Le Fait Juridique et l'Autonomie de la Volonté
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Article 13 : Le fait juridique
Il s'agit d'un événement ou d'une situation qui, par sa réalisation au sein de l'organisation judiciaire, produit certains effets juridiques. C'est une modification ou une création d'un droit subjectif.
Classification selon ses éléments
- Complexe : il y a plus d'un élément, comme le contrat (offre et demande).
- Simple : il n'y a qu'un seul élément, comme la mort.
Classification selon sa configuration
- Événements : ils s'épuisent par eux-mêmes ; ce sont des événements instantanés (une fois remplis et signés, l'acte juridique prend fin).
- État : un état plus ou moins permanent (par exemple, le handicap d'une personne).
Classification selon les faits
- Constitution : créer des droits (exemple : une vente).
- Mise à jour : modifier un droit déjà créé.
- Extinction : le droit s'éteint.
Classification selon le contenu
- Positive : permet un comportement (exemple : la mutation du chenal d'une rivière).
- Négative : consiste en une omission (exemple : la non-utilisation d'une servitude).
Classification selon l'origine
- Naturelle : arrive par la nature.
- Volontaire : prend en compte le comportement humain. Il ne s'agit pas d'actes inconscients, mais d'actions de l'homme.
L'acte juridique et ses éléments
Il s'agit d'un acte volontaire réalisé par l'homme pour aboutir à une situation juridique. Les éléments du comportement humain doivent être conscients, émanant d'une volonté, et entraînent par conséquent des conséquences juridiques (exemple : meurtre, achat et vente).
Classification selon la légalité
- Licite : conforme aux normes établies par le législateur.
- Illicite : conduite illégale.
Classification selon l'obligation
- Actes libres : réalisés sans règle contraignante, de manière volontaire (exemple : un testament).
- Actes dus : répondent à une obligation légale imposée par le législateur (exemple : paiement des impôts, contrats requis).
Classification selon la déclaration de volonté
- Strict : conduite volontaire dont la personne n'attend pas forcément les effets prévus par la loi (ex lege).
- Déclaration de volonté : actes juridiques où les volontaires expriment un désir, supposant que les effets produits sont ceux recherchés par le sujet.
L'autonomie de la volonté privée
Concept : Puissance des parties de réglementer et de gérer leur relation juridique. Il s'agit d'une gestion du pouvoir de notre vie privée. Ce n'est pas une source de droit en soi ; elle ne crée pas, ne modifie pas et n'éteint pas les relations juridiques de manière générale. Un individu ne peut pas créer de lois au sens strict, car cela nécessite une procédure particulière. Cependant, l'entreprise crée des usages communautaires qui, bien que n'ayant pas force de loi, possèdent une force similaire.
L'Article 1255 énonce le principe de l'autonomie privée de la volonté des parties. Il s'applique en l'absence de loi impérative. Notre ordre juridique est assez souple, permettant par exemple de créer un régime économique matrimonial libre. Ce principe général du droit comporte toutefois des exceptions et des limites.
Les limites légales
L'autonomie de la volonté privée ne doit pas contredire les lois. Nous avons l'autonomie de convenir de ce que nous voulons, mais sans violer la loi sous deux aspects :
- La loi peut limiter l'établissement de la relation juridique (exemple : un tuteur ne peut pas acquérir les biens de son pupille).
- La loi peut déterminer le contenu de la relation juridique (exemple : droit de la consommation, clauses hypothécaires, conditions générales du contrat).
La limite légale se réfère aux lois impératives et prohibitives qui encadrent la volonté des parties.
Le negocio juridique et la doctrine
L'activité juridique n'est pas régulée en détail par le Code Civil (CC), ni définie par la loi. Le législateur utilise le terme pour désigner l'acte juridique. La doctrine s'est développée autour des actes juridiques (NJ), reposant sur la législation des testaments et des contrats.
Théories de la doctrine étrangère
- Théorie de la volonté : Les auteurs libéraux considèrent que l'acte juridique est la manifestation de la volonté visant à produire des effets juridiques et économiques.
- Théorie objective moderne : L'important n'est pas le sujet mais la déclaration. L'acte juridique existe car il est reconnu par le droit, offrant un champ d'autorégulation des intérêts.
Doctrine nationale
La théorie majoritaire souligne que les éléments nécessaires pour établir un acte juridique sont la volonté déclarée et les conséquences juridiques préétablies. La volonté a ses limites dans la bonne foi et la confiance. L'acte juridique est perçu à la fois comme un acte (contrat) et comme une règle matérielle.
Classes d'actes juridiques
- Typiques / Atypiques : Prévus ou non par le législateur dans le Code Civil. Les actes atypiques sont autorisés s'ils ne contreviennent pas à l'ordre public ou à la morale.
- Unilatéraux / Bilatéraux / Plurilatéraux : Impliquent une partie (testament), deux parties (vente) ou plus de deux parties (contrat de société).
- Solennels / Non solennels : Selon qu'une formalité spécifique est nécessaire ou non. L'Article 1278 précise que tous les actes sont valables quelle que soit la forme, sauf exception.
- Onéreux / Lucratifs / Neutres : Selon qu'il existe une contrepartie (vente), une absence de contrepartie (donation/testament) ou selon la volonté des parties (dépôt).
- Commutatifs / Aléatoires : La prestation est fixée à l'avance ou dépend du hasard (assurance).
- Patrimoniaux / Non patrimoniaux : Réglementent des relations économiques ou sont limités au droit de la famille.