Philosophie grecque : Des sophistes à Socrate

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Concepts fondamentaux

  • Mythe : Récit symbolique ou allégorique sur l'origine du cosmos, des dieux et des humains.
  • Logos : Discours de la raison sur la nature et l'humanité.
  • Sophos : Sage.
  • Archè : Le début de l'univers ou le premier élément de toutes choses. Substance n'ayant besoin de rien d'autre pour exister.
  • Isonomia : L'égalité entre tous les citoyens.
  • Isegoria : Droit de tous les citoyens de parler en assemblée.
  • Apeiron : Terme utilisé en philosophie pour désigner des choses indéfinissables. « Le principe de tout vient de l'Apeiron. »

1.1. Contexte historique, philosophique et culturel

Après la victoire des Perses lors des guerres médiques, une amélioration économique et culturelle s'installe jusqu'à Athènes. Aux VIIe et VIe siècles, l'aristocratie perd de son importance face à l'essor des hoplites (soldats lourdement armés) et au développement du commerce et de l'industrie. Les révoltes du VIe siècle exigent la répartition des terres et l'abolition de l'esclavage pour dettes.

La démocratie apparaît au Ve siècle av. J.-C., basée sur l'isonomie et l'isegoria, régie par la loi (nomos) définie par une assemblée souveraine. La démocratie est directe, les décisions étant prises dans l'agora. Après la guerre du Péloponnèse et la mort de Périclès, l'économie s'effondre, laissant place à un gouvernement oligarchique abusif, puis au rétablissement de la démocratie et à la condamnation de Socrate.

2. Les sophistes

Les sophistes étaient des professeurs intellectuels privés, souvent métèques (étrangers), enseignant contre rémunération. Accusés d'être de « faux philosophes », ils formaient leurs disciples à l'art de la persuasion (éloquence et rhétorique) pour réussir en politique.

2.1. Scepticisme et relativisme sophistique

Les sophistes prônaient le panhellénisme. Leur pensée reposait sur l'opposition entre physis (loi de la nature) et nomos (loi de la cité), considérant cette dernière comme une simple convention sociale.

  • Protagoras d'Abdère : « L'homme est la mesure de toutes choses ». Il soutient un relativisme épistémologique : le bien et le mal dépendent des circonstances.
  • Gorgias de Léontium : Fondateur du scepticisme, il affirmait : « Rien n'existe ; si quelque chose existe, on ne peut le connaître ; si on le connaît, on ne peut le communiquer. »

2.2. Physis et nomos

Pour les sophistes, la physis est l'ordre naturel où le plus fort domine. Le nomos est une convention humaine. Calliclès soutient que cette opposition est inconciliable : la nature crée l'inégalité, tandis que la loi impose une égalité contre-nature. Selon lui, les plus forts (maîtres de la rhétorique) devraient diriger la cité.

3. Socrate

3.1. La méthode socratique : Ironie et maïeutique

Socrate privilégiait le dialogue au discours et rejetait le scepticisme et le relativisme. Son but était le soin de l'âme et la justice. Il utilisait :

  • L'ironie : Dialectique menant l'interlocuteur à reconnaître son ignorance (« Je sais que je ne sais rien »).
  • La maïeutique : Art d'accoucher les esprits pour découvrir la vérité intérieure.

3.2. Éthique et intellectualisme moral

Avec Socrate, la philosophie devient anthropocentrique. Sa devise, « Connais-toi toi-même », souligne que la raison permet d'atteindre la vérité. Il est le représentant de l'intellectualisme moral : la connaissance et la vertu sont liées. Celui qui connaît le bien le pratique nécessairement ; le mal n'est que le fruit de l'ignorance. Il évoquait également un démon intérieur (Daimon) avant d'être condamné pour l'introduction de nouveaux dieux.

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