La pensée de Socrate et son héritage philosophique
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Les idées philosophiques
Les convictions de Socrate, en comparaison à celles de Platon, sont difficiles à discerner. Il y a peu de différences entre leurs idées philosophiques. Par conséquent, la différenciation des convictions de Socrate, Platon et Xénophon est une tâche ardue ; il faut toujours se rappeler que ce qui est attribué à Socrate pourrait refléter la pensée d'autres auteurs.
Si quelque chose peut être dit sur les idées de Socrate, c'est qu'il était moralement, intellectuellement et philosophiquement différent de ses contemporains athéniens. Jugé pour hérésie et corruption de la jeunesse, il a utilisé sa méthode, l'elenchos, pour démontrer les croyances erronées de ses juges. Socrate croyait en l'immortalité de l'âme et aurait reçu, à un moment de sa vie, une mission spéciale d'Apollon, défendant le logos apollinien : « Connais-toi toi-même ».
Socrate a également contesté l'idée que l'arété (vertu) sophiste pourrait être enseignée. Il croyait que l'excellence morale était une question d'inspiration et de parenté, car les parents moralement parfaits n'avaient pas toujours des enfants à leur image. Cela explique peut-être pourquoi il ne s'est pas beaucoup soucié de l'avenir de ses enfants. Socrate disait souvent que ses idées n'étaient pas les siennes, mais celles de ses maîtres, parmi lesquels Prodicos et Anaxagore de Clazomènes.
Connaissances
Socrate disait souvent que sa sagesse se limitait à sa propre ignorance : « Je sais seulement que je ne sais rien. » Il croyait que les mauvaises actions étaient les conséquences de l'ignorance. Il n'a jamais prétendu être sage. L'intention de Socrate était d'amener les gens à prendre conscience de leur ignorance pour les pousser à questionner les dogmes et les vérités établies. Ce questionnement, surtout auprès des érudits, lui a attiré de nombreux ennemis.
La vertu
Socrate croyait que la meilleure façon de vivre était de se concentrer sur son propre développement plutôt que de poursuivre la richesse matérielle. Il invitait les autres à privilégier l'amitié et le sentiment de communauté, convaincu que c'était la meilleure façon de grandir en tant que société. Ses actions en sont la preuve : à la fin de sa vie, il a accepté sa condamnation à mort plutôt que de fuir Athènes, car il estimait ne pas pouvoir échapper à sa communauté. Il affirmait que la vertu était la plus importante de toutes choses.
Politique
Il est dit que Socrate croyait que les idées appartiennent à un monde que seul le sage peut comprendre, faisant du philosophe le dirigeant idéal pour un État. Opposé à la démocratie pratiquée à Athènes, cette idée apparaît dans Les Lois de Platon, son disciple. Socrate pensait que s'impliquer dans les affaires parlementaires poussait l'individu à l'hypocrisie.
Rupture et héritage
Socrate a provoqué une rupture sans précédent dans l'histoire de la philosophie grecque, séparant les philosophes pré-socratiques des post-socratiques. Les sophistes, un groupe de philosophes (titre nié par Platon) venus de plusieurs villes, parcouraient la polis pour enseigner la rhétorique en échange d'un paiement. Socrate leur ressemblait extérieurement, mais pas dans sa pensée. Platon précise que Socrate ne recevait aucun paiement pour ses enseignements ; sa pauvreté était la preuve qu'il n'était pas un sophiste.
Pour les sophistes, tout devait être jugé selon l'intérêt humain et la subjectivité, selon la maxime de Protagoras : « L'homme est la mesure de toutes choses ». Selon cette ligne de pensée, les règles morales et politiques devaient être guidées par la convenance individuelle. Les sophistes utilisaient des discours convaincants, parfois faux ou dénués de sens, et des jeux de mots complexes pour démontrer une vérité, ce qui a donné naissance au terme sophisme. En résumé, les sophismes détruisent les fondements de la connaissance par le relativisme, empêchant l'établissement de normes garantissant des droits égaux pour tous les citoyens.
Contrairement aux sophistes, Socrate cherchait un fondement ultime aux questions humaines (Qu'est-ce que le bien ? Qu'est-ce que la vertu ?), tandis que les sophistes se limitaient aux données empiriques et sensorielles.
Le mythe de la caverne
Platon n'a pas cherché la vraie essence uniquement dans la physis. Sous l'influence de Socrate, il a cherché l'essence des choses au-delà du monde tangible. Le personnage de la caverne, qui cherche à être libre, rappelle Socrate risquant sa vie pour exprimer ses pensées. Appliqué à notre réalité, cela illustre comment nous sommes enchaînés à de fausses croyances et des préjugés.
Le mythe de la caverne est une métaphore de la condition humaine et de l'importance de l'éducation pour surmonter l'ignorance. C'est le passage progressif du sens commun à la connaissance philosophique, rationnelle et systématique.
Selon Platon, le processus de connaissance couvre deux domaines :
- Le domaine des choses sensibles (Eikasia et Pistis)
- Le domaine des idées (Dianoia et Noèsis)
Pour le philosophe, la réalité est le monde des idées, tandis que l'humanité vit souvent dans l'ignorance du monde sensible, percevant seulement des images modifiables et imparfaites.