Investissement : Entre Rentabilité et Incertitude
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La décision d'investir dépend en premier lieu de la possibilité de réaliser des profits, de la certitude de tirer un bénéfice futur. On investit s'il existe une garantie de rentabilité. Dans une telle perspective, la rentabilité est la condition préalable à tout investissement (I). Mais, à certaines occasions, l'investissement peut reposer sur l'incertitude (II). C'est peut-être le cas du capital humain qui se situe à mi-chemin entre rentabilité et risque (III).
I. Garantie de rentabilité : condition intangible
Un investissement est d'autant plus attrayant que le bénéfice attendu est grand. Il existe des méthodes ou des critères qui permettent de s'assurer qu'un projet sera rentable. Des critères tels que la Valeur Actuelle Nette (VAN), l'indice de profitabilité, la détermination du délai de récupération ou du Taux de Rendement Interne (TRI) sont des exemples souvent appliqués aux investissements matériels.
Ces critères reposent sur le calcul a priori de la rentabilité financière. Ils comparent une dépense initiale à des revenus futurs appelés cash-flows.
Définition des cash-flows
Les cash-flows sont des flux de trésorerie correspondant à la différence entre les recettes probables et les dépenses d'exploitation induites par l'investissement. Ces flux sont répartis année par année durant tout le cycle de vie du projet. Leur évaluation résulte des prévisions sur les recettes et les dépenses induites :
Cash-flow = Recettes prévues - Charges donnant lieu à décaissement
La prévision des cash-flows permet de s'assurer qu'à terme, l'investissement permettra un retour sur investissement et la réalisation d'un bénéfice. Il est donc bien établi que la garantie de rentabilité motive l'investissement. Mais certains investissements ne reposent-ils pas souvent sur l'incertitude ?
II. Investissement et incertitude
Les critères de sélection des investissements susmentionnés rencontrent de nombreuses difficultés d'application, notamment en matière d'immobilisations ou d'investissements immatériels. Il n'est pas possible pour cette catégorie d'évaluer la rentabilité avec précision. Même si l'on connaît les coûts initiaux, seules les dépenses matérielles permettent de calculer les recettes futures ou les cash-flows prévisionnels. Faute de recettes, le calcul de la rentabilité est impossible. En l'espèce, la décision d'investir dans les immobilisations immatérielles résulte d'un arbitrage entre les coûts du projet et son utilité subjective. Rien ne garantit la rentabilité du projet ; l'investisseur se fie à sa bonne étoile. Le capital humain rentre pleinement dans cette catégorie.
III. Le capital humain : entre rentabilité et risque
Il n'est pas scientifiquement possible de calculer la rentabilité du capital humain. L'activité des agents ou des ressources humaines est soumise à de nombreux aléas qui demeurent insaisissables par les méthodes comptables ou mathématiques.
- Tout au plus, l'on peut connaître la productivité ou le rendement des agents après chaque période d'activité.
- L'investisseur n'a aucune garantie quant à la performance des agents au moment où il réalise la dépense.
- Les qualifications ou les compétences ne sont pas une garantie de bon rendement.
- Le rendement ne peut être évalué qu'en situation de travail ou a posteriori.
En conclusion, investir dans le capital humain, c'est assumer le risque d'une contre-performance et d'une perte de capitaux. Ni les qualifications ni les compétences en RH de l'entreprise ne peuvent garantir une rentabilité certaine. Il est risqué pour l'employeur d'investir dans le capital humain car celui-ci ne présente aucune garantie de retour sur investissement. On peut tout au plus se fier à une espérance de productivité améliorée.