Histoire de la IIIe République (1870-1914)

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1. Les débuts de la IIIe République (1870-1879)

Le 4 septembre 1870, la République est proclamée et un gouvernement provisoire se met en place. C’est la fin du Second Empire.

À la différence des régimes précédents, la IIIe République s’impose rapidement à ses adversaires et parvient à durer. Cette République doit faire face à de grandes crises avant d’être reconnue comme institution politique.

La difficile mise en place du régime (1870-1875)

Après la proclamation de la nouvelle République, les Prussiens assiègent Paris et écrasent les armées françaises. L’échec de la libération de Paris et la poursuite de la lutte conduisent à la signature d’un armistice le 28 janvier 1871, malgré l’opposition du ministre de l’Intérieur, Gambetta.

En février 1871, des élections législatives sont convoquées pour élire une Assemblée constituante, où une majorité monarchiste triomphe. Le traité de Francfort, qui cède l’Alsace et le nord de la Lorraine à l’Allemagne, est signé par Adolphe Thiers.

En 1871, une guerre civile éclate : la Commune de Paris (18 mars-28 mai 1871) finit par un affrontement sanglant entre communards et versaillais, faisant plusieurs milliers de morts.

En août 1871, Thiers devient « président de la République », tout en restant menacé par une possible restauration monarchiste. Il cède son pouvoir en 1873 à Mac-Mahon. Deux ans plus tard, les trois lois constitutionnelles de 1875 donnent naissance au régime qualifié in extremis de « République ». La menace royaliste pèse sur le début de cette IIIe République, les monarchistes étant divisés entre légitimistes et orléanistes.

La conquête de la République par les républicains (1875-1879)

Une République démocratique et parlementaire se forme, avec un Parlement bicaméral élu au suffrage universel et un Président sans véritable pouvoir. Néanmoins, la menace royale persiste. Le sentiment républicain progresse toutefois dans le pays.

Peu à peu, la République devient majoritairement républicaine. Mac-Mahon démissionne et est remplacé par le républicain Jules Grévy.

Les opposants à la IIIe République (années 1870-1880)

Trois grandes familles d’opposants au régime républicain sont nées de la défaite de Napoléon III à Sedan :

  1. Les bonapartistes : ils veulent le retour à un Empire autoritaire. Dès 1872, ils préparent en secret un retour de Napoléon III, mais celui-ci meurt en 1873. Après la mort de son fils, les espoirs bonapartistes s'amenuisent.
  2. Les orléanistes : courant royaliste favorable au retour des héritiers de la monarchie de Juillet (1830-1848), nommés d'après Philippe d’Orléans.
  3. Les légitimistes : courant royaliste favorable aux héritiers de la dynastie des Bourbons (1815-1830). Ils soutiennent le comte de Chambord, dont l'intransigeance compromet le retour d'un roi. Après la mort du dernier descendant direct, ils se rallient aux orléanistes.

Introduction : L'enracinement républicain

Une fois au pouvoir, les républicains mènent une série de réformes pour consolider le régime. Deux tendances dominent le « parti républicain » : les modérés (Gambetta, Ferry), dits « opportunistes », et les radicaux (Clemenceau). Certains socialistes (Jaurès) se joignent à leurs efforts.

La République modérée (1879-1899)

La République des opportunistes

  • Victoire aux élections de 1881.
  • Opposition : Monarchistes et bonapartistes (droite) et républicains radicaux (gauche).
  • Mesures symboliques : amnistie des communards, retour du Parlement à Paris, adoption du 14 juillet comme fête nationale, de la Marseillaise comme hymne et diffusion de la figure de Marianne.
  • Grandes libertés : liberté de réunion et de presse (1881), loi sur les syndicats (1884), lois scolaires (1881-1882) instaurant l'école gratuite, obligatoire et laïque.
  • Stabilité du régime.

De la crise boulangiste à l’affaire Dreyfus

  • Difficultés économiques et montée du mécontentement social.
  • Crise boulangiste : le général Boulanger, ministre de la Guerre populaire, incarne des aspirations antiparlementaristes. Élu député en 1881, il refuse le coup d'État, est menacé de jugement et finit par se suicider en Belgique.
  • En 1889, la République célèbre le centenaire de la Révolution.
  • Dans les années 1890, le ralliement d'une partie des catholiques renforce les modérés (Jules Méline).
  • Crises : scandale de Panama, affaire des décorations, agitation anarchiste et affaire Dreyfus.

L’apogée du modèle républicain

  • L'opposition monarchiste se réduit à l'Action française.
  • Enracinement des valeurs républicaines par l'éducation.
  • La République devient celle des classes moyennes.
  • Les ouvriers, bien que méfiants après la Commune, voient des dirigeants comme Jaurès soutenir la République.

La République radicale (1899-1914)

La montée des radicaux

La fin des années 1890 voit les radicaux participer aux gouvernements. En 1899, un gouvernement de « défense républicaine » est formé par Waldeck-Rousseau, incluant modérés, radicaux et un socialiste.

Agitation sociale et instabilité

  • Organisation du mouvement ouvrier : fondation de la CGT (1895) et de la SFIO (1905).
  • Grèves fréquentes (ex: mineurs après la catastrophe de Courrières en 1906, vignerons).
  • L'attitude de Clemenceau face aux grèves éloigne les socialistes et syndicalistes des radicaux.
  • Instabilité ministérielle et tensions internationales (loi de trois ans sur le service militaire en 1913).

La République en 1914

  • Victoire du Bloc des gauches aux élections de 1914.
  • Progression du socialisme (SFIO) et de la CGT.
  • Déclenchement de la Première Guerre mondiale : naissance de l'Union sacrée, confirmant l'enracinement du régime.
  • République conquérante : un empire colonial de 10 millions de km².
  • La période est surnommée la « Belle Époque ».

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