Nietzsche contre Platon : Le duel des philosophies

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La critique de Platon par Friedrich Nietzsche

Parmi ces philosophes traditionnels, la figure de Platon se dresse certainement comme la principale cible de la critique de Nietzsche. Platon était un penseur grec qui vécut au IVe siècle avant J.-C. Sa philosophie est entièrement construite autour de deux piliers : la théorie des Idées et la théorie de la connaissance.

Le dualisme platonicien : monde sensible et intelligible

Celui-ci présente deux modes de réalité : l'un intelligible, constitué de ce qu'il a appelé les Idées, et l'autre sensible, périssable, qui n'est qu'une copie imparfaite du premier. Ces Idées sont elles-mêmes des entités immuables, éternelles et inengendrées.

C'est à partir de cette hypothèse de l'existence de deux mondes qu'il procède ensuite à la décomposition de la connaissance telle que nous la connaissons. Mesdames et Messieurs, dans son analogie de la ligne et le mythe de la caverne, différents niveaux de connaissance concernant la fonction athénienne sont obtenus, le plus parfait étant celui qui se rapproche le plus du monde des Idées.

Le déclin de la société occidentale

Ces préceptes de base constituent, pour le penseur allemand, le fondement sur lequel repose le déclin de la société occidentale.

Toutefois, on pourrait dire que ces deux auteurs sont plus ou moins l'antithèse l'un de l'autre. Platon destinait ses théories à imposer un ordre, à appliquer la raison dans le monde et à trouver une vérité absolue (accessible uniquement par la droite raison) placée au-dessus d'un monde où le changement est impossible.

L'opposition de Nietzsche au platonisme

Mais Nietzsche s'oppose fermement à cette approche : le monde apparent est le seul prouvé, et c'est pourquoi il ne cherche pas à tromper. Il n'existe pas de réalité absolue ; les sens ne nous trompent pas (ils constituent la réalité ultime). Tenter de créer un « autre monde » est plutôt un signe de faiblesse et de déclin.

En outre, le platonisme a tenté de classifier la réalité à travers des concepts généraux, détachés du réel et des sens. Ceux-ci sont inutiles pour exprimer une réalité trop changeante et trop plurielle.

La critique vitaliste et la morale d'esclaves

Enfin, le philosophe propose une forte critique vitaliste des valeurs morales défendues par Platon (articulées autour de la vertu, la raison et l'ordre) et reprises plus tard par le christianisme. C'est ce qu'il appelle la « morale d'esclaves », laquelle s'oppose à l'instinct.

L'actualité de la pensée de Nietzsche

Nietzsche a toujours pensé qu'il n'écrivait pas pour les hommes de son temps, mais pour les futurs lecteurs. Heidegger le considérait comme un artefact majeur de l'herméneutique. Foucault apprécie ses contributions en tant que « philosophe du soupçon » ayant exposé les distorsions morales et intellectuelles de l'Occident. Vattimo y voit une fragmentation théorique et une multiplicité qui ont jeté les bases de la pensée postmoderne et des courants faibles.

Nietzsche découvre un monde fatigué, usé et dégénéré qu'il attaque de manière impitoyable. Depuis, plus d'un siècle s'est écoulé. Mais nous, comme cela lui est arrivé, nous assistons également à une nouvelle étape, caractérisée par :

  • L'innovation technique constante et les avancées scientifiques ;
  • Le néolibéralisme socio-économique ;
  • L'ennui d'un style de vie hédoniste, superficiel et individualiste.

Nietzsche a peut-être contribué à ces changements de style de vie, mais cela ne signifie pas que nous vivons dans un monde sans problèmes. Nous méritons une réflexion approfondie, en essayant de ne pas succomber aux deux extrêmes : la raison de Platon ou les impulsions de Nietzsche.

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