Justice, Grâce et Équité : Fondements du Droit Médiéval

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Les Princes

Les princes ont le pouvoir de créer de nouvelles règles ou d'abroger les anciennes lorsque les règles existantes deviennent inefficaces dans des cas individuels.

Modifier la nature des choses

Il s'agit de modifier et de redéfinir l'« être » de chaque chose.

Ce mouvement du monde de la justice vers le monde de la grâce ne signifie pas une flexibilité absolue. D'une part, la grâce est un événement gratuit, mais d'autre part, elle n'est pas une décision arbitraire car elle doit correspondre à une cause juste et élevée. En outre, la grâce ne dispense pas de l'observance de l'équité, de la bonne foi et de la raison, ni du devoir d'assurer une indemnisation pour les dommages collatéraux causés à des tiers.

La grâce fixe un niveau plus élevé de l'ordre ; la potestas spéciale des princes n'est pas considérée comme une violation de la justice, mais comme une alternative ou un complément.

La flexibilité a été expliquée comme un échantillon de l'impuissance de l'homme à épuiser, par des moyens rationnels, tout l'ordre de la nature et de l'humanité.

5.3.2. Flexibilité grâce à l'équité

L'équité a été un autre facteur de flexibilité :

  • Gratien lie l'équité à la légitimité des privilèges, à savoir les normes uniques qui s'opposent à la règle générale.
  • L'équité est montrée comme une « justice spéciale », non pas inégalitaire, mais plus parfaite que la justice égale.
  • Saint Thomas, en discutant de l'équité et de la justice, a pour point de départ le compte rendu aristotélicien de l'équité comme une vertu annexée à la justice.

La grâce, en tant que pouvoir discrétionnaire illimité pour ajuster la loi générale au cas particulier, est expulsée du royaume de la loi. Ce qu'il en reste (l'amnistie, le pardon) est attribué au pouvoir suprême (chef de l'État), résidu des anciennes puissances royales, bien que son existence soit limitée par des critères objectifs et généraux.

5.4. L'unification de la « scientisation » : Les écoles de la tradition juridique médiévale

5.4.1. École des commentateurs

Le moine Irnerius a commencé à enseigner le droit de Justinien à Bologne, donnant lieu à l'« école des commentateurs ». Accurse répond au corpus doctrinal de l'école dans la célèbre Magna Glossa.

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