L'organisation de l'État moderne et la monarchie autoritaire
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L'organisation de l'État moderne : la monarchie autoritaire
Renforcement de l'État moderne
Le règne des Rois Catholiques est le point de départ de deux processus : la construction d'un État moderne et l'instauration d'une monarchie autoritaire. L'historiographie traditionnelle attribuait la création de l'État moderne de la péninsule à l'unité de l'Espagne. Toutefois, avec les Rois Catholiques, l'unité de l'Espagne ne se produit pas strictement ; il s'agit d'une simple union personnelle et dynastique des deux couronnes.
Ils ont tenté d'élaborer un programme politique permettant :
- La centralisation du pouvoir ;
- L'unification religieuse ;
- La modernisation de l'administration fiscale ;
- L'accroissement de l'influence internationale ;
- La création d'une armée permanente.
L'élaboration de ce programme centralisé a rencontré des obstacles majeurs dans le royaume d'Aragon, en raison de la puissance de la noblesse et de la tradition de leurs Cortes.
La monarchie autoritaire
L'affirmation de la monarchie en tant qu'institution, en Castille, s'est faite par la restructuration de l'État sans créer de nouvelles institutions. La centralisation politique a conduit à une confrontation avec la noblesse. La noblesse finira par se soumettre à la Couronne : les nobles deviendront des employés, tout en restant forts économiquement et socialement.
En Aragon, compte tenu de la confédération de la Couronne, les tentatives d'imposer une politique autoritaire et centralisée ont varié selon les régions. En Aragon, la royauté a dû « accommoder » les exigences de la haute noblesse. Les Cortes ont montré une hostilité, refusant d'approuver les subventions demandées. En Valence, la stabilité sociale a facilité la situation, tandis qu'en Catalogne, une phase de faiblesse due aux luttes sociales (problème des remensas, guerre civile de Barcelone) a causé une rétention des institutions, mais avec moins de puissance.
L'administration centrale
Elle a été fondée sur des institutions précédentes. Le Conseil Royal a été restructuré pour devenir l'institution chef de file du royaume au service de la Couronne. Ses pouvoirs étaient très larges : il agissait comme une cour suprême et conseillait la monarchie sur les questions politiques, financières et les nominations. Cela a conduit à une augmentation du nombre de conseils, où travaillaient de plus en plus d'avocats et d'experts juridiques.
Avec les couronnes de Castille et d'Aragon sont apparus les secrétaires du roi, des personnes de confiance agissant comme agents de liaison entre la monarchie et les conseils.
Les Cortes de Castille ont été contrôlées par le roi, se limitant à recevoir le serment des successeurs au trône et à voter les taxes. En Aragon, elles sont restées fortes en raison de la nature confédérale de l'union.
L'administration territoriale
Dans les municipalités, elle est régie par la figure du Corregidor. Par nomination royale, il assure le contrôle des villes et villages, détenant des pouvoirs administratifs, judiciaires et militaires, permettant un contrôle accru de la Couronne.