Panorama de l'Art et de l'Architecture du XXe Siècle
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L'architecture du XXe siècle
Au XXe siècle, les problèmes de l'homme d'aujourd'hui sont nouveaux et ses besoins le sont donc aussi ; il n'y a plus d'histoire de référence. Tout d'abord, nous passons en revue le vrai sens de l'architecture : cette époque ne peut pas être jugée de manière suffisante sans une visite de l'œuvre à l'intérieur. Cette nouvelle esthétique réside dans la fonction. Si le bâtiment est harmonieusement réparti dans son intérieur, s'il est intégré dans l'environnement et que son habitabilité est agréable, alors le bâtiment est beau. Déconnectés de l'engagement du passé, les architectes de ce siècle gèrent les volumes et les espaces avec des critères complètement nouveaux, des matériaux différents et de nouveaux besoins : le rationalisme.
Le Bauhaus et Le Corbusier
Le mouvement connu sous le nom de rationalisme apporte la plus forte personnalité de ce siècle. Son travail et sa théorie sont simples mais possèdent un dénominateur commun : la simplicité de la forme ; la forme suit la fonction. On utilise des matières hautement industrialisées, en particulier le béton. C'est une matière souple, résistante au feu, anticorrosion, et son squelette de construction à bas prix permet de quitter l'usine sans finitions lourdes. Il permet également la préfabrication en série, en alternance avec d'autres matériaux tels que l'acier, le verre et la brique. Le mur n'est plus porteur ; il est réduit à une membrane légère renfermant un grand nombre de fenêtres, ce qui fournit des intérieurs spacieux et lumineux. Les différents supports sont des piliers d'acier et de section de béton. Les couvertures sont généralement des linteaux soutenant les supports sur lesquels se forme le squelette, ce qui entraîne un léger effet d'apesanteur pour une construction très audacieuse. Les éléments décoratifs disparaissent au profit du droit et du nu. On se préoccupe de la proportion, de la simplicité et de l'asymétrie. L'espace intérieur est basé sur le plan ouvert avec des murs intérieurs qui se courbent et se déplacent librement pour s'adapter aux différentes fonctions. À l'extérieur, les surplombs et les terrasses libres horizontales définissent la nouvelle image. Il y a un grand intérêt pour les questions urbaines afin d'accommoder les personnes au nouveau rythme de vie, en proposant de nouvelles formules comme la cité-jardin de Howard ou la cité industrielle de T. Garnier. Les bâtiments les plus représentatifs sont les logements (en particulier les tours d'habitation), les bâtiments industriels, les immeubles de bureaux, les théâtres, les salles de concert et les stades.
Le Bauhaus : École de Construction
L'École d'Architecture et des Arts décoratifs a été fondée en 1919 par Gropius à Weimar (Allemagne) comme centre expérimental d'éducation à l'architecture et au design. Le Bauhaus signifie « Maison de la construction ». Il déménage à Dessau et ferme en 1933, lorsque ses professeurs principaux émigrent en Amérique pour fuir le régime nazi.
Walter Gropius (1883-1969)
Son premier travail principal fut l'usine Fagus (1911), conçue comme une belle combinaison de fer et de verre, mais sa grande œuvre est le bâtiment du Bauhaus dans lequel enseignants et élèves ont collaboré. L'usine se compose de trois bras s'étendant librement et multiplie les points de vue. Les murs sont en béton armé et en verre.
Le Corbusier (1887-1965)
Né en Suisse, bien que la plupart de son travail se déroule en France. Avec Perret, il apprend l'utilisation du béton armé. Il étudie des propositions urbaines pour des villes de trois millions d'habitants. En 1926, il réalise la Villa Savoye, une structure de béton armé blanchie à la chaux de style méditerranéen, sur laquelle repose son architecture :
- L'utilisation de pilotis : des piliers pour que la structure soit supportée au-dessus du sol, laissant un espace praticable.
- Le toit-jardin (terrasse), rendu possible par le béton qui facilite les toits plats.
- La façade libre.
- La multiplication des fenêtres en bandeau (fenêtres divisées par des tiges métalliques).
- Le plan libre : en changeant la fonction du mur, les plantes sont beaucoup plus aérées.
Dans son traité de 1935, Le Modulor, il recueille toute sa planification. C'est un théoricien, mais pas utopique, car ses propositions sont mises en œuvre. L'une de ses applications immédiates fut l'Unité d'habitation de Marseille (1946-1952), destinée à des familles ouvrières à bas prix. En 1950, son rationalisme s'adoucit vers l'organicisme, comme dans son chef-d'œuvre, Notre-Dame-du-Haut à Ronchamp.
L'architecture organique
Le bio ou l'architecture organique doit comprendre toute expression architecturale essayant de monter une alliance avec la nature. Cette idée existe depuis l'Antiquité, mais sa formulation écrite vient de Frank Lloyd Wright (1869-1959). Elle se définit par : un sentiment d'appartenance, un plan ouvert, la flexibilité, la continuité avec l'environnement, l'unité entre intérieur et extérieur, et l'utilisation de matières naturelles pour la protection de la maison. Avec Wright, le rationalisme commence à être oublié pour tester de nouveaux moyens. Voyageant à Tokyo, il est fasciné par l'architecture japonaise et les temples Mayas du Yucatan. Cette formation intensive mène à la Maison de la Cascade (Fallingwater) en Pennsylvanie, une belle symbiose entre nature et architecture. Il expérimente les formes courbes avec le Musée Guggenheim de New York (1943-1958), créant un espace lumineux avec un parcours en spirale continu.
