L'Histoire de la IIIe République : Débuts et Enracinement
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1. Les débuts difficiles (1870-1879)
1.1 Le Gouvernement de Défense nationale
Le 4 septembre 1870, la République est proclamée après la défaite de Napoléon III à Sedan. Le gouvernement provisoire est alors nommé le Gouvernement de Défense nationale.
Léon Gambetta quitte Paris en ballon pour organiser la résistance en province. Cependant, une opposition apparaît :
- Les modérés (Thiers) souhaitent une paix rapide.
- Les radicaux (Gambetta) veulent continuer la guerre.
Alors que Paris est assiégé par la Prusse, l'armistice est signé le 28 janvier 1871 par Jules Favre. Les conséquences sont lourdes :
- La perte de l'Alsace et d'une partie de la Lorraine.
- Une indemnité de 5 milliards de francs.
1.2 Les élections de février 1871
L'Assemblée élue présente une majorité monarchiste face à une minorité républicaine. Adolphe Thiers est nommé chef du pouvoir exécutif. Les monarchistes sont toutefois divisés :
- Les Légitimistes : très conservateurs, ils soutiennent le Comte de Chambord (Henri d’Artois) et le drapeau blanc.
- Les Orléanistes : partisans d'une monarchie constitutionnelle, ils soutiennent le Comte de Paris et acceptent le drapeau tricolore.
Ces divisions empêchent finalement la restauration monarchique.
1.3 La Commune de Paris (1871)
Les causes
Le Paris républicain et patriotique refuse la défaite. Le peuple considère Thiers comme trop conservateur, sous l'influence des mouvements socialistes et ouvriers.
Le déclenchement
Le 18 mars 1871, Thiers tente de reprendre les canons de la Garde nationale, ce qui provoque une insurrection parisienne.
La Commune
Un gouvernement autonome est instauré à Paris avec diverses tendances : jacobins, blanquistes, proudhoniens et socialistes.
Les mesures
- Séparation de l'Église et de l'État.
- École laïque.
- Moratoire sur les loyers.
- Pensions et nouveaux droits pour les ouvriers.
La fin
Lors de la Semaine sanglante (21-28 mai 1871), l'armée de Mac-Mahon écrase la Commune. On dénombre environ 20 000 morts et des milliers de déportés, notamment en Nouvelle-Calédonie.
Les conséquences
La Commune devient un symbole socialiste et révolutionnaire, tout en ancrant la peur du mouvement ouvrier chez la bourgeoisie.
1.4 Les tentatives de restauration monarchique
Thiers souhaite une monarchie modérée, mais il est remplacé en 1873 par Mac-Mahon (monarchiste), qui instaure un Ordre moral conservateur. Le projet de restauration échoue à cause du désaccord sur le choix du drapeau (blanc ou tricolore).
2. La conquête de la République (1875-1879)
2.1 La Constitution de 1875
Trois lois constitutionnelles sont votées :
- 24 février : création du Sénat.
- 25 février : organisation des pouvoirs publics.
- 16 juillet : rapports entre les pouvoirs.
Les principes
- Suffrage universel masculin.
- Séparation des pouvoirs.
- Parlement bicaméral (Chambre des députés et Sénat).
- Président de la République élu pour 7 ans, avec droit de dissolution.
Grâce à l'Amendement Wallon (30 janvier 1875), le mot « République » est officiellement adopté.
Les institutions
Le Gouvernement est responsable devant les chambres. La Chambre des députés est élue au suffrage universel direct, tandis que le Sénat l'est au suffrage indirect.
2.2 La crise du 16 mai 1877
Les républicains gagnent les élections de 1876. Mac-Mahon nomme Jules Simon, mais un conflit éclate entre le président et la Chambre. Mac-Mahon dissout l'Assemblée. Gambetta lance alors son célèbre : « Se soumettre ou se démettre ».
Les élections d'octobre 1877 marquent une victoire républicaine. Les monarchistes sont définitivement battus. En 1879, Mac-Mahon démissionne et Jules Grévy devient président. Les républicains contrôlent désormais le pouvoir.
Les courants républicains
- Les Radicaux : partisans d'une démocratie sociale et anticléricaux (Gambetta, Clemenceau).
- Les Modérés / Opportunistes : libéraux et bourgeois (Jules Ferry, Jules Grévy).
II. L’enracinement de la IIIe République (1879-1940)
1. Politique intérieure
1.1 Faire la République
Les symboles républicains s'imposent :
- Le 14 juillet devient fête nationale (1880).
- La Marseillaise devient l'hymne national.
- Le drapeau tricolore, Marianne et la devise Liberté, Égalité, Fraternité sont adoptés.
Les valeurs républicaines sont diffusées via l'école, les mairies, le service militaire et les cérémonies publiques. La réconciliation passe par l'amnistie des communards et des funérailles nationales pour Gambetta et Victor Hugo.
Libertés publiques
- Libertés collectives : liberté de la presse et de réunion (1881), syndicats (1884), associations (1901).
- Libertés individuelles : rétablissement du divorce (1884).
- Libertés locales : élection des maires (1882, sauf à Paris).
Politique scolaire (Lois Ferry)
Objectifs et lois
L'école doit être gratuite, obligatoire et laïque.
- 1879 : formation d'enseignants laïques.
- 1880 : création des lycées de filles (Camille Sée).
- 1881 : gratuité de l'école.
- 1882 : école obligatoire et laïque pour les 6-13 ans.
Conséquences
On observe une baisse de l'analphabétisme, une diffusion des valeurs républicaines, un recul de l'influence de l'Église et une réduction du travail des enfants.
BILAN
Causes de la Commune : refus de la défaite, opposition à Thiers, montée du socialisme ouvrier.
Conséquences de la Commune : forte répression, milliers de morts/déportés, naissance d'un mythe révolutionnaire.
Dates ESSENTIELLES
- 1870 : proclamation de la République.
- 1871 : Commune de Paris.
- 1875 : Constitution.
- 1877 : crise du Seize Mai.
- 1879 : victoire définitive des républicains.
- 1880 : le 14 juillet devient fête nationale.
- 1881-82 : lois Ferry.
- 1884 : syndicats et divorce.
- 1901 : liberté d'association.
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DÉFINITIONS IMPORTANTES
- République : Régime politique où le chef de l’État n’est pas un roi et où le pouvoir vient des citoyens.
- Monarchie : Régime politique avec un roi comme chef de l’État.
- Armistice : Accord pour arrêter une guerre.
- Suffrage universel masculin : Tous les hommes adultes peuvent voter.
- Parlement : Institution qui fait les lois. Sous la IIIe République, il comprend le Sénat et la Chambre des députés.
- Président de la République : Chef de l’État élu pour 7 ans.
- Anticlérical : Personne opposée à l’influence de l’Église dans la politique et l’école.
- Laïcité : Séparation entre l’État et la religion.
- Commune de Paris : Gouvernement révolutionnaire de Paris en 1871.
- République parlementaire : Régime où le Parlement a beaucoup de pouvoir.
- Libertés publiques : Droits des citoyens (presse, réunion, association, syndicats).
- Opportunistes : Républicains modérés et libéraux.
- Radicaux : Républicains plus à gauche, sociaux et anticléricaux.
- Lois Ferry : Lois qui rendent l’école gratuite, obligatoire et laïque.
- Marianne : Symbole féminin de la République française.
- « Semaine Sanglante » : Répression violente de la Commune de Paris en mai 1871.
- Amendement Wallon : Texte de 1875 qui confirme officiellement la République.
- Ordre moral : Politique conservatrice de Mac-Mahon après 1873.
- Gouvernement de Défense Nationale : Gouvernement provisoire créé en 1870 après la chute de Napoléon III.