La notion du temps et la poétique de Verlaine
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La notion du temps dans la poésie de Verlaine
Le temps renvoie à ce qui est instable par nature, à l'impression du moment ; c'est la primauté de l'instant qui explique la poétique impressionniste de Verlaine. Le présent est toujours menacé par le passé. Les thèmes du souvenir et du rêve sont très souvent mêlés. Il parle constamment de la poésie des fantômes (les voix des femmes qu’il a aimées).
La figure féminine chez Verlaine
En ce qui concerne l’amour, la femme présente de multiples visages :
- La femme maternelle et fraternelle : Elle disparaît et laisse le poète orphelin. On le trouve dans le poème Vœu, appartenant au recueil Poèmes saturniens, où la femme est la seule créature idéale capable de comprendre le poète (comme dans Mon rêve familier).
- La femme pure : Elle apparaît comme un symbole de pureté, de joie et de lumière dans La Bonne Chanson.
- La femme libertine : Dans les Fêtes galantes, la femme est coquette, sensuelle et charnelle. Le libertinage est un thème dérivé des fêtes galantes de Watteau, illustré notamment dans le poème Fille.
Le plus beau poème d’amour semble avoir été inspiré par Rimbaud : « Mort, mon grand péché radieux » (écrit lorsqu’il apprend sa mort).
La souffrance comme thème central
Le thème central de sa poésie est la souffrance, qui adopte des formes différentes selon le recueil :
- Poèmes saturniens : Malédiction d’un tempérament et mélancolie du souvenir.
- Fêtes galantes : Sentiment de satisfaction et de vide.
- Romances sans paroles : Douleur sans cause.
- Sagesse : Repentir et salut chrétien.
Le poète éprouve une certaine complaisance à écouter sa tristesse, une forme de contemplation narcissique, voire masochiste, dans les Ariettes oubliées. Sa personnalité était dominée par la mélancolie, qu'il attribuait à sa naissance sous le signe de Saturne. Dans Sagesse, il perçoit la valeur positive et rédemptrice de la souffrance.
Tristesse et beauté : une esthétique du paysage
Verlaine associe la tristesse aux paysages du Nord (gris, tristes, pluvieux). Ainsi, tristesse et beauté sont indissociables. Dans Clair de lune (Fêtes galantes), le moment est calme et triste, donc beau. C’est une beauté propice à la rêverie.