Giuseppe Verdi : L'Évolution du Mélodrame Italien

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L'œuvre de Giuseppe Verdi (1813-1901)

  1. Verdi (1813-1901) et la Trilogie populaire : Elle marque l'apogée du mélodrame italien. Le contexte a changé : on ne cherche plus l'unité patriotique, mais un mélodrame populaire. On observe une évolution de l'écriture et de la conception dramatique globale (influencée par des séjours à Paris et en Allemagne). Le héros et la mélodie sont vocalisés, et le vocal devient pleinement expressif.
  2. Rigoletto (1851) : Inspiré de Le roi s'amuse de Victor Hugo. Il intègre des récitatifs accompagnés et une formule rythmique (sorte de leitmotiv du destin, rire grotesque). Le Quatuor célèbre exprime simultanément : l'amour (Gilda, soprano), la gaieté (le Duc, ténor), la tristesse (Maddalena, mezzo) et le sinistre (Rigoletto, baryton).
  3. Le Trouvère (1853) : Souvent jugé incompréhensible en raison d'un mauvais découpage et de personnages à la psychologie mal définie ; le sujet est particulièrement violent.
  4. La Traviata (1853) :
    • Acte I : Folie amoureuse et vocalises brillantes.
    • Ouverture : Influencée par Lohengrin (1850), c'est un vrai morceau d'orchestre témoignant d'une évolution stylistique.
    • Le Bel canto est abordé d'une nouvelle manière ; le personnage de Violetta annonce les grandes héroïnes.
    • L'orchestre traduit les éléments du drame (influence de Roméo et Juliette de Berlioz).
    • Acte III : Prélude (passage du Majeur au mineur).
    • Inspiré de La Dame aux Camélias (A. Dumas, 1840). Cette pièce d'actualité a subi la censure, obligeant à reculer l'action dans le passé jusqu'en 1905.
    • Échec initial (sujet situé à Paris, aristocratie parisienne de 1835-40 ou impositions des chanteurs).
  5. Ralentissement de la production : À partir de 1853, le rythme baisse avec seulement trois opéras entre 1857 et 1867.
  6. Période parisienne :
    • Les Vêpres siciliennes (1855, grand-opéra historique).
    • Le Bal masqué (1859, situé en Suède, puis déplacé à Boston par la censure ; marque une évolution).
    • Don Carlo (1867) : Replace l'histoire à l'époque de Charles Quint. Succès mitigé. C'est une œuvre plus intérieure, centrée sur des personnages masculins aux tessitures graves. Verdi repense ses opéras sans cesse.
  7. Saint-Pétersbourg : La Force du destin (1862). Malgré une petite régression stylistique, c'est un succès qui confirme la supériorité italienne.
  8. Aïda (1870) : Composé pour l'ouverture du Canal de Suez. Verdi veut imposer l'art italien avec une musique 100 % italienne. C'est une synthèse entre le grand-opéra français (décors, marches), l'opéra italien (travail orchestral) et les principes allemands (grande unité dramatique). On n'y trouve aucun élément d'Afrique du Nord ou d'Égypte. Après cela, Verdi a l'envie de s'arrêter : il ne composera que deux opéras en trente ans.
  9. Œuvres de Shakespeare (Boito, librettiste) : À la fin des années 1890, sous l'influence du vérisme et de Wagner.
    • Otello (1885) : Influence de Wagner sensible. Le drame prime dès le premier moment avec de vrais personnages vivants (Otello et Desdémone). Utilisation de la déclamation (Arioso accompagné). L'orchestre devient un véritable personnage du drame.
    • Falstaff (1893) : Un opéra-comique.
  10. Évolution finale : Le Bel canto évolue vers une sobriété dramatique et une recherche de vérité. L'orchestre prend de l'importance et les personnages bénéficient de psychologies plus travaillées.

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