Les Serments de Strasbourg, le h aspiré et les gallicismes chief/chef

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Résumé

Ce document étudie trois points de l'histoire de la langue française : le contexte et l'importance des Serments de Strasbourg (842), l'explication phonétique du « h » aspiré dans des mots d'origine germanique, et l'histoire des gallicismes chief et chef en anglais. Il permet de comprendre comment ces phénomènes éclairent l'évolution du français.

Points clés

  • Les Serments de Strasbourg, consignés en 842, sont le plus ancien texte français conservé ; ils scellent l'alliance de Charles le Chauve et Louis le Germanique contre Lothaire.
  • Charles prête serment en tudesque et Louis en roman (ancien français), afin que leurs armées comprennent les engagements.
  • Le /h/ aspiré ne se prononce plus mais empêche la liaison et l'élision ; il marque des mots d'origine germanique comme heaume, haie, Halles et hauteur.
  • Un gallicisme est un mot français passé dans une autre langue où il est employé comme les autres mots.
  • Chief et chef ont été empruntés deux fois au français par l'anglais, la seconde fois vers les années 1800 avec un sens plus spécifique.
  • Chef vient du latin caput, « tête », et signifiait « tête » en vieux français.

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1. Les Serments de Strasbourg et leur contexte

1 – Encadrez les « Serments de Strasbourg » dans un contexte historique et commentez leur importance pour l’histoire de la langue française.

Les « Serments de Strasbourg », consignés en 842, constituent le plus ancien texte français conservé. Ces serments montrent l’alliance entre les frères Charles le Chauve et Louis le Germanique contre leur frère aîné, Lothaire, qui avait pris le contrôle du royaume après la mort de leur père. En février 842, Charles et Louis se sont rencontrés à Strasbourg. Chacun a prêté serment dans la langue de l’armée de l’autre :

  • Charles le Chauve a prononcé son serment en langue tudesque (apparentée à l’allemand) ;
  • Louis le Germanique a prononcé sa partie en langue romane (l’ancien français).

La documentation de ces langues orales montre une rupture avec la tradition d’écriture en latin. Il était nécessaire que les soldats comprennent les serments parce qu'ils en étaient les témoins. Mais en plus, ils ont participé aux serments en promettant de ne pas aider leur propre roi si celui-ci ne respectait pas son propre serment.

2. Phonétique historique : le cas du « h » aspiré

2 – Donnez une explication, à partir de la phonétique historique du français, du fait que les mots suivants sont traités comme débutant par une consonne (le heaume, la haie, Les Halles, la hauteur).

La consonne /h/, que l’on trouve dans heaume, haie, Halles ou hauteur, ne se prononçait plus et ne se maintenait que dans la graphie. Or, l’inventaire des mots du francique présentait de nombreuses unités comprenant un /h/, véritable fricative glottale. On sait le destin tout à fait original de cette consonne en français qui, après avoir été effectivement prononcée (on en a encore des attestations au XIXe et même au XXe siècle), ne s’entend pratiquement plus aujourd’hui. Mais sa présence au début d’un mot à une certaine époque a laissé des traces perceptibles en empêchant la liaison et l’élision. Une dernière remarque à propos de ce « h » aspiré du français : le /h/ initial, dans un mot d’origine non latine, provoque la non-élision et la non-liaison. Donc, les mots de la question sont des emprunts au germanique ancien.

3. L'histoire des gallicismes : chief et chef

3 – Angl. chief (n.m. et adj.) et chef (n.m.) sont des gallicismes. Commentez leur histoire.

Les termes français empruntés au Moyen Âge ont été complètement intégrés à la langue anglaise et leur origine française est souvent si méconnaissable qu’il est difficile de parler à ce propos de gallicismes. Un gallicisme est un mot qui appartient à la langue française et qui est passé dans une autre langue, où il est employé au même titre que les autres mots. Bien souvent, on peut voir des gallicismes du français dans le domaine de la gastronomie au sein d'autres langues.

Le mot chef à lui seul n'a aucun lien spécifique avec la nourriture ou la cuisine : c'est l'orthographe française du mot qui nous a donné chef, signifiant « patron » ou « chief ». Autrement dit, venant du français vers l'anglais, le mot a été emprunté deux fois :

  1. La première fois, il est devenu chief avec un sens général de « chef » ;
  2. Puis, quelque cinq siècles plus tard, dans les années 1800, il a été emprunté à nouveau avec un sens plus spécifique.

En règle générale, ces emprunts plus récents conservent l'orthographe française. Le mot chef lui-même signifiait « tête » en vieux français et vient du mot latin pour « tête », caput.

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Questions fréquentes

Pourquoi les Serments de Strasbourg sont-ils importants ?

Ce sont le plus ancien texte français conservé, et ils montrent une rupture avec la tradition d'écriture en latin. Les serments ont été prononcés dans les deux langues pour être compris des soldats qui en étaient témoins.

Pourquoi le « h » aspiré empêche-t-il la liaison ?

Le /h/ initial, présent dans les mots d'origine germanique, a été prononcé à une certaine époque et a laissé des traces : il provoque la non-élision et la non-liaison. Il ne se prononce plus aujourd'hui.

Qu'est-ce qu'un gallicisme ?

Un gallicisme est un mot appartenant à la langue française qui est passé dans une autre langue, où il est employé au même titre que les autres mots.

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1. En quelle année les Serments de Strasbourg ont-ils été consignés ?
2. Quelle langue Charles le Chauve a-t-il utilisée pour son serment ?
3. Quel est l'effet principal du « h » aspiré sur les mots qui le contiennent ?
4. D'où vient le mot chef ?
5. Combien de fois le mot chef a-t-il été emprunté par l'anglais au français ?

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