La pensée philosophique de Platon

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Chemins possibles pour la saisie des idées

La mémoire ou le souvenir

Avec cette âme qui est déchirée entre le rationnel et l'irrationnel (Phédon), se dresse une théorie du mythe dans Pythagore, d'origine orphique, sur l'immortalité de l'âme. Pythagore a affirmé l'existence de deux mondes : le parfait et l'imparfait. L'âme appartient au premier, mais en vertu d'un mythe d'origine et de punition : les Titans ont déchiré le dieu Dionysos enfant et ont mangé son cœur. Zeus les a foudroyés et transformés en cendres. De leur apparition, les hommes sont nés de ces cendres, portant la dualité de la peine et de l'âme immortelle. La théorie de la réminiscence exprime l'idée que la connaissance est un souvenir. Avant de venir dans ce monde, l'âme contemple les idées ; en rejoignant le corps-prison, elle oublie ce qu'elle connaissait, mais cette connaissance est conservée. L'âme devient un navire de la mémoire. L'âme a appris dans le « temps éternel », comme nous le dit le Ménon. En se souvenant, l'homme peut récupérer ce qu'il sait : les choses réelles, les Idées.

La philosophie comme pulsion érotique

L'objet de l'amour (eros) est, selon Platon, la beauté. Dans le Banquet, la philosophie apparaît comme une « folie divine » qui conduit à la beauté elle-même. Cette impulsion commence dans le sensible et va vers l'intelligible. La Beauté coïncide avec le Bien. Platon a fait valoir que la Beauté « a le privilège d'être très lumineuse et très évidente » (G. Reale et D. Antiseri). Platon se réfère à la possibilité de l'ascension du sensible à l'intelligible en vertu des efforts de l'âme.

La philosophie comme catharsis ou purification

Dans sa vision orphique-pythagoricienne, Platon envisage l'âme comme devant être purifiée par la vertu. La dignité des êtres (hommes, animaux et plantes) qui se réincarnent dépend de l'effort et de l'excellence démontrés dans la vie antérieure (Phédon). La philosophie apparaît comme une préparation à la mort. Le philosophe sait que la contemplation directe des idées n'est possible qu'après la mort.

La dialectique

Platon appelle dialectique la méthode de retour. Tous les dialogues sont un exemple de ce processus : par le refus des hypothèses antagonistes, on arrive à l'émergence de la vérité. La dialectique permet de libérer l'homme du monde souterrain, de l'ombre jusqu'au soleil, vers la contemplation de l'Idée du Bien. Lorsqu'il possède la connaissance, le philosophe doit revenir pour libérer ses compagnons.

Dualisme anthropologique

Le dualisme platonicien est au cœur de sa pensée. L'homme est un composé de corps et d'âme.

  • Le corps, prison de l'âme : Le Phédon nous renseigne sur l'état de l'âme enfermée dans le corps. Le corps appartient au monde sensible, tandis que l'âme appartient au monde intelligible. La philosophie est une préparation à la mort pour se libérer du sensible.
  • Les trois parties de l'âme : Dans le Phèdre, le mythe du cocher décrit la division de l'âme : rationnelle, irascible et concupiscible. Le cocher (raison) doit diriger deux chevaux : l'un noble (irascible) et l'autre tumultueux (désir immodéré).

Éthique

  • Le plus grand bien : Dans le Philèbe, Platon explique que la vie bonne est un mélange de plaisir et de sagesse, régi par la proportion, la vérité et la vertu.
  • La vertu : C'est l'harmonie entre les différentes parties de l'âme. La partie rationnelle correspond à la sagesse, l'irascible au courage, et la concupiscible à la tempérance. La vertu est une connaissance qui s'apprend par la réflexion et le dialogue.

Théorie politique : L'État idéal

  • Justice et communauté : La République cherche à organiser une communauté fondée sur la justice, où l'éducation permet aux plus intelligents de gouverner.
  • Organisation de l'État : Platon établit une correspondance entre les fonctions de l'âme et la structure sociale : les dirigeants (sagesse), les gardiens (courage) et les artisans (tempérance). Le philosophe-roi est celui qui, ayant contemplé les idées, guide la cité.
  • Formes de gouvernement : La monarchie ou l'aristocratie sont les formes idéales. Elles peuvent dégénérer en timocratie, oligarchie, démocratie et tyrannie.

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