Histoire de la gymnastique, du sport et des Jeux olympiques
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La gymnastique
Du grec gumnos = nu, sans rien. C'est l'art de s'exercer naturellement sans artifices en utilisant les moyens offerts par notre environnement.
- XIVe siècle : la gymnastique désigne tous les exercices du corps.
- 1569 : dans De arte gymnastica, Mercurialis définit la gymnastique comme le pouvoir de prévoir les effets des exercices du corps.
- Vers 1810 (Napoléon) : l'Allemand Jahn crée la gymnastique avec des appareils (cheval de bois, barre fixe, barres parallèles) à développement utilitaire. La gymnastique prend une finalité patriotique avec l'émergence d'une identité nationale allemande.
- Dès 1844 : démonstrations de gymnastique lors des fêtes populaires avec un but de spectacle.
- 1896 : aux JO d'Athènes, Pierre de Coubertin impose la gymnastique comme discipline sportive.
Le sens du mot éducation physique
Éducation physique (EP) : du latin educare = conduire vers l'âge adulte.
- 1762 : le Suisse Ballexerd utilise pour la première fois le terme EP pour désigner des exercices du corps ayant une finalité éducative.
- Napoléon : ramène Amoros (préparateur des pompiers) pour préparer son armée (jonction de gymnastique militaire et sportive).
- 1830 : publication du Manuel d'EP, gymnastique et morale par Amoros.
- 1852 : création de l'école de Joinville (militaire), ancêtre de l'INSEP.
- 1864 : création du Certificat d'Aptitude à l'Enseignement de la Gymnastique (CAEG).
Au départ, l'EP est l'art de fortifier le corps (gymnastique), puis elle devient l'utilisation de cette préparation physique avec une finalité éducative.
Le jeu
Du latin jocus (plaisanterie) et jocari (s'amuser). C'est une activité spontanée donnant du plaisir. Le jeu corporel participe à l'identité culturelle de chaque société. Au Moyen Âge, les chevaliers français importent le mot desporter en Angleterre, qui se transforme en sport.
Le sport
Le sport pénètre en France par les ports (Le Havre, Bordeaux), les comptoirs britanniques et le volontarisme de St Clair ou Coubertin. Le sport athlétique se concentre sur la victoire. Un mouvement de résistance, mené par des républicains de gauche (Pascal, Grousset), s'oppose au sport au profit des jeux traditionnels français.
Sport et activité physique
Le sport est orienté vers la compétition, la performance et le résultat, tandis que l'activité physique (ex: jogging) a une connotation énergétique. Le cursus universitaire a évolué : CRAPS → IREPS → UEREPS → UFRAPS → STAPS. Les STAPS sont un lieu de formation aux métiers liés à la motricité, articulant sciences et pratiques.
L'histoire des jeux
En Grèce, les jeux célèbrent les dieux et rassemblent les cités (panégyrie). Les quatre grands jeux sont Olympie (Zeus), Delphes (Apollon), Isthmes (Poséidon) et Némée (Zeus). Les jeux se déroulent de 776 av. J.-C. à 393 apr. J.-C. (interdits par l'empereur Théodose).
Les Jeux olympiques
Homère (850 av. J.-C.) souligne l'instinct de lutte (agon) chez les Grecs. Initialement réservés à une élite aristocratique, les jeux s'ouvrent progressivement. La préparation est organisée par la cité d'Élis. Le programme incluait des épreuves athlétiques, des sacrifices et des banquets.
Les installations olympiques
Le lieu sacré est l'Altis. La piste olympique mesure 192,27 mètres (600 pas d'Héraclès). Le Léonnidaion servait de village olympique.
Techniques des disciplines
- Courses : stade (192,27m), diaulos (384,54m), dolichos (4,6km).
- Lancers : disque de plomb ou de fer.
- Saut en longueur : avec des masses (haltères) dans les mains.
- Sports de combat : lutte, pugilat, pancrace.
- Course de char : sur piste elliptique.
La sélection des athlètes
Les hellanodices sont les organisateurs et arbitres. Avec le temps, l'amour de la cité disparaît au profit de l'argent. L'entraînement était très spécialisé : le gymnaste (préparateur physique), le pédotribe (éducateur technique) et l'alipte (masseur).
Les jeux de force médiévaux
La société est divisée : tournois et joutes pour la noblesse, tir à l'arc et soule pour le peuple. Le tournoi est une préparation à la bravoure. La joute est un duel individuel. Le jeu de paume, ancêtre du tennis, se développe dès le XIe siècle.
La civilité corporelle de la Renaissance
La Renaissance remet à l'honneur l'équilibre entre le corps et l'âme. L'éducation devient une priorité. Les académies d'escrime et d'équitation se multiplient.
De la Renaissance aux Lumières
Le XVIIe siècle marque le début de l'intérêt pour les sciences (anatomie, dissection). Le mouvement orthopédique et hygiénique utilise la gymnastique comme médecine préventive. Le philanthropisme (Basedow, Gutsmuths) cherche à former des citoyens utiles et heureux.
La Révolution française et la gymnastique
La Révolution veut s'appuyer sur une jeunesse forte. La gymnastique devient un objet capital de l'instruction (rapports Talleyrand et Condorcet). En 1796, la première Olympiade de la République est organisée sur le Champ de Mars.
La construction de la gymnastique au XIXe siècle
Trois types de gymnastique émergent :
- Militaire : préparation au combat (Jahn, Amoros).
- Hygiénique : santé et développement harmonieux (Ling, Tissié).
- Culturiste : esthétique et force (Triat, Desbonnet).
L'idée olympique et la promotion du sport
Pierre de Coubertin souhaite universaliser le sport pour forger le caractère et l'esprit d'entreprise. En 1894, le Congrès de la Sorbonne vote le rétablissement des Jeux olympiques modernes, basés sur l'universalisme, l'humanisme et le progrès (performance et records).