Histoire de France : Du Front populaire à la Seconde Guerre

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1. Le gouvernement de Léon Blum

La victoire aux élections de mai 1936 revient à la coalition du Front populaire, qui obtient 369 sièges contre 231 à la droite. Les radicaux ont perdu une cinquantaine de circonscriptions, mais les communistes en gagnent soixante (de 12 à 72) et les socialistes deviennent le premier parti de gauche. Pour la première fois, un socialiste, Léon Blum, forme un gouvernement avec des hommes de son parti et des radicaux. Les communistes soutiennent le gouvernement au Parlement, mais préfèrent ne pas y participer.

Dans l'enthousiasme de la victoire, une vague de grèves déferle sur le pays. Le mouvement est spectaculaire : 2 millions de grévistes environ. Il concerne non seulement les ouvriers dans toute la France, mais aussi le secteur tertiaire jusqu'alors peu revendicatif, comme les grands magasins ou les bureaux. Le style de l'action est nouveau : les grévistes occupent les lieux de travail dans une ambiance de fête populaire.

Le nouveau gouvernement s'érige en arbitre et fait signer les accords Matignon par les syndicats et le patronat. Ces accords, signés dans la nuit du 7 au 8 juin, accordent :

  • Une augmentation de salaires de 12 % en moyenne.
  • La signature de conventions collectives dans chaque branche.
  • La liberté d'exercice du droit syndical.
  • L'élection de délégués ouvriers dans les établissements de plus de 10 salariés.

Deux lois sont votées le 11 juin pour compléter le dispositif : deux semaines de congés payés obligatoires et la limitation de la durée du travail à 40 heures par semaine.

2. L'embellie d'un été

Des réformes de structure sont effectuées. Les nationalisations sont peu nombreuses : industries d'armement et aéronautique (1936), chemins de fer (création de la SNCF en 1937). L'État établit son contrôle sur la Banque de France et institue l'Office national du Blé. Le premier été des congés payés fait découvrir à des millions de citadins les joies de la campagne, de la mer ou de la montagne.

Une ambitieuse politique scolaire et culturelle est lancée :

  • Jean Zay (Éducation nationale) : prolongation de la scolarité obligatoire de 13 à 14 ans et création d'une radio scolaire.
  • Léo Lagrange (Jeunesse et Sports) : création des billets à tarifs réduits et développement des auberges de jeunesse.

3. La dislocation de la gauche

Les divergences apparaissent sur la guerre d'Espagne. Léon Blum, pour ne pas heurter les radicaux et la Grande-Bretagne, impose une politique de non-intervention. Parallèlement, face au danger hitlérien, le Front populaire doit réarmer, ce qui accroît le déficit budgétaire. La hausse des salaires et la réduction du temps de travail, couplées au réarmement, provoquent de l'inflation. En juin 1937, le Sénat refuse les pleins pouvoirs financiers à Léon Blum, qui démissionne.

La rafle du Vél d'Hiv

Le 16 juillet 1942, l'opération « Vent printanier » (Spring Wind) est lancée à Paris. Plus de 13 000 Juifs (dont 4 000 enfants) sont arrêtés par la police française sous les ordres de René Bousquet, à la demande des autorités nazies. La plupart sont déportés vers le camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau.

Les familles sont entassées dans le Vélodrome d'Hiver dans des conditions sordides avant d'être transférées vers les camps d'internement du Loiret, puis déportées. Cette rafle marque une étape majeure dans la collaboration de l'État français. Il faudra attendre le 16 juillet 1995 pour que le président Jacques Chirac reconnaisse officiellement la responsabilité de l'État français dans ce crime.

La ligne Maginot

Construite entre 1930 et 1935 sous l'impulsion d'André Maginot, cette ligne de fortifications devait protéger la France des invasions venant d'Allemagne et d'Italie. Composée de blocs en béton, de tourelles et d'ouvrages d'artillerie, elle était réputée infranchissable.

Cependant, la ligne s'est révélée inefficace en 1940 : les Allemands l'ont contournée en passant par la Belgique et les Ardennes. Après la guerre, la ligne a été remise en état au début de la Guerre froide, avant d'être abandonnée en 1960 face à l'avènement de la dissuasion nucléaire.

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