord. Daladier, méfiant envers Hitler, voit Munich comme un répit nécessaire pour se préparer militairement en vue d'une guerre imminente.
Le redressement de 1939
En novembre 1938, Paul Reynaud devient ministre des Finances et met en place des mesures de libéralisme économique, telles que la réduction des dépenses civiles, l'augmentation des impôts et l'assouplissement de la loi des quarante heures. Malgré l'approbation du patronat, ces actions provoquent une grève générale sévèrement réprimée par le gouvernement Daladier le 30 novembre. La reprise économique est significative à partir de 1939, en grande partie grâce au réarmement lancé en 1936. Cependant, l'agression d'Hitler envers la Tchécoslovaquie et la Pologne pousse la France et l'Angleterre à mettre fin à la politique d'apaisement, déclenchant ainsi la Seconde Guerre mondiale en septembre 1939.
Le gouvernement provisoire (1944-1946)
Après la formation du gouvernement de Pétain, Charles de Gaulle décide de s'exiler à Londres. Le 18 juin 1940, il lance un appel à la Résistance et encourage les soldats français à poursuivre la lutte contre l'armée allemande aux côtés de l'Empire britannique. Le 3 juin 1944, à Alger, De Gaulle met en place le Gouvernement Provisoire de la République Française (GPRF), prêt à assumer les responsabilités du pouvoir dès la libération de la France. Le 25 août 1944, Paris est libéré et le 8 mai 1945, l'Allemagne capitule. Le gouvernement provisoire dirigé par le général de Gaulle entreprend de grandes réformes :
- Création de la Sécurité sociale ;
- Obtention du droit de vote pour les femmes ;
- Nationalisation de grandes entreprises.