Histoire de l'Europe : du Moyen Âge à l'Époque Moderne

Classé dans Sciences humaines et sociales

Écrit le en français avec une taille de 9,57 KB

La chute de l'Empire romain et les royaumes germaniques

Théodose le Grand a divisé l'Empire au IVe siècle : la partie orientale est devenue l'Empire romain d'Orient et la partie occidentale l'Empire romain d'Occident, chacune ayant son propre empereur. Lorsque l'Empire romain s'est affaibli, les peuples extérieurs au monde romain ont pénétré sur le territoire ; ces gens étaient appelés barbares. Les terres furent divisées en petits royaumes. Les plus grands royaumes étaient ceux des Ostrogoths, des Francs, des Wisigoths, des Angles et des Saxons.

Caractéristiques des royaumes germaniques

Les peuples germaniques, venus d'Europe centrale et orientale, ont accéléré leur migration sous la poussée de peuples comme les Huns, provoquant des invasions et la formation de royaumes. Le clan réunissait tous les membres d'une même lignée familiale. L'ensemble des hommes libres et des guerriers formait la cour de justice, et le chef ou roi était choisi de manière élective. Ils ont adopté la langue latine, se sont convertis au christianisme et ont été régis par le droit romain.

La période a été marquée par la ruralisation. La terre est devenue la principale source de richesse et la grande propriété romaine a subsisté. Le commerce a été affecté et la culture a subi un appauvrissement.

L'Empire carolingien

Le seul royaume qui a perduré est celui des Francs. Les maires du palais étaient de hauts fonctionnaires qui détenaient le pouvoir réel. Charles Martel a arrêté la progression de l'Islam en Europe. Son fils, Pépin le Bref, a déposé le dernier roi franc et a été couronné nouveau roi. Le fils de Pépin, Charlemagne, a réformé le rôle de la monarchie carolingienne. L'empire était organisé en comtés, chacun dirigé par un comte. Les Marques étaient des provinces frontalières transformées en zones militaires, régies par un marquis. À sa mort, Louis le Pieux a succédé à Charlemagne, puis a divisé l'empire entre ses trois fils.

  • Pecha : ensemble des obligations de l'agriculteur.
  • Manzo : terrain loué au seigneur du lieu.
  • Seigneurie : terres de réserve dont la collecte et la récolte reviennent au seigneur ; les agriculteurs y travaillent.

Le système féodal et la société médiévale

Le féodalisme est un système basé sur une série de relations de dépendance reliant seigneurs et vassaux, maintenu avec des variations tout au long du Moyen Âge. Les petites villes ont été secouées par une seconde vague d'invasions. Un homme libre (vassal) prêtait serment d'allégeance et entrait au service d'un autre (le seigneur). Les services étaient payés par un fief.

Les paysans travaillaient la terre et vivaient dans des villages autour de la résidence du seigneur. Ces domaines étaient divisés entre la réserve du seigneur et d'autres parcelles cultivées par des paysans qui payaient un loyer en espèces.

La structure de la société médiévale

La société était composée de trois ordres ou états ayant chacun sa fonction :

  • La noblesse : les guerriers qui possédaient des manoirs.
  • Le clergé : l'établissement ecclésiastique privilégié qui ne payait pas d'impôts et percevait la dîme.
  • Les paysans : le domaine le plus nombreux.

Croissance économique et démographique (XIe-XIIIe)

La population européenne a connu une forte croissance. Le progrès agricole s'est manifesté par :

  1. Une grande quantité de terres labourées au détriment des forêts.
  2. L'amélioration des rendements grâce aux innovations techniques, comme l'usage d'outils en fer et de la nouvelle charrue.

La résurgence des villes

L'augmentation de la population et des disponibilités alimentaires a permis aux gens de migrer vers les villes pour se consacrer à des travaux non agricoles, menant à un renouveau urbain. De nouveaux métiers sont apparus (tanneurs, etc.), regroupés en guildes (associations d'artisans). La ville était aussi un lieu d'échanges culturels et commerciaux. Les nouveaux quartiers étaient nommés Burgos (bourgs).

Art roman et art gothique

  • Art roman : En architecture, on distingue les temples (avec déambulatoires) et les monastères. La sculpture et la peinture étaient subordonnées à l'architecture.
  • Art gothique : L'architecture introduit la voûte d'ogive et l'arc-boutant. La sculpture devient naturaliste et plus humaine. Le vitrail prend une importance majeure.