La révolution de la sculpture au XXe siècle
La sculpture subit au XXe siècle une révolution radicale. Son évolution, plus lente que la peinture en raison de sa subordination aux matériaux coûteux, agit d'abord comme un frein. Puis, la sculpture prend une valeur en soi, devient indépendante et tend vers l'abstraction. Les concepts qui révolutionnent la discipline sont le creux, la mécanique et le mouvement.
Les pionniers de la sculpture moderne
Pablo Ruiz Picasso (1881-1973) rompt avec la tradition et présente une décomposition formelle géométrique. Il introduit des concavités pour intégrer le vide comme élément sculptural. Entre 1904 et 1914, il réalise des sculptures avec de nouveaux matériaux (tôle, fil, corde). Pablo Gargallo (1881-1934) travaille avec des plaques de fer aux formes cubistes, comme dans Le Prophète. Constantin Brancusi (1876-1957) expérimente pour pénétrer au-delà de l'apparence, vers l'essence et la beauté, en simplifiant les formes et en utilisant un grand symbolisme, comme dans Le Baiser.
La période de l'entre-deux-guerres
Julio González (1876-1942) est peut-être le sculpteur en chef de cette période. Issu d'une famille d'orfèvres catalans, il utilise le fer de façon systématique. En 1937, il présente à l'Exposition internationale de Paris sa Montserrat, reflétant la douleur d'une Espagne déchirée par la guerre.
La seconde moitié du siècle
Henry Moore privilégie la force de la beauté classique. Ses thèmes favoris sont la figure féminine inclinée et la maternité, d'inspiration préhistorique. Il travaille le matériau en respectant sa forme naturelle (Reclining Figure). Alexander Calder (1898-1976) invente la sculpture en mouvement (les mobiles), utilisant ses études d'ingénieur pour créer des objets suspendus en métal. Eduardo Chillida (1924-2003) travaille le fer, l'acier, le bois et le béton avec une présence majestueuse.
La peinture : Ruptures et courants
L'artiste du XXe siècle se trouve dans une nouvelle dimension d'innovation. La peinture subit la plus grande transformation, rompant avec la perspective de la Renaissance. L'artiste cherche à exprimer des réalités changeantes, des valeurs subjectives et la simultanéité. Les tensions politiques et les guerres produisent chez les artistes de la colère et un besoin d'exprimer l'absurdité du monde.
Le Fauvisme (1905-1910)
Le Fauvisme est l'un des premiers mouvements d'avant-garde. Ses caractéristiques sont :
- Liberté de la couleur : utilisation arbitraire et violente de teintes sans mélange (arbres rouges, visages bleus).
- Simplification extrême : contours épais et taches de couleur à plat.
- Interprétation lyrique : thèmes de paysages ou portraits.
- Absence de profondeur : les volumes sont décrits par la brosse et non par le clair-obscur.
Henri Matisse (1869-1954) en est le chef de file. Son portrait La Raie Verte est un exemple d'anti-naturalisme. Dans La Danse, il mélange couleurs vives et rythmes curvilignes.
L'Expressionnisme
Ce terme désigne une peinture où la subjectivité prime sur l'objectivité. Elle exprime des angoisses vitales avec une charge dramatique et pessimiste, particulièrement en Allemagne. Le groupe Die Brücke (Le Pont), fondé en 1905, lie le passé à l'avenir de l'art allemand avec des couleurs vives et des formes tourmentées. Le groupe Der Blaue Reiter (Le Cavalier Bleu) est créé par Franz Marc et Vassily Kandinsky (1866-1944). Ce dernier peint en 1910 la première Aquarelle Abstraite, où la forme devient secondaire par rapport au rythme et à la couleur.
Le Cubisme
Le Cubisme représente la rupture définitive avec la tradition : disparition de la perspective, couleurs sourdes (ocre, gris), et visualisation simultanée de plusieurs angles d'un objet. Les formes sont réduites à des géométries simples (cubes, prismes). On distingue le Cubisme analytique (décomposition en plans) et le Cubisme synthétique (recomposition de l'objet, invention du collage). Les artistes majeurs sont Braque, Picasso, Juan Gris et Léger.
Focus sur Pablo Picasso
Fondateur du cubisme avec Braque, Picasso passe par la période bleue (tristesse et types humains misérables) puis la période rose (monde du cirque). En 1907, Les Demoiselles d'Avignon cristallise sa rupture spatiale. Plus tard, face à la guerre civile, il peint Guernica, utilisant toute sa connaissance technique pour exprimer la tragédie.
Le Surréalisme
Inspiré par l'inconscient et l'imagination, le Surréalisme est défini par André Breton en 1924 comme la rencontre du rêve et de la réalité. Il utilise des machines fantastiques, des métamorphoses et des thématiques érotiques liées à la psychanalyse. Salvador Dalí (1904-1989) est la figure de proue avec sa méthode paranoïaque-critique, créant des doubles images et des atmosphères oniriques (La Persistance de la mémoire, Prémonition de la guerre civile). Son dessin est précis, influencé par la Renaissance, mais au service de l'irrationnel.
L'Abstraction et l'Expressionnisme Abstrait
L'art abstrait élimine définitivement l'objet pour se concentrer sur le pouvoir expressif des formes pures. Après la Seconde Guerre mondiale, le centre de l'art se déplace à New York avec l'expressionnisme abstrait américain. La tendance la plus célèbre est l'Action Painting. Jackson Pollock (1912-1956) utilise le dripping (égouttage de peinture sur une toile au sol), laissant une grande place au hasard et au geste physique sur de grands formats, comme dans Yellow Islands.