Histoire des tensions sociales et religieuses (1978-1986)

Classé dans Histoire

Écrit le en français avec une taille de 3,19 KB

Conflits autour de la construction de mosquées

  • Premier cas : En 1978, le maire socialiste de Mantes-la-Jolie (M. Picard) décide la construction d'une mosquée. La décision est mal perçue par les habitants : un comité d'opposition diffuse des pétitions avec le tract : « Mantes ne sera pas la Mecque ».
  • Deuxième cas : À Annecy, une association cultuelle musulmane souhaite acquérir un terrain vendu par une paroisse pour construire une mosquée à proximité d'une école privée. Les riverains manifestent, dénonçant une « islamisation du quartier ». Le projet n'aboutira jamais.
  • Troisième cas : À Romans-sur-Isère, la mosquée est inaugurée en 1982. Quelques semaines plus tard, un attentat la détruit, revendiqué par le club Charles Martel (groupe d'extrême droite).
  • Quatrième cas : À Charvieu-Chavagneux, le maire, affichant son hostilité envers l'islam, fait détruire la mosquée à l'aide d'une pelleteuse.

Le paroxysme des attentats (1980-1986)

  • 1980 : Attentats antisémites contre la synagogue de la rue Copernic. Hassan Diab, lié à des mouvements palestiniens, est mis en cause.
  • Mars 1982 : Attentat du Capitole (train) faisant 5 morts, attribué à Illich Ramirez.
  • 1982 : Attentat de la rue des Rosiers à Paris (6 morts).
  • Décembre 1983 : Attentat à la gare Saint-Charles de Marseille. Gaston Defferre, maire de Marseille et ministre de l'Intérieur, tient des propos fracassants suggérant que l'Iran prône la violence.
  • 1983 : Camion piégé à Beyrouth (239 morts).

Discours politique et stigmatisation

Gaston Defferre, ministre de l'Intérieur, alimente une stigmatisation de la religion musulmane en invoquant un terrorisme interétatique : « La religion musulmane a pris un caractère nouveau, l'intégrisme se répand, des consignes provenues d'Iran prônent l'agression et la violence ».

Tensions sociales et crise industrielle (1982-1985)

Entre 1982 et 1985, une tension sociale renforce les amalgames. Le secteur de la sidérurgie et de l'industrie automobile subit une perte de compétitivité internationale, entraînant une rationalisation et une réduction de la main-d'œuvre.

Des mouvements sociaux émergent, avec en première ligne des ouvriers de confession musulmane. Le gouvernement gère maladroitement la crise. Jean Auroux, ministre du Travail en 1983, déclare : « Il existe, à l'évidence, une donnée religieuse et intégriste dans les conflits que nous avons rencontrés. »

La seconde vague d'attentats (1985-1986)

La période 1985-1986 est marquée par une nouvelle vague terroriste :

  • Décembre 1985 : Attentats contre les magasins Printemps et Galeries Lafayette.
  • Septembre 1986 : Attentat de la rue de Rennes, près de l'enseigne Tati. Revendiqué par F. Saleh, lié au Hezbollah libanais, cet acte est une mesure de représailles contre le soutien de la France à l'Irak.

Entrées associées :