La crise du XIVe siècle

Une crise démographique due aux mauvaises récoltes a entraîné la famine en Europe. En 1348, la Peste noire a ravagé le continent. À cela s'est ajoutée la guerre de Cent Ans.

La crise économique a suivi : l'agriculture a vu ses prix baisser, l'industrie textile a perdu de la main-d'œuvre (augmentant les salaires) et le commerce vers l'Orient a été fermé par l'expansion turque. Ces tensions ont mené à des conflits sociaux entre classes moyennes et supérieures, ainsi qu'à des révoltes populaires. Sur le plan politique, le roi a commencé à récupérer son pouvoir, amorçant une révolution culturelle et spirituelle.

Les transformations du monde moderne

Le passage au système capitaliste est lié au développement urbain, à la libéralisation du commerce et à la production de matières premières. La recherche de nouvelles routes commerciales est devenue nécessaire car la Méditerranée était fermée par les Turcs.

  • Castille : Découverte de l'Amérique par Christophe Colomb.
  • Portugal : Contournement de l'Afrique par Vasco de Gama.
  • Magellan et Elcano : Premier tour du monde.

Réforme et Contre-Réforme

  • Luthériens : Succès dans le nord de l'Europe.
  • Calvinistes : Prônent la prédestination.
  • Anglicans : Rupture d'Henri VIII avec Rome.
  • Contre-Réforme catholique : Réaffirmation du dogme, création du catéchisme et intensification des missions.

La révolution culturelle a été marquée par l'invention de l'imprimerie par Gutenberg et la théorie héliocentrique de Copernic (le soleil au centre).

Démocratie, société et économie moderne

La population européenne a augmenté très lentement à cause de la forte mortalité due aux épidémies (peste, variole) et aux guerres fréquentes (guerre de Trente Ans). La société d'ordres est restée l'héritière du Moyen Âge :

  • Noblesse : Perd de son indépendance au profit du roi.
  • Clergé : Secteur privilégié, monopolisé par la noblesse dans les cadres supérieurs.
  • Tiers-État (90%) : La bourgeoisie gagne en importance économique, tandis que les paysans supportent les impôts.

Les privilégiés ne payaient pas d'impôts, avaient leurs propres lois, occupaient les hautes fonctions et pouvaient pratiquer la torture.

L'économie de l'âge moderne

L'agriculture et l'élevage restaient les fondements de la société. L'économie rurale traditionnelle utilisait la jachère, mais de nouvelles cultures américaines sont apparues : pomme de terre, maïs, tomate et tabac. La révolution agricole a ensuite abandonné la jachère pour la mécanisation.

Le commerce s'est étendu aux Amériques et à l'Afrique. Le commerce triangulaire transportait des esclaves vers l'Amérique, exportait des métaux précieux vers l'Europe, et l'Europe revendait des produits manufacturés à ses colonies. La Grande-Bretagne est devenue dominante au XVIIIe siècle.

L'absolutisme et l'État moderne

Le pouvoir du monarque a augmenté jusqu'à devenir absolu. L'État moderne est né au XVIe siècle avec une bureaucratie personnelle, une armée professionnelle et une taxe séparée. Dans la monarchie autoritaire, le roi doit encore compter sur les parlements.

Au XVIIe et XVIIIe siècles, la monarchie absolue s'impose : le pouvoir du roi vient de Dieu et il s'identifie à l'État. C'est l'époque du despotisme illustré : "Tout pour le peuple, mais sans le peuple".

L'hégémonie espagnole et l'équilibre européen

Charles Ier d'Espagne (Charles Quint) a hérité d'un immense territoire (Castille, Aragon, Italie, Amérique, Autriche, Pays-Bas). Philippe II a maintenu cette puissance, battant les Turcs mais faisant face à la révolte des Pays-Bas et à l'Angleterre d'Élisabeth Ière.

Le XVIIe siècle a été marqué par la guerre de Trente Ans, conflit religieux devenu lutte pour l'hégémonie. Le Traité de Westphalie a établi l'hégémonie française, l'Espagne perdant ses possessions européennes. Au XVIIIe siècle, un équilibre continental s'est installé entre les grandes puissances.

Entrées associées :