Guide des supports et techniques de peinture et dessin

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1. Les supports

Le support est la peinture ou le dessin, l'élément récepteur. Sa fonction n'est pas passive ; les actes s'expriment à travers les qualités matérielles et formelles.

1.1. Propriétés matérielles des supports

Le comportement physique des matériaux qui forment le support donne une série de qualités : l'absorption, la flexibilité, la transparence et la texture. Nous pouvons donc obtenir :

  • Absorbants : Papier, murs de plâtre, etc.
  • Flexibles : Papier, cartoline, chiffon.
  • Rigides : Mur préparé, planche de bois (fusta), céramique...
  • Transparents : Papier végétal, celluloïd, acétate...
  • Opaques : Tissu, papier, planche de bois (fusta), mur...
  • Lisses : Cartolines, papiers satinés...
  • Texturés : Papier à grain, mur, planche de bois (fusta)...

Procédés et supports associés

  • Pastel : Papier
  • Détrempe : Tissu, planche de bois (fusta)
  • Fresque : Mur
  • Collage : Papier, carton, tissu, divers...
  • Aquarelle : Papier
  • Cire : Papier, planche de bois (fusta)
  • Gouache : Papier
  • Huile : Tissu, planche de bois (fusta)

1.2. Propriétés formelles des supports

La forme du support est intimement liée à la composition de l'œuvre. En la choisissant, nous devons évaluer sa valeur expressive comme format. Dans un format rectangulaire, selon la prédominance de la logique, deux positions sont possibles : la verticalité ou l'horizontalité (prédominance reposée et stable).

1.3. Formats normalisés

Internationalement, un accord a été pris quant aux formats afin d'unifier les mesures, ce qui est important pour l'industrie, la fabrication d'objets et le commerce divers.

Mesures de châssis universels : On utilise en peinture les formats F (Figure), P (Paysage) et M (Marine). Le nombre indique la taille ; chaque numéro correspond à trois formats rectangulaires obtenus en réduisant le petit côté du rectangle de base.

2. Supports : papier, bois, tissu

Grammage (poids au mètre carré) :

  • Papier : 70 à 180 g/m²
  • Cartoline : 180 à 250 g/m²
  • Carton léger : 250 à 400 g/m²
  • Carton : plus de 400 g/m²

3. Introduction aux procédés picturaux

La peinture est composée de deux éléments basiques : les pigments et les liants. Les pigments sont des substances minérales, synthétiques ou végétales de diverses couleurs, obtenues de manière organique ou chimique, présentées sous forme de poudre colorée.

Les liants sont les éléments qui agglomèrent cette poudre et la font adhérer au support sur lequel on l'applique.

3.1. Classification traditionnelle

D'après l'échelle traditionnelle, il existe différents degrés de luminosité selon le procédé :

  • Pastel : Luminosité maximale car il n'y a presque pas de liant. C'est du pigment pur en poudre avec un léger cohésif (colle) pour former des barres.
  • Fresque : Technique utilisée depuis l'Antiquité pour les peintures murales (époque romane). Le liant est la chaux du mur.
  • Aquarelle : Procédé aqueux où l'eau est le diluant et la gomme arabique le liant.
  • Gouache (Tempera) : Pigments mélangés à de la gomme arabique ou de la colle de peau, avec l'ajout de substances neutres (charges) pour donner du corps et de l'opacité.
  • Détrempe à l'œuf : Très utilisée avant la découverte de l'huile. Le liant est le jaune d'œuf mélangé à une émulsion d'eau, d'huile et de lin.
  • Détrempe à la colle : Utilise divers types de colles (peau, poisson, caséine) et de l'eau pour diluer.
  • Peinture acrylique ou vinylique : Produits de synthèse industrielle (molécules en chaîne) offrant une grande résistance.
  • Peinture à l'huile : Découverte par les frères Van Eyck au XVe siècle. Le liant commun est l'huile de lin, qui forme une pellicule flexible, solide et insoluble en séchant.
  • Cires (Encaustique) : Procédé ancien. Aujourd'hui, on trouve des barres de cire colorées très utilisées à l'école, bien que leur capacité de mélange soit limitée.
  • Collages : Procédé n'utilisant pas forcément de pigments, mais s'appropriant les qualités de divers matériaux (textures, couleurs) pour former une composition organisée.

4. Matériaux divers de l'usage artistique

Autrefois, le peintre fabriquait ses matériaux. Aujourd'hui, le commerce offre des produits prêts à l'emploi. Il est recommandé d'utiliser des ustensiles adéquats et en parfait état de conservation.

  • Pinceaux : Faits de poils d'animaux. La flexibilité et la forme dépendent de l'usage (poils mous pour l'aquarelle, poils de martre ou de porc pour les peintures denses).
  • Aérographes : Pulvérisateurs d'air comprimé couplés à un petit moteur, utilisés pour le design graphique.
  • Crayon graphite : Mine de graphite à l'intérieur d'une enveloppe de bois.
  • Fusain ou crayon composé : Pour des noirs intenses, idéal pour le clair-obscur et les dégradés.
  • Crayon sépia : Brun foncé, utilisé pour les croquis et les portraits.
  • Sanguine : Variante rouge pour des tons chauds.
  • Crayons de couleur : Souvent sous-évalués, ils offrent pourtant de grandes possibilités artistiques.
  • Barres Conté : Plus grasses et concentrées, faciles à étaler mais nécessitant un fixateur.
  • Fusain (bois carbonisé) : Bâtons de saule ou de vigne pour les esquisses.
  • Pastel : Pigment avec un peu de gomme arabique, apparu au XVIIIe siècle.
  • Craies : Calcite pulvérisée et agglomérée.
  • Encres (Chine, sépia) : Utilisées par les Égyptiens et les Chinois, diluables à l'eau.
  • Plumes et calames : Outils de traçage anciens.

Techniques spécifiques

1. Le crayon

Outil essentiel pour la composition expressive. Historiquement, on utilisait la pointe d'argent (plomb et étain). Le graphite a été découvert en Bavière en 1400, mais n'a été nommé qu'en 1789. Les premiers crayons modernes datent de 1662. En 1761, Faber commence la fabrication. Napoléon a favorisé le mélange argile/graphite cuit au four.

2. Le fusain (Carbonet)

Moyen instable et poudreux, idéal pour les croquis rapides. On peut l'estomper avec de la mie de pain, une gomme mie de pain, du tissu ou les doigts. Il nécessite un fixateur (laque). C'est un milieu artistique très ancien (préhistoire).

Fabrication : Branches de sureau bouillies, pelées, séchées puis carbonisées au four à haute température sans air.

Types :

  • Fusain naturel : Différents diamètres (la vigne est fine).
  • Fusain comprimé : Pigment noir mélangé à un liant, plus difficile à effacer, pour des noirs denses.
  • Fusain à l'huile : Bâtons trempés dans l'huile pendant 24h pour éviter le séchage rapide.

3. Le pastel

Pigment pur avec très peu de liant. Les barres peuvent être dures, semi-dures ou tendres. C'est un médium fragile et instable qui doit être fixé avec prudence. Très populaire au XVIIIe siècle avec des artistes comme Rosalba Carriera, Quentin de la Tour et plus tard Edgar Degas.

Technique de Degas : Utilisation de traits vigoureux sur fond flou, superposition de tons (orange-violet sur vert) pour les carnations.

Conservation : Conserver au sec, sous verre, avec un carton absorbant et du papier ciré pour éviter les champignons.

4. Techniques classiques

Pour les portraits, on commence par un dessin au crayon, puis on établit les tons (jaunes et roses pour la lumière) avant de réaliser des fusions avec des estompes. Pour les paysages, la texture du papier est primordiale pour saisir les différents tons.

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