Le Nazisme et la Seconde Guerre Mondiale : Bilan Complet
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Le nazisme : une dictature belliciste
En 1935, un plébiscite avait permis le rattachement de la Sarre à l'Allemagne et le gouvernement rétablissait le service militaire obligatoire. Hitler met en place définitivement son programme à partir de 1936 : la réunion de tous les Allemands au sein d'un Grand Reich.
Le tournant de 1936
Remilitarisation de la Rhénanie : En mars 1936, les troupes allemandes pénètrent en Rhénanie. Cette violation du traité de Versailles engendre peu de réactions de la part de la France ; quant au Royaume-Uni, il ne s'inquiète pas de cet acte.
Le rapprochement avec l'Italie fasciste : La guerre civile espagnole, commencée en 1936, se termine par la victoire des nationalistes dirigés par le général Franco en 1939. Or, l'Allemagne hitlérienne et l’Italie fasciste ont apporté leur soutien aux nationalistes espagnols et se sont rapprochées durant cette guerre. De même, la guerre d'Éthiopie qui éclate en octobre 1935 engendre un rapprochement des deux dictateurs (Mussolini et Hitler) face à la Grande-Bretagne et la France qui redoutent la présence italienne sur le sol africain. En octobre 1936, des accords sont signés entre les deux pays. Mussolini définit cette entente cordiale comme un axe autour duquel les États européens devaient s'organiser (axe Rome-Berlin).
Le rapprochement avec le Japon : En novembre 1936, l’Allemagne et le Japon signent le pacte anti-Komintern dirigé contre l'URSS. L'Italie adhère à ce pacte un an plus tard.
Les agressions allemandes en Europe centrale
L'Anschluss : L’un des premiers objectifs d’Hitler est la constitution d'un espace vital conquis à l’est aux dépens des Slaves et le rattachement à l'Allemagne des germanophones installés hors des frontières. Le 12 mars 1938, les troupes allemandes de la Wehrmacht entrent à Vienne, capitale de l'Autriche dont l'annexion à l’Allemagne est proclamée le lendemain.
La Tchécoslovaquie : Dès 1938, Hitler soutient la minorité allemande de la région des Sudètes (nord-ouest de la Tchécoslovaquie) qui réclame son rattachement à l'Allemagne. La Tchécoslovaquie refuse de lâcher cette région où se trouve une grande partie de son industrie. Alliée de la France, elle espère pouvoir compter sur elle en cas de crise grave. Malgré ses promesses, Hitler poursuit sa conquête de l’Europe centrale, et la Tchécoslovaquie est envahie par les troupes allemandes en mars 1939. Le 22 mai 1939, Mussolini et Hitler signent le Pacte d’acier qui renforce et étend l’axe Rome-Berlin (assistance militaire mutuelle).
La Pologne : Le port de Dantzig, à majorité allemande, est la nouvelle revendication d’Hitler. Cette ville, libre depuis 1919, était associée à la Pologne pour que celle-ci ait un débouché sur la mer Baltique. Le 23 août 1939, Hitler et Staline signent un pacte de non-agression (pacte germano-soviétique). Ce rapprochement doit permettre à l’Allemagne de régler le sort de la Pologne. Le 1er septembre 1939, la Pologne est envahie. Le Royaume-Uni et la France déclarent la guerre à l'Allemagne.
Les grandes phases de la Seconde Guerre mondiale
La Seconde Guerre mondiale commence.
Les victoires-éclair de l'Allemagne
L’élimination de la Pologne : Le 1er septembre 1939, les troupes allemandes entrent en Pologne et pratiquent une « guerre éclair » (Blitzkrieg) reposant sur des attaques massives de blindés et de bombardiers. En un mois, la Pologne est sous le contrôle de l’armée allemande.
La drôle de guerre : L'Angleterre et la France choisissent une stratégie d'attente. Cette période, qui dure jusqu'à l'offensive allemande du 10 mai 1940, est baptisée la « drôle de guerre ».
L’écroulement de la France : En mai 1940, l'armée allemande envahit la France par les Ardennes. La défaite se transforme en débâcle à laquelle s'ajoute la fuite des populations civiles (l’exode). Paul Reynaud, qui souhaite poursuivre la guerre, est contraint à la démission. Le maréchal Pétain forme un nouveau gouvernement et signe l'armistice.
Le Royaume-Uni seul : L'Allemagne tente d’écraser l'Angleterre sous les bombes pour y débarquer. Mais cette « bataille d’Angleterre » est un échec pour la Luftwaffe (aviation allemande). La Grande-Bretagne bénéficie du soutien des États-Unis qui lui fournissent des armes. Hitler entreprend un blocus contre le Royaume-Uni pour l’isoler et l'asphyxier économiquement.
L’assaut contre l’URSS : Le 22 juin 1941, Hitler déclenche la guerre contre l’URSS en violant le pacte germano-soviétique (opération Barbarossa). En décembre, l'armée allemande n'est qu'à quelques kilomètres de Moscou, mais une contre-offensive soviétique et l'hiver permettent de l’arrêter.
1942-1943 : la guerre bascule
Une guerre mondiale : Le 7 décembre 1941, les Japonais attaquent sans déclaration de guerre la base américaine de Pearl Harbor dans les îles Hawaii. Les États-Unis entrent en guerre.
Les tournants de la guerre : Les États-Unis stoppent la progression japonaise en 1942. Dans le nord de l'Afrique, les Britanniques remportent à El Alamein une victoire sur l’Afrika Korps de Rommel. Le même mois, les Américains aidés des Anglais débarquent en Algérie et au Maroc. L'Allemagne réplique en occupant la zone sud de la France. En mai 1943, les forces de l'Axe sont définitivement chassées de l'Afrique du Nord. À Stalingrad, la 6e armée allemande doit capituler.
Les victoires alliées
Les débarquements : En juillet 1943, les troupes anglo-américaines débarquent en Italie. Mussolini est renversé mais Rome n’est libérée qu'en juin 1944. Deux autres débarquements, ceux de Normandie et de Provence, permettent la libération du territoire français.
L'avance soviétique : L'Armée rouge libère le territoire soviétique durant l’été 1944 et rejoint les troupes américaines sur les frontières de l'Allemagne. Hitler se suicide en avril 1945.
Les capitulations : L'Allemagne capitule sans conditions, mais le Japon rejette toute idée de reddition et inflige de lourdes pertes aux Américains. Le président des États-Unis décide d'utiliser les bombes atomiques à Hiroshima, puis à Nagasaki (1945). La capitulation japonaise est signée le 2 septembre.
La domination nazie en Europe
En 1942, l'Allemagne nazie contrôle la plus grande partie de l'Europe. Elle souhaite y construire un « ordre nouveau », prétexte à une extermination épouvantable.
L’Europe allemande
Outre les conquêtes entreprises depuis 1938, un certain nombre de territoires sont annexés à l'Allemagne :
- L'ouest de la Pologne
- Le Luxembourg
- L'Alsace et le nord de la Lorraine
- Le nord de la Yougoslavie
D'autres pays ou territoires occupés sont soumis à des administrations allemandes militaires ou civiles : Pays-Bas, France du nord et de l'ouest. Au travers d'une administration indirecte, en Slovaquie, Croatie, Serbie, Danemark et France du sud, l'Allemagne utilise des gouvernements nationaux fidèles.
Répression et extermination
Le système concentrationnaire : Les hommes et les femmes qui s'opposent aux forces nazies (les résistants) sont traqués sur l'ensemble de l’Europe. Ils sont torturés et exécutés, mais surtout déportés dans des camps de concentration qui deviennent des sources de main-d’œuvre peu coûteuse et renouvelable, surtout à partir de 1942. Cette terreur s'appuie sur un appareil policier redoutable (SS et Gestapo) et l’aide de collaborateurs locaux.
L'extermination des Juifs d'Europe : Le massacre des Juifs commence dès 1940 en Pologne, puis en Russie où les unités spéciales qui suivent la Wehrmacht fusillent en masse les Juifs. Les survivants sont rassemblés dans des ghettos, où exploités, affamés, persécutés, ils meurent en nombre.
L’idée de la « solution finale », c’est-à-dire de l'extermination totale des Juifs d’Europe, est appliquée à partir de 1942. Les populations juives d'Europe sont déportées dans des camps d’extermination (comme Treblinka). Les populations encore valides servent de main-d’œuvre tandis que les autres sont gazées puis brûlées dans des fours crématoires. Ce génocide a provoqué la mort de plus de 5 millions de Juifs dont 3 millions dans les camps.
Les autres victimes de l’extermination : Les Tziganes, considérés comme une population « inférieure » à éliminer, sont exécutés sommairement ou envoyés au camp d'Auschwitz. Le tiers de la population tzigane d'Europe est ainsi éliminé. Les Slaves sont également victimes de la barbarie nazie. Plus de 2 millions de prisonniers soviétiques faits par l'armée allemande en 1941 sont morts. Toutes les populations considérées comme « marginales » sont pourchassées et exécutées.
L’exploitation économique
L’Europe vaincue est exploitée économiquement au profit de l’Allemagne. Des frais d'occupation sont levés pour payer l’armée allemande. Les matières premières et les ressources agricoles sont pillées. Les usines fonctionnent pour l’économie de guerre allemande. Cette exploitation engendre la détresse des populations civiles des pays occupés en plus des pénuries, de la malnutrition et de la sous-alimentation. C’est cependant la chasse à la main-d'œuvre qui est l'objectif principal de l’Allemagne ; les prisonniers de guerre et aussi les civils sont obligés de venir travailler dans ses usines. Près de 14 millions d’Européens travaillent pour l'Allemagne nazie.
Conséquences et bilan de la Seconde Guerre mondiale
Une nouvelle carte du monde
C'est à Yalta que se joue le sort de l'Europe libérée en février 1945. Cette conférence doit principalement régler le sort de l'Allemagne et de la Pologne jusqu'à la paix. L’Allemagne sera divisée en quatre zones d'occupation, démilitarisée, condamnée à de lourdes réparations, administrée par un « conseil de contrôle interallié » et privée d'une partie de ses territoires de l'Est. La conférence de Potsdam précise le sort de l'Allemagne et prend acte des annexions soviétiques en Europe centrale. Conflit exceptionnel dans l'histoire de l’humanité, la Seconde Guerre mondiale laisse un bilan terrible et un monde à reconstruire. Le Japon perd toutes ses conquêtes, est démilitarisé et placé sous tutelle américaine.
L’Europe exsangue
Le bilan humain : Le nombre des victimes est catastrophique : près de 60 millions de tués et disparus, dont 35 millions d'Européens. Aux victimes militaires s'ajoutent celles des civils tués lors des combats et des bombardements aériens ou exterminés dans les camps ou dans les territoires annexés par les nazis. La guerre a provoqué des déplacements de population évalués à près de 30 millions d'individus.
Un continent en ruines : Des villes sont détruites, des infrastructures réduites à néant et des terres agricoles perdues. La production industrielle et agricole de l'Europe a diminué. Financièrement, l'Europe supporte une dette gigantesque et l’inflation est considérable en 1945.
Un traumatisme moral : Les horreurs de la guerre provoquent un traumatisme profond. Devant l'horreur du génocide des Juifs et pour éviter le retour d'une telle barbarie, les Alliés organisent le procès des criminels de guerre nazis. Pour la première fois dans l'Histoire, la notion de « crime contre l’humanité » est établie. Les criminels de guerre japonais sont également jugés par un tribunal international.
Un nouvel ordre mondial
Les États-Unis et l'URSS sont désormais les deux premières puissances mondiales. Les États-Unis disposent de l’arme nucléaire et affirment leur domination économique tandis que l'URSS, même meurtrie, bénéficie d’un très grand prestige.
L’Organisation des Nations Unies
Les circonstances de la guerre avaient conduit les Anglais, les Américains et les Soviétiques à combattre en commun l'Allemagne nazie. Le 1er janvier 1942, 26 pays signaient la Déclaration des Nations Unies et proclament la nécessité d’une organisation internationale pour le maintien de la paix. En avril-juin 1945 voit le jour l’Organisation des Nations Unies (ONU). 51 pays signent la Charte de l'ONU qui fixe comme objectif de préserver la paix, les droits de l'homme et des nations et de favoriser le progrès économique et social. Les objectifs prioritaires de la Charte sont de maintenir la paix et de développer la coopération internationale.