L'industrialisation de la Belgique
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3.2. La Belgique
Elle a été la première région d'Europe continentale à avoir pleinement adopté le modèle de l'industrialisation britannique. En dépit de fréquents changements politiques, elle a montré un remarquable degré de continuité dans son modèle de développement économique.
- Tout d'abord, la région a une longue tradition industrielle.
- Deuxièmement, la Belgique disposait de ressources naturelles semblables à celles de la Grande-Bretagne. Ses gisements de charbon étaient facilement accessibles et, même après 1850, sa production était supérieure à celle de tout autre pays d'Europe continentale. Elle possédait des mines de fer à proximité des gisements de charbon, ainsi que du plomb et du zinc.
- Troisièmement, en raison de sa situation géographique, de ses traditions et de ses politiques, elle a reçu d'importantes contributions technologiques, entrepreneuriales et de capitaux étrangers, et jouissait d'une position privilégiée sur certains marchés étrangers, notamment en France.
Ses mines de charbon ont été les premières à utiliser des moteurs à vapeur, ce qui a attiré un grand nombre d'entrepreneurs et de capitaux français. Le réseau de canaux et de voies navigables reliant le nord de la France aux sites miniers belges a grandement facilité ce trafic. Dans les années 1870, lorsque la production de charbon s'est accélérée, de nouvelles mines ont été creusées en Belgique grâce à des capitaux français.
L'industrie du coton s'est développée. Au début du XIXe siècle, un homme d'affaires local s'est rendu en Angleterre en tant qu'espion industriel. Il a réussi à en sortir des machines de filature, une machine à vapeur et des travailleurs qualifiés pour faire fonctionner ces machines dans un couvent abandonné, lançant ainsi l'industrie cotonnière belge moderne. Cet homme d'affaires local fit bientôt face à la concurrence. Dans la vallée de la Sambre-Meuse et le massif des Ardennes, il existait une industrie sidérurgique traditionnelle qui utilisait le charbon comme combustible.
Vers 1815, le pays a commencé à produire des moteurs à vapeur ainsi que des machines textiles, employant de nombreux travailleurs qualifiés de Grande-Bretagne. La révolution belge a d'abord entraîné une dépression économique, qui a rapidement pris fin pour laisser place à un véritable essor industriel.
Outre la conjoncture économique internationale, deux facteurs spécifiques ont été principalement responsables de la nature et de l'essor économique de la Belgique :
- La décision du gouvernement de construire un réseau de chemins de fer aux frais de l'État.
- Une innovation industrielle notable dans le domaine de la banque et de la finance.
En 1822, le roi Guillaume Ier autorisa la création d'une société bancaire, dotée de propriétés de l'État. Bien que cette banque disposât de pouvoirs très étendus pour une institution de cette nature, son rendement initial était faible.
En 1840, la Belgique était le pays le plus industrialisé d'Europe continentale en termes de capital par habitant, talonnant la Grande-Bretagne, même si son taux de croissance industrielle a fini par ralentir légèrement pour être dépassé par celui de pays industrialisés plus tardivement.
En 1914, la Belgique était encore le pays le plus industrialisé d'Europe continentale en termes de production par habitant, seulement devancée par la Grande-Bretagne. Tout au long du siècle, les industries qui avaient permis le démarrage de sa croissance économique sont demeurées le fondement de sa prospérité : le charbon, le fer, les métaux non ferreux, la construction mécanique et, dans une moindre mesure qu'en Grande-Bretagne, l'industrie textile.
En conclusion, on peut dire que l'économie belge dépendait en grande partie de l'économie internationale, où 50 % ou plus de son produit national brut provenait des exportations, la France jouant un rôle particulièrement important à cet égard.