Histoire et enjeux de l'immigration en France

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L'évolution de l'immigration en France

Du milieu du XIXe siècle jusqu’aux années 1970, la principale cause d’immigration en France est l’immigration économique, due au besoin français de main-d’œuvre et au besoin du migrant de subvenir à ses besoins, celui-ci arrivant généralement d’un pays défavorisé. Ainsi, par exemple, les Kabyles d'Algérie contribuent massivement aux premières vagues d'émigration algérienne vers la France, à partir de la fin du XIXe siècle, pour des raisons économiques mais aussi pour échapper à l'islam.

La transition vers l'immigration familiale

À partir de 1975, l’immigration pour motif familial prend une place prépondérante :

  • Jusqu'au début des années 2000 : il s'agit surtout du regroupement familial, qui permet à un étranger séjournant régulièrement en France d'y faire venir sa famille.
  • Ensuite : il s'agit surtout du rattachement de membres étrangers à une famille possédant déjà la nationalité française.

Langue et intégration : les enjeux législatifs

La familiarité avec la langue française des populations de l’Afrique francophone, ou de certains pays européens où cette langue est ou a été populaire (Roumanie, Russie), peut également être un critère de sélection de la France comme pays de destination. Par ailleurs, la loi française du 24 juillet 2006 relative à l'immigration et à l'intégration demande à l’étranger installé en France et souhaitant s’y maintenir durablement la « reconnaissance de l’acquisition d’un niveau satisfaisant de maîtrise de la langue française » et la remise à l’étranger d’un document permettant de s’assurer de l’assiduité de celui-ci aux formations qui lui sont dispensées.

Défis sociaux et intégration urbaine

Une partie de la population immigrée concentre aujourd’hui un grand nombre de problèmes économiques et sociaux (chômage, scolarisation, délinquance, criminalité). Ces difficultés ne sont pas nouvelles. La concentration d’immigrés dans certaines zones urbaines, près des frontières ou des bassins industriels, existe depuis le XIXe siècle. Ainsi, la France de l’Ouest et du Centre compte relativement peu d’immigrés alors que la France de l’Est et du Midi en compte beaucoup plus.

La présence de ces groupes d’immigrés a toujours suscité des problèmes d’intégration tant sur le marché du travail que socialement, beaucoup d'immigrés ne parlant pas la langue nationale à leur arrivée et vivant uniquement dans leur communauté d'origine ; d'autre part, des manifestations de xénophobie ou de racisme peuvent aussi se produire, bien qu'elles tendent à s’atténuer dans leurs excès avec le temps.

Crises économiques et réactions xénophobes

À chaque nouvelle crise économique, les différentes vagues d'immigrants (de Belgique, d'Italie, de Pologne et d'Espagne) furent l'objet de discours alarmistes présentant ces vagues migratoires comme un phénomène d'invasion par des personnes que leurs caractères propres rendraient inassimilables. Cette position était alors relayée par certains journaux.

À la fin du XIXe siècle, ces mouvements xénophobes furent notamment attisés par les classes sociales aisées, comme les médecins ou les avocats, qui voyaient d'un mauvais œil la concurrence que pouvaient constituer les immigrants qualifiés dans des circonstances économiques difficiles. Pour limiter les actions violentes xénophobes (lynchages), l'État met en place à la fin du XIXe siècle des lois destinées à surveiller les étrangers afin de calmer la population.

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