L'Histoire de la Troisième République (1870-1914)
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Les débuts de la Troisième République (1870-1879)
La mise en place du régime est difficile en raison de la guerre et de la défaite contre la Prusse. L’instabilité politique constitue une difficulté majeure : le gouvernement de défense nationale proclame l’armistice le 28 janvier 1871. Une nouvelle assemblée est élue en février 1871 avec une majorité de monarchistes (divisés entre légitimistes et orléanistes). Adolphe Thiers est nommé chef du pouvoir exécutif et engage des négociations avec Bismarck, aboutissant à la paix en mai 1871.
Ensuite, des tentatives de restauration monarchique ont lieu. Thiers essaie de convaincre l’assemblée pour une restauration, ce qui mène à son remplacement par le général Mac Mahon en 1873 pour un mandat de sept ans. La politique de l’Ordre moral est alors mise en place en vue d'une restauration.
Grâce à l'alliance des orléanistes et des républicains, les lois constitutionnelles sont votées en faveur de la République en 1875. Face à des monarchistes divisés, les républicains conquièrent les institutions :
- 1876-1877 : Conquête de la Chambre des députés contre l’opposition de Mac Mahon.
- 1879 : Conquête du Sénat et accès à la présidence de la République après la démission de Mac Mahon.
L’enracinement de la République (1879-1914)
Pour consolider la République, différentes mesures sont adoptées. En politique intérieure, on note l’amnistie des communards condamnés après la répression de la Commune de Paris, le retour du Parlement à Paris et la diffusion de la figure de la Marianne dans toute la République.
Cela mène à l’extension des libertés (presse, réunion, syndicale, droit au divorce, etc.) et à des politiques scolaires majeures : création des lycées pour filles, gratuité de l’enseignement primaire, et instauration de l’école primaire laïque et obligatoire.
Crises et menaces sur le régime
Le régime reste stable en dépit des menaces. Parmi ces principales menaces figure l’Affaire Dreyfus, liée au scandale de la condamnation du capitaine Dreyfus en 1894, qui coupe la France en deux :
- Les dreyfusards : partisans des droits de l’homme, de la République et de la justice.
- Les antidreyfusards : monarchistes, nationalistes, antisémites et militaristes.
Le socialisme progresse également en raison du ralentissement économique appelé la Longue Dépression (1873-1896).
Politique extérieure et expansion coloniale
Sous la Troisième République, la France se lance dans la conquête de l’Afrique et de l’Asie (A.O.F. : Afrique occidentale française ; A.E.F. : Afrique équatoriale française ; et l’Union indochinoise). Cette politique coloniale se heurte à l’expansionnisme d’autres nations européennes :
- Angleterre : Incident de Fachoda en 1898.
- Allemagne : Crises de Tanger en 1905.
- Balkans : Guerres balkaniques de 1912 à 1913.
Cela favorise des alliances : avec la Russie (1892-1893), puis avec l’Angleterre en 1904, aboutissant à un accord en 1907 entre ces deux puissances. Enfin, sous la présidence de Raymond Poincaré en 1913, le service militaire est renforcé